‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 160 sur 182 · FOIE · texte numérisé non relu

FOIE

le parenchyme plonge au fond de Teau an lieu de flotter à sa surface comme à Tétat normal. Cet examen se fait rarement sur Torgane pris en masse, il porte le plus souvent sur des fragments de parenchyme, découpés avec des ciseaux au sein des lésions qu'on examine.

L'examen des organes du cou est souvent négligé; quand il y a lieu le larynx doit toujours être ouvert sur sa ligne médiane et par sa face postérieure. On l'examine ensuite en écartant ses deux moitiés latérales. Pendant cette exploration, il arrive souvent que le cartilage thyroïde joue le rôle de ressort et sa ferme^ ture brusque peut projeter à la face de l'explorateur des parcelles du contenu de l'organe ; cette manœuvre devient ainsi dangereuse dans les cas de laryngite diphtéritique ; il convient en pareil cas, pour éviter tout danger, de ne faire aucune tentative d'écartement et de compléter Touverture du larynx par une incision antérieure similaire.

Dans les cas où l'on veut examiner le pharynx ou rarrière*cavité des fosses nasales, on fait la préparation décrite dans les anatomies normales sous le nom de coupe du pharynx ; dans une autopsie, on ne doit procéder à cette coupe qu'après l'ablation du cerveau.

6<> Foie.

Nous avons vu que dès le début de l'autopsie, aussitôt après l'ouverture du cadavre, avant de toucher aux organes thoraciques, il fallait, sans pratiquer de section ni d'arrachement, explorer méthodiquement par l'inspection et par la palpation les organes abdominaux mis à nu par la première incision médiane, mais qu'il était préférable de ne procéder à leur ablation qu'après avoir terminé celle des organes thoraciques, si Ton n'avait pas recours au procédé d'ablation totale indiqué ci-dessus.

On procède à Tablation des organes abdominaux par tractions et par arrachements pratiqués avec précaution, plus encore que par sections. On se servira du couteau et plus souvent encore des ciseaux, mais seulement quand leur intervention sera nécessaire et en particulier pour détacher le pédicule vasculaire des divers organes.

On commence Tablation du foie par la section du Hgameni 8U9pens€ur; après cela on introduit Tindex dans rhiatus de Vinslow, on explore le paquet vasculaire hépatique, contenu dans la lèvre antérieure de cet hiatus; si l*on n'a aucune raison de le ménager, on le coupe d'un coup de ciseau. On saisit ensuite le lobe gauche du foie, qu'on attire en haut et à droite ; on incise le ligament triangulaire avec des ciseaux et on continue cette incision sur les deux feuillets du ligament coronaire jusqu'au voisinage de la ligne médiane de la colonne vertébrale, c'est-à-dire jusqu'à la veine cave inférieure.

On laisse ensuite retomber le lobe gauche, on saisit le lobe droit et en le renversant en haut et à gauche on procède de la môme façon que du côté opposé, avec un peu plus de difficultés par le fait de l'écartement plus considérable des deux feuillets du ligament coronaire. On termine seulement alors la séparation de l'organe en arrière par l'incision de la veine cave inférieure, au-dessus et au-dessous de son canal de passage sur le bord postérieur du foie. Il est préférable de laisser ce temps pour la fin de l'opération, afin d'éviter le sang qui s'échappe toujours après la section de la veine.

Le foie enlevé, on suit avec des ciseaux, s'il y a lieu, le canal cholédoque ou la veine-porte ^ dans leurs diverses ramifications ; on ouvre la vésicule biliaire sur sa face inférieure, soit en place, soit après l'avoir séparée du foie par simple traction.

On complète l'examen de l'organe par des coupes

REINS. in

multiples, ordinairement parallèles et successives, suivant toutes une direction perpendiculaire au grand axe de Torgane.

Dans quelques cas il peut être utile de conserver les connexions du canal cholédoque, d'une part avec le hile du foie, d'autre part avec le duodénum. Dans ce cas, au lieu de sectionner le paquet vasculo-hépa* tique pour permettre Fablation isolée du foie d'une part, de Testomac et du duodénum d'autre part, on pratique sur la première et sur la troisième portion du duodénum une double ligature, on sépare ensuite ce fragment de l'intestin des segments qui le précèdent et qui le suivent ; on le dissèque et on l'enlève en le laissant appendu au hile du foie. D faut toujours procéder ainsi dans les cas d'obstructions du canal cholédoque aU voisinage de son embouchure, par des calculs, des brides inflammatoires ou, ce qui est re^ lativement plus fréquent, par un cancer de la tète du pancréas.

Rate. — L'ablation de la rate est des plus faciles, elle s'opère simplement en saisissant l'organe à pleine main ; il n'y a d'autre section à pratiquer que celle des vaisseaux, en avant du hile, quand ils se présentent aux ciseaux. Une ou plusieurs sections permettent d'apprécier l'état du parenchyme.

T* Reins.

Pour enlever les reins il faut relever et rejeter du côté opposé au rein qu'on veut enlever tous les organes abdominaux, et en particulier la masse intestinale, en y comprenant la branche correspondante du côlon. Il ne faut jamais, comme on le voit faire trop souvent, aller à la recherche du rein avec la main, profondément et à l'aveuglette. En agissant ainsi on laisse presque toujours la capsule surrénale en arrière et il devient ensuite difficile de la retrouver dans l'atr

mosphère graisseuse. De plus, on ne peut pas constater de cette façon les déplacements si fréquents du rein, on se prive de l'exploration du bassinet et de Turetère, souvent bien compromise après l'arrachement brusque de ce dernier.

