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ÉVOLUTIONS NODULAIRES DU FOIE. H

quelques points, répondent au premier mode d'action. Par là tous ces processus méritent également la dénomination d'évolutions nodulaires et concourent au môme titre à la démonstration de la thèse de l'auteur.

Nous avons déjà vu que l'hyperplasie nodulaire n'affecte nullement la distribution systématique que lui attribue Sabourin, elle se développe en plein parenchyme sans que les diverses formations vasculaires exercent sur elle aucune influence; elle ne saurait donc être invoquée dans le débat. Les autres processus pathologiques sont en effet le plus souvent dominés dans leur distribution tantôt par le système des vaisseaux portes ou biliaires, tantôt par celui des veines sus-hépatiques ; c'est là un fait connu depuis longtemps, commun à tous les organes, et qui ne présente que des rapports de seconde main avec leur structure fonctionnelle. Avant Sabouriu on avait invoqué la distribution systématique de ces processus à l'appui de la conception du lobule hépatique, comme ill'invoque aujourd'hui à l'appui du lobule biliaire; les deux thèses ont été et peuvent être soutenues avec le m^me succès. En réalité le parenchyme hépatique constitue une vaste formation glandulaire diffuse ; le drainage des produits de sécrétion est assuré par deux systèmes vasculaires différents, V appareil biliaire et les veines ms^ hépatiques. Ces dernières ne constituent pas simplement un réseau de départ du sang veineux, elles jouent véritablement le rôle de conduits excréteurs pour certains produits élaborés par les cellules hépatiques, tels que leglycogêne par exemple.

Il résulte de là que la division du foie en lobules élémentaires individualisés est artificielle; le lobule biliaire de Sabourin est une unité purement théorique, au même titre d'ailleurs que le lobule hépatique desanatomistes. Les travaux de Sabourin auront eu du moins pour résultat de rappeler le caractère purement schématique de la division lobulaire du foie, et d'attirer l'attention sur les cas dans lesquels la systématisation des processus pathologiques est commandée par le système sus-hépatique, comprenant les veines centrales des lobules et leurs zones d'union, alors qu'on attachait d'ordinaire une importance presque exclusive aux systématisations commandées par les zones porto-biliaires.

Les auteurs qui se sont occupés de l'hyperplasie nodulaire,

aussi bien Kelsch et Kiener que leurs successeurs, la considèrent comme le premier stade d'un processus qui peut aboutir par une filiation ininterrompue aux adénomes du foie; quelques-uns donnent même le nom d'adénomes à ces nodules inflammatoires eux-mêmes. Sabourin a poussé à ses dernières limites cette confusion nosologique.Pour lui toutes les productions hyperplasiques des cellules épithéliales du foie sont de même essence, et il les réunit sous le terme général d'hépatômes quelle que soit leur nature originelle. Les hépatômes s'étendent depuis la simple hyperplasie nodulaire, qualifiée à'hépatôme trabéculaire^ jusqu'au cancer lui-même, qui devient un hépatôme cellulaire^ en passant par les hépatômes cylindriques^ creux ou mooiliformes, ampullaires ou kystiques.

Cette manière de voir est d'autant plus facilement acceptée par un certain nombre d'auteurs, qu'on est trop enclin aujourd'hui à méconnaître l'individualité nosologique étroite des tumeurs vraies, et qu'on accepte trop volontiers l'hypothèse qui fait naître les cancers d'une sorte de dégénérescence progressive des éléments prolifères. Les tumeurs malignes proviennent en réalité de la prolifération initiale d'une cellule naissante^ dont la descendance ne dépasse pas les étapes embryonnaires du développement ; le même cheiiiin ne peut pas être parcouru en sens inverse; il n'existe aucune relation nosologique entre les hjrperplasies irritatives, telles que celle qui relève de l'hyper plasie nodulaire, et l'hyperplasie néoplasique qui appartient en propre aux tumeurs vraies, tant bénignes que malignes.

2» Lésions de cause circulatoire.

L — Congestion aiguë. — La congestion active existe au début des inflammations et des cirrhoses; elle appartient comme état morbide spécial à la goutte, à l'impaludisme et surtout à la pathologie des pays intertropicaux.

La capacité vasculaire du foie est telle que, par le seul fait de la congestion physiologique transi-

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