EXAMEN DU CŒUR
coule plus ou moins rapidement dans le ventricule.
Pour cette épreuve, Faorte doit avoir été ouverte jusqu'à environ 3 centimètres de son orifice; on procède ensuite de la même façon pour Tartère pulmonaire, mais ici il faut se rapprocher davantage de l'orifice et l'incision préalable doit aller jusqu'au-dessous de la bifurcation de cette artère.
L'épreuve de l'eau, pour être probante, doit être conduite avec un certain soin ; l'eau est versée directement dans les vaisseaux, le cœur est tenu d'une manière régulière, pour que l'orifice ne subisse aucune déformation capable de produire une insuffisance artificielle en créant un obstacle au jeu mécanique des valvules. Il faut aussi placer l'organe de telle façon que le plan de l'orifice soit maintenu horizontal. Quand on constate que Feau s'écoule, il est nécessaire d'examiner les valvules par transparence à travers la couche d'eau qui les recouvre ; on se rend ainsi un meilleur compte du mécanisme, de la forme et du degré de l'insuffisance.
C'est en introduisant ensuite le doigt dans Forifice, qu'on juge de la consistance des parties, du calibre de l'orifice, et par suite s'il y a lieu du degré du rétrécissement.
Après l'examen des orifices artériels, il faut procéder à celui des orifices auriculo-ventriculaires, mais cet examen ne peut plus être fait sur le cœur intact, et il faut pour cela commencer les coupes des parois cardiaques.
Ouverture des oreillettes. — Les coupes du cœur ont pour but d'observer ses orifices, ses valvules et d'explorer ses cavités et ses parois. Tous les auteurs signalent pour cela diverses méthodes, nous ne décrirons que celle de R. Tripier, qui nous paraît de beaucoup supérieure à toutes les autres. Non seulement elle permet, et dans les conditions les meilleures, la constatation immédiate des lésions, mais encore elle assure la conservation relative des formes et des rapports des diverses parties du cœur, conservation
TECHNIOUE DBS AUTOPSIES.
La première Inolslon se fait avec des ciseaux sur la face pottérieure du cœur ; elle porte horizontalement sur la partie inférieure des oreillettes, immédiatement au-d«3sns de la base des ventricules, sur le bord supérieur du sillon auriculo-veutriculaire. On commence
O.G, oKilleHe gauche ; O.D, o V.D, ventritale droll; I, silloii inlsrTentrïcuUin. nit«. iniiiio
cette incision en dehors, de chaque cdté, sur le bord latéral du cœur; on intéresse & peine la paroi antérieure des oreillettes, assez pour dégager complètement la base des ventricules, mais sans atteindre les troncs vasculaires silués en avant. Ces deux incisions intéressent au contraire toute l'étendue de la face postérieure des oreillettes et se réunissent sur la cloison interauriculaire, qu'elles entament un peu à sa hase (li^me tnnc, % 108).
Les orilices auriculo-ventriculaires s'offrent ainsi
EXAMEN DU CŒUR. IlO
directement à Tobservation ; avant toute coupe ultérieure on apprécie s'il y a lieu leur degré de rétrécissement ou de dilatation et l'état de leurs valvules.
Apreave de Teau sur les val voles aurlculo-ventricalaires. — Avant d'aller plus loin, et si l'on veut constater une insuffisance de l'un de ces orifices, on doit se servir encore de l'épreuve de l'eau, bien qu'elle ne présente pas ici le même caractère de précision absolue que pour les valvules artérielles.
Pour la pratiquer, il faut faire arriver de l'eau sous pression dans le ventricule ; cette* eau soulève la valvule qui se relève en dôme, et à l'état normal ne laisse échapper que quelques suintements légers ; on constate, au contraire, des jets plus ou moins considérables en cas d'insuffisance. Il faut se rappeler d'ailleurs que, même à l'état normal, la valvule tricuspide laisse se produire le jet de l'insuffisance, mais il est alors relativement faible.
Pour que cette épreuve soit probante, il faut, tout à la fois, amener l'eau sous pression dans le ventricule, et laisser au cœur la liberté de suivre l'expansion que cette eau va lui imprimer, liberté sans laquelle le jeu des valvules serait mécaniquement faussé.
Le procédé le meilleur consiste à amener l'eau dans le cœur par un tube de caoutchouc aboutissant à un trocart métallique qui pénètre dans la cavité ventricuiaire par sa face antéro-externe, de telle sorte que le jet donne à l'eau un courant ascendant vers l'oreillette comme celui du sang normal. On empêche le reflux de l'eau par l'aorte en la pinçant fortement ; on peut ainsi, en faisant varier le degré de l'occlusion de l'aorte, graduer à volonté la pression de l'eau intracardiaque. R. Tripier a fait construire pour cela un petit appareil très simple, qui permet une observation précise.
En l'absence de cet appareil on obtient une approximation suffisante en faisant arriver l'eau par l'aorte elle-même. Pour cela on fait pénétrer dans celle-ci, jusqu'au-dessous des valvules sigmoîdes, mais sans les
déchirer, soit Textrémité d'un robinet de lavabo ordinaire suffisamment allongé, soit un tube de verre un peu volumineux. On serre Taorte avec la main sur ce tube rigide, de cette façon tout à la fois on empêche la sortie de Teau en retour et on suspend le cœur, qu'on laisse s'étaler librement sous la double influence de la pesanteur et de la pression de Teau.
Il est facile de comprendre queTépreuve deTeau ne puisse pas donner pour les valvules auriculo-ventriculaires le même degré de précision que pour les valvules sigmoïdes : ces deriïières ont un fonctionnement purement mécanique, tandis que les valvules auriculoventriculaires sont pourvues de cordages musculaires, qui jouent un rôle dans leur fermeture, et dont l'intervention fait défaut sur le cadavre.
Sections des orifices. — Les divers orifices ainsi explorés par l'eau, il reste à les ouvrir largement pour en permettre l'examen complet. Pour cela, il faut pratiquer sur chacun d'eux une coupe perpendiculaire à son plan; mais chacune de ces coupes doit être indépendante des autres et n'altérer que dans la limite inévitable l'état de l'orifice. On y arrive de la manière suivante : on ouvre d'abord les orifices auriculo-ventriculaires par des sections verticales, portant sur la fa€e postérieure du cœur, au voisinage de la cloison interventriculaire, et allant de la base du ventricule jusqu'au voisinage de leur pointe (lignes mg et «d, fig. 108).
La section des orifices artériels est un peu plus délicate. Il faut la pratiquer sur la face antérieure du cœur. Là l'entrecroisement des deux vaisseaux rendrait impossible la coupe de l'orifice aortique sans entamer l'orifice pulmonaire, si l'on n'avait soin de les séparer par une dissection rapide. On dégage d'abord l'artère pulmonaire de l'aorte qui l'embrasse dans sa concavité ; on rabat ensuite l'artère pulmonaire et son infundibulum sur le bord droit du cœur, de façon à dégager la concavité du tronc aortique et l'extrémité antérieure de