LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES
En réalité cette prolifération cellulaire est assez fréquente, mais elle n'aboutit pas à la formation de cellules individualisées bien séparées et bien distinctes, comme le voudraient Cornil et Brault pour admettre sa réalité. Elle se produit presque exclusivement sous l'influence de microbes pathogènes; elle revêt alors les caractères habituels des fermentations; les cellules proliférées sont embryonnaires et peu reconnaissables, elles ne tardent pas d'ailleurs à poursuivre leur fermentation destructive et à se fusionner plus ou moins complètement en une masse granuleuse, dans laquelle on ne distingue plus que des vestiges irréguliers des cellules composantes.
Altération granuleuse. — Cette lésion^ que Ton désigne aussi sous le nom de tuméfaction trouble, consiste essentiellement dans une sorte d'iniiltration albuminoïde du protoplasma cellulaire. La cellule augmente de volume, elle tend à s'arrondir, sans perdre ses bords nets et sans effacer les interstices intercellulaires. Les granulations protoplasmiques, qui sont normalement disposées en stries longitudinales fines et parallèles, deviennent plus volumineuses et se distribuent irrégulièrement dans le corps cellulaire en lui donnant un aspect trouble et granuleux. L'acide acétique les fait disparaître rapidement.
Fusion des cellules entre elles. — Elle résulte de la disparition des parois cellulaires et de la fusion des cellules en une masse unique au sein de laquelle les noyaux sont dispersés sans ordre. Beaucoup de cellules sont déjà confondues par leur base alors que leur sommet est encore indiqué par un bord légèrement festonné.
Pour Cornil et Brault cette lésion résulte d'une sécrétion, avec chute de la partie de la cellule qui confine à la lumière du tube, tandis que la partie du protoplasma qui contient les noyaux reste vivante et adhérente à la membrane hyaline. A mesure que la
lésion évolue, la bande protoplasmique diminue de hauteur; elle peut se réduire parfois à une membrane d'une minceur extrême.
Dégénérescence graisseuse. — Les granulations graisseuses sont tantôt prédominantes et très apparentes, tantôt perdues au milieu des granulations albuminoîdes; dans ce dernier cas on donne à la lésion le nom de dégénérescence granulo-graisseuse, qui indique l'association de la dégénérescence graisseuse et de l'altération granuleuse.
Dans certains cas les granulations graisseuses sont de petites dimensions et réparties dans toute l'étendue du protoplasma; dans d'autres cas elles se cantonnent dans la partie basale de la cellule, entre le noyau et la paroi du tube, et elles forment une couronne régulière le long de cette paroi.
État vacuolaire on altération vésicnleuse. — Il consiste essentiellement dans l'apparition au milieu du protoplasma cellulaire de cavités arrondies, faisant saillie dans l'intérieur du tube, dont elles ne sont plus séparées que par une membrane cellulaire très mince. Ces cavités sont remplies par une masse grenue, qui s'en échappe à un moment donné, et qui tombe dans la lumière du tube sous forme de petites boules plus ou moins claires ou teintées.
Cornil et Brault attribuent la formation de ces vacuoles à une sécrétion pathologique; d'autres auteurs en font une nécrose cellulaire; Renaut et Hortolès y voient un simple phénomène cadavérique^ lié à la rétraction du protoplasma cellulaire qui expulse des boules sarcodiques ; cette rétraction serait provoquée surtout par l'emploi de certains réactifs et en particulier de l'acide osmique. Cette manière de voir est en contradiction avec ce fait que l'état vacuolaire n'est nullement un phénomène banal et qu'il n'appartient qu'à certains états pathologiques.