‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 136 sur 182 · III. — CiBBHOSE HÏPEHTBOPHIQUE BILIAIRE. — Cette cif · texte numérisé non relu

III. — CiBBHOSE HÏPEHTBOPHIQUE BILIAIRE. — Cette cif

rhose, dont on doit la description à Hanot, est beaucoup plus rare que la précédente . Le foie est considérablement augmenté de volume ; son hypertrophie se constate aisément chei le malade et persiste jusqu'à la fin. La durée de la maladie s'étend à plusieurs années ; l'ictère est la règle, l'ascite fait au contraire défaut. Tous ces phénomènes cliniques ne sont que la traduction des caractères anatomiques qui distinguent cette forme de cirrhose.

Le foie, très augmenté de volume, estverddlre par le fait de la rétention biliaire; il présente d'ordinaire une cirrhose accentuée, mais le tissu conjonctif se dispose en Ilots ''j acléreux plus ou moins isolés; les i' zones de parenchyme qui les limitent présentent des contours déchiquetés (fig. 99J.

,., , p..,. , . Les bandes de sel é-

k, espace de Kiernaa ; p, leine-porlo: /, anneaux complets lanalicule biliniie ; (, Innée conjonclive. gont très rares, et

la rétraction fait plus ou moins défaut; elle ne pourrait eiercer d'ailleurs qu'une faible influence par le fait de la disposition du tissu libreux qui ne découpe pas le parenchyme en granulations isolées et entourées de toutes parts. Pour le même motif, il n'existe pas de granulations nettement saillantes, alors même que le tissu scléreuK est très abondant et tri^s visible.

La prolifération conjonctive part de l'espace dcKieriian mais elle -prédomine autour des conatia; biliaires.

CIRRHOSES DD FOIE. 615

Ceux-ci sont entourés par un manchon de tissu conjonctif embryonnaire; leur épithélium épaissi et proliféré remplit leur lumière; il est atteint par une véritable inflammation catarrhale, qui parait être la cause première de la maladie et la raison d'être de l'inflammation chronique péricanaliculaire.

Les néocanalicules biliaires sont très nombreux ; par contre le réseau capillaire sanguin du lobule, les veines portes et sus-hépatiques sont respectées. Pas d'endophlébite, dès lors pas d'ascite ni de développement des veines portes accessoires. De plus intégrité des cellules hépatiques presque toujours absolue, un peu de surcharge ictérique, mais pas de dégénérescence graisseuse, d'oii la longue survie des malades.

La cirrhose hypertrophique biliaire est le fait d'un catarrhe biliaire capillaire ; elle ressemble aux lé- * sions qui accompagnent les obstructions calculeuses ou autres des voies biliaires, ou les ligatures expérimentales du canal cholédoque, mais elle ne leur est point absolument identique.

IV. — Cirrhose hypertrophique graisseuse. — Cette dernière forme, décrite surtout par Hutinel et Sabourin, n'est pas encore bien classée et ne saurait constituer une espèce nosologiquement distincte.

Quoi qu'il en soit, les auteurs lui décrivent les particularités suivantes. Le foie est volumineux, mais lisse^ à surface plane, non granuleux; Victère est la règle. Le tissu conjonctif part des espaces portes, mais il ne forme pas d'anneaux; il pénètre dans les lobules par tractus irréguliers, séparant de petits groupes de cellules; il entoure les canalicules biliaires de zones fibreuses denses et épaisses; de plus le tissu conjonctif embryonnaire pénètre dans Tintérieur même du lobule et peut aiTiver à circonscrire toutes les cellules hépatiques. Celles-ci, devenues complètement adi^ penses, sont remplies et distendues par des gouttelettes

huiJeuses; leur noyau est refoulé à la périphérie, mais ne disparaît pas.

Les oblitérations des veines portes et même des veines sushépatiques sont ti es rares.

En somme les lésions des espaces de Kiernan sont à peu près celles de la cirrhose hypertrophique biliaire, mais la différence consiste essentiellement dans la pénétration du lobule par le tissu conjonctif embryonnaire et surtout dans l'altération profonde des cellules hépatiques.

V. — Cirrhoses diverses. — On décrit encore sous le nom de cirrhoses, mais sans leur donner des caractères suffisamment typiques pour y insister dans ce précis : rinduration brune, fréquente dans l'impaludisme; une cirrhose hypertrophique fréquente dans le diabète, mais surtout, comme disent Gomil et Ranvier, chez les diabétiques trop fidèles observateurs du traitement par Falcool. La cirrhose cardiaqae est une espèce nosologique distincte, mais elle a trouvé sa place ailleurs et nous l'avons déjà décrite.

Page 1