‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 143 sur 182 · HUITIÈME SECTION · texte numérisé non relu

HUITIÈME SECTION

I. — Lésions des cellules des tubes contournés. — Les divers éléments du rein participent suivant les cas aux lésions de cet organe ; les lésions des vaisseaux et du tissu conjonctif présentent les mêmes caractères généraux que dans les autres viscères ; celles des glomérules et des parois des tubes urinifères seront décrites avec les affections auxquelles elles se rattachent. Les lésions de Vépithélium propre^ c'est-à-dire des cellules des tubes contournés, présentent des caractères un peu particuliers qui nécessitent une description spéciale.

On considère généralement Jes diverses lésions de ces cellules comme les étapes successives d'un même processus, dont rintensité ou le degré varieraient seuls suivant les cas, et on ne cherche nullement à les distinguer suivant les causes qui leur ont donné naissance. Quelques réserves que nous inspire cette manière de voir, nous devons passer sommairement en revue les lésions généralement admises ; nous empruntons pour cela à Cornil et Brault les éléments principaux de cette description.

Infiltrations. — Les infiltrations pigmentaires d'origine sanguine ou d'origine biliaire s'observent surtout sur les cellules des tubes contournés. Les infiltrations salines par l'urate de soude ou les sels calcaires s'observent plus fréquemment dans les pyramides^ dans les tubes collecteurs, voire même dans la capsule

des glomérules. La surcharge amyloîde des cellules des tubes contournés est absolument exceptionnelle.

Atrophie. — Elle résulte surtout de la compression exercée sur les cellules de dehors en dedans par un tissu scléreux, ou de dedans en dehors par la stase urinaire ou par des cylindres divers. Les cellules atrophiées sont diminuées de volume, elles restent très distinctes les unes des autres ; tantôt elles sont cubiques, à noyau très coloré et à protoplasma clair, il en est ainsi notamment dans les tubes en collapsus par pression extérieure; tantôt elles sont aplaties, à peine saillantes, et dans les cas extrêmes à peine plus apparentes que les cellules d'un endothélium vasculaire, cette seconde disposition s'observe de préférence dans les tubes dilatés de dedans en dehors par la pression de leur contenu.

Hypertrophie. — Dans certains cas l'hypertrophie précède la désintégration des cellules par les processus que nous décrirons plus loin ; à l'état de pureté on l'observe surtout chez les diabétiques.

Les cellules conservent leur forme habituelle, mais elles présentent une très grande régularité et une netteté de contours peu commune. Les granulations protéiques, très nombreuses et très fines, donnent au protoplasma une coloration brun foncé et lui font perdre sa striation habituelle. Cette hypertrophie paraît être liée à la suraxitivité de la fonction sécrétoire des tubuli contortû en rapport avec l'élimination exagérée des urates, des phosphates et surtout du sucre.

Multiplication et prolifération. — Gornil et Brault font quelques réserves sur cette lésion dont ils ne connaissent pas, disent-ils, de faits suffisamment démonstratifs. Un peu plus loin ils reconnaissent cependant que les cellules épithéliales peuvent se multiplier, proliférer et remplir complètement la lumière des tubes contournés, mais seulement alors qu'elles ont été tellement transformées qu'elles ressemblent à un épithélium banal de revêtement.

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