‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 145 sur 182 · CYLINDRES URINAIRES · texte numérisé non relu

CYLINDRES URINAIRES

contiennent souvent à l'état pathologique des coagulations diverses, qui se moulent sur leurs contours et qui prennent par là la forme cylindrique. Ces coagulations peuvent s'observer en place sur les coupes microscopiques, ou bien en suspension dans Turine avec laquelle elles sont entraînées. Sur les coupes on ne peut guère observer que des sections transversales des cylindres urinaires; ils sont plus faciles à étudier entiers, en suspension dans Turine elle-même.

Mode de formation. — Sur les coupes, ces coagulations occupent toute la lumière du tube qu'elles distendent; le plus souvent elles sont limitées à la périphérie par une bordure épithéliale plus ou moins modifiée. Il est rare qu'elles se montrent déjà constituées dans la lumière des tubes contournés ; le plus souvent on ne rencontre là que les éléments destinés à leur formation, sous forme de boules ou de

blocs divers. Ces éléments se condensent au fur et à mesure qu'ils progressent dans les voies urinaires, c'est ordinairement au niveau des branches montantes des anses de Henle que les cylindres sont complètement formés.

Il semble que les substances qui constituent les cylindres soient encore liquides et malléables dans le labyrinthe, tandis qu'elles se dessèchent, se solidifient et se fixent dans leur forme dans les anses de Henle et les tubes collecteurs. Dans quelques cas on saisit en.quelque sorte sur le fait ce mode de production des cylindres. En arrivant dans la partie large des anses

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Fig. 101. — Cylindres urinaires (d'après Cornil et Banvier).

e, cylindre épithélial; A, cylindre hyalin; c, cylindre colloïde; g, cylindre granulo- graisseux.

de Henle, le cylindre s'affaisse et se tasse en replis sinueux pour remplir toute la lumière du tube (c, fig. 101); ce n'est que peu à peu que ces replis se fusionnent en une masse homogène. On rencontre des cylindres dont la partie inférieure est large et homogène, tandis que la partie moyenne présente encore cette disposition sinueuse, et que la partie supérieure est mince, effilée et rectiligne.

Dans quelques cas les coagulations intratubulaires restent immobilisées dans une anse de Henle, retenues peut-être par un de ces rétrécissements fibreux si communs au cours des scléroses rénales. En pareil cas le cylindre parait s'accroître par sa périphérie, en quelque sorte couche par couche ; il devient très réfringent et très compact ;répithélium refoulé se tasse et s'aplatit autour de lui, il peut même finir par disparaître.

Origine. — Tous les cylindres ne reconnaissent pas le même mécanisme de formation. Quelques-uns sont constitués par Vexsudation de la fibrine du sang sortie des vaisseaux ; d'autres par la transsudation du plasma sanguin, provoquée par des troubles circulatoires et en premier lieu par la stase veineuse. Le plus grand nombre reconnaissent une origine cellulaire , soit qu'ils se constituent directement par le fusionnement progressif des débris cellulaires eux-mêmes, soit qu'ils proviennent de substances coagulables sécrétées ou élaborées par les cellules.

Quelques auteurs admettent exclusivement l'un ou l'autre de ces mécanismes, la plupart sont éclectiques vi pensent que le mécanisme varie suivant la nature des cylindres et suivant les cas particuliers.

Variétés. — La composition des cylindres urinaires varie suivant les cas, et permet d'en distinguer plusieurs espèces; les uns sont constitués par des substances homogènes, d'autres par des substances granuleuses, quelques-uns pardes éléments figurés, chacun de ces groupes se subdivise encore en plusieurs variétés.

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