Après Técartement de l'intestin le rein apparaît en relief au-dessous du péritoine pariétal, sauf dans les cas, assez rares d'ailleurs, où il est comme perdu dans une atmosphère graisseuse très abondante.

Vwretére s'aperçoit le plus souvent par transparence ; on le dégage rapidement par deux ou trois incisions avec le couteau, parallèles à sa direction. On le suit ainsi jusqu'au bassin et, quand on le trouve dilaté, avant de rien enlever on explore sa partie inférieure jusqu'à la vessie.

L'uretère une fois examiné, on cherche la capsule surrénale à la partie supérieure du rein, en n'oubliant pas, le cas échéant, que cette capsule n'accompagne pas d'ordinaire le rein dans ses déplacements pathologiques. Une incision courbe, faite en haut et en dehors du rein et comprenant la capsule dans sa concavité, permet d'enlever cet organe avec le rein ; cette incision est inutile quand on ne veut que le rein seul. On dégage ensuite ce dernier, en le séparant avec la main de sa couche celluleuse. ; quand le rein tenu à pleine main ne tient plus que par le hile et l'uretère, on coupe, avec des ciseaux, les vaisseaux rénaux à une petite distance du hile, et l'uretère à une distance un peu plus grande.

Le rein une fois enlevé, on le débarrasse s'il y a lieu de son atmosphère graisseuse, dont quelques parties sont fréquemment entraînées avec lui. Quelques auteurs pratiquent sur le rein des coupes transversales, mais la plupart préfèrent une coupe longitudinale ; pour cela on place l'organe dcgis la main gauche, le hile regardant en bas ; la main repliée sur les faces latérales maintient le rein et lui fait présenter

TUBE DIGESTIF. 7t7

à Tobservateur son bord exieme en saillie. Avec un long couteau tenu de la main droite on fait alors une coupe profonde, passant par le plan moyen du rein, allant jusqu'au bassinet qu'elle ouvre par son milieu, mais sans achever cependant la séparation des de\j^x moitiés latérales de l'organe; celles-ci restant adhérentes par le bord antérieur de leurs deux extrémités internes, qui dépassent le niveau du bassinet.

Pour réussir cette coupe médiane il faut que le rein soit tenu solidement dans la main, assez symétri<iuement pour que le couteau reste bien dans le plan médian ; pour y arriver pl^s facilement, il est bon de prendre le rein dans la main revêtue d'une compresse qui s'oppose à tout glissement.

Il faut ensuite décortiquer l'organe pour s'assurer de l'état de sa capside et, s'il y a lie,u, des adhérences qu'elle présente avec la substai^ce corticale ; pour cela on saisit avec l'ongle la capsule sur le bord même de la surface de section longitudinale; on la détache facilement alors par une traction modérée, quand elle ne présente ni épaississement ni adhérences pathologiques.

Des coupes de direction variable complètent ensuite suivant les cas particuliers l'exploration de Forgane.

Quand on veut suivre avec des ciseaux fins la distribution des vaisseaux rénaux, on fera bien de s'y prendre en partant du bile et avant toute section de l'organe. Pour l'uretère au contraire, quand il y a lieu de suivre son trajet, il vaut mieux faire d'abord l'incision du rein et l'aborder par son extrémité supérieure à partir du bassinet.

8<» Tube digestif.

L'ablation du tube digestif peut se faire soit avant soit après l'ablation du foie ; si le foie est encore en place, il est nécessaire de dégager le cardia, et pour cela de commencer l'ablation du foie comme il a été dit plus

TECHNIQUE dfiS AUTOPSIES.

haut, sans la terminer. Il est en effet préférable de s'arrêter après la section de la moitié gauche du ligament coronaire et de laisser l'ablation du foie momentanément inachevée, pour éviter le sang (pai s'écoule inévitablement par l'ouverture de la veine cave inférieure ; sang qui salit la région et rend l«s incision» altérieures moins sûres, sartout au niveau de la seconde portion du duodénum qu'il importe d'enlever sans déchirure.

Avant de procéder à l'ablation du tube digestif il faut explorer le panàréBM. On le découvre en maintenant relevés le foie et l'estomac, puis on le mobilise par une dissection rapide, tout en Idssant sa tète adhérente au duodénum; on n'achèvera son ablation que plus tard avec ou après celle de l'estomac.

En rejetant à, droite le pancréas ainsi mobilisé on arrive sur le ganglion et le plexus solaire, et c'est le moment de les examiner et de les recueillir s'il y a lieu.

Les diverses parties du tube digestif

contiennent d'ordinaire des matières

alimentaires ou stercorales plus ou

p. ^ jQ pj^^^ moins abondantes ; pour éviter leur

à pression deati- issue, il faut toujours comprendre

née à remplacer entre deux ligatures la partie qu'on

les ligatures de ^q^i inciser. Ces ligatures sont une

I intestin dans , . j <. j i x i

les autopsies. c^use de retard et de lenteur qu on

peut éviter en remplaçant les fils par des

pinces à pression d'une forme spéciale (fig. HO) (1).

On commence l'ablation de l'estomac et de Tintes-

(Ij Ces pinces ont été construites par Lafay sur nos indications; elles sont imitées des pinces à pression employées en chirurgie, leur forme suffit à faire comprendre sans autre explication la manière de s'en Ber^lr.

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