‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 150 sur 182 · CONGESTION AIGUE · texte numérisé non relu

CONGESTION AIGUE

aûcu«ée que les phénomènes conge&tifâ sont plus pré* dominants ; elle se dégrade ou se marbre de gris, dans les cas où des lésions dégénératives des épithéliums se mêlent en proportions diverses h, la congestion elle-même.

Sur la coupe de Torgane la teiate est uniformément rouge ; la substance pyramidale elle-même, ordinairement pâle à rétat normal, participe à cette coloration. Sur le fond rouge se détachent des stries plus foncées et des points rouges presque saillants, qui correspondent les unes aux vaisseaux et les autres aux glomérules distendus. La dilatation des vaisseaux est parfois telle que le sang s'écoule sur les surfaces de section.

Caractères histologiques. — L'aspect histologie que varie suivant les degrés et l'intensité du processus ; celui-ci revôt habKuellement le masque inflammatoire.

Les phénomènes vasculaires consistent tout d'abord dans la dilatation des vaisseaux^ et surtout dos anses glomérulaires, qui apparaissent comme injectés par les globules rouges tassés qu'ils contiennent.

Dans les cas intenses, la congestion peut entraîner la i'upture des capUlaires distendus et provoquer de véritables hématuries; il en est ainsi notamment dans la variole hémorrhagique. Rien ne prouve, comme le veut Renaut, que ces hémorrhagies ne se produisent qu'au niveau des tubes droits ; elles semblent au contraire se faire surtout dans la cavité glomérulaire ; le sang épanché affecte la disposition d'un croissant ou d'une couronne complète autour du bouquet vasculaire qui peut disparaître en partie dans son intérieur (Cornil et Brault). Ce n'est que lorsque l'épanchement ^st très abondant qu'il pénètre dans la partie adjacente du tube contourné.

La diapédèse consécutive à la dilatation vasculaire est considérée comme constante* Celle qui a pourpoint de départ les réseaux capillaires donne naissance à des infiltrations leucocytiques plus ou moins marquées

des espaces interstitiels; celle qui a lieu dans les gloméruleSj et qui est la plus importante, est plus difficile à constater parce que, comme le font remarquer Cornil et Brault, les globules blancs sont balayés et entraînés par l'urine au fur et à mesure de leur sortie des vaisseaux; c'est là sans doute la raison pour laquelle Renaut et Hortolès nient son existence, et admettent que les globules blancs pénètrent dans les voies urinaires en perforant la paroi des tubes contournés.

La congestion donne naissance à une exsudation séreuse subinflammatoire ; celle-ci se produit tout à la fois dans les espaces interstitiels qu'elle distend, sans donner naissance à un réticulum fibrineux, et dans les cavités glomérulaires ou tubulaires où elle se concrète en moules hyalins ou albumineux.

Dans la période d'invasion de la scarlatine l'exsudation est souvent prédominante, sans qu'il y ait lieu d'y voir le stade initial des néphrites vraies et d'en faire comme Renaut une espèce particulière sous le nom d'œdème aigu congestif. Dans les accès pernicieux, par le lait de l'altération préalable du sang et de la destruction en masse des globules rouges, les exsudats peuvent être chargés d'hémoglobine; de là l'hémoglobinurie et la pigmentation spéciale des cylindres ou des espaces connectifs (néphrite hémoglobinurique de Kelsch et Kiener).

Les lésions cellulaires restent au second plan et sont peu importantes. Les cellules conjonctives des espaces interstitiels peuvent être le siège d'un certain degré de prolifération réactionnelie. Les cellules épithéliales sont toujours plus ou moins troublées dans leur nutrition, sans présenter de lésions bien accusées ; dans quelques cas cependant elles présentent les divers modes dégénératifs que nous avons déjà étudiés.

Tous ces phénomènes sont d'ordinaire transitoires, mais ils peuvent provoquer des accidents très graves pendant leur existence. Une congestion violente peut

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