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V. — TISSUS CONJONCTIFS

i" TTpe cellalaire lâche.

FOHMBS zuBHVONNAntES. — Elles constituent des tumeurs molles, gela tin if ormes, qui rappellent le tissu qu'on obtient en injectant de l'eau dans le tissu cellulaire 90 us-cutané pour produire ce qu'on appelle, en histologie normale, la boule d'œdëme. Ce tissu est

iieui de fibrille!

comparé par les auteurs au tissu muqueux du cordon ombilical ; il représente en réalité l'état embryonnaire du tissu conjonctif lâche (mjrxomeB).

Les celtukt (flg. 15) sont volumineuses, les unes arrondies et isolées, les autres étoilées et anastomosées par leurs prolongements ; ces deux formes se rencontrent simultanément, mais l'une des deux est plus ou moins prédominante suivant les cas particuliers.

Quelques cellules parviennent à une étape plus avancée et deviennent des cellules adipeuses; elles sont d'autant plus rares que la tumeur est plus em-

bryonnaire. Elles ne s'observent que là où le tissu cellulaire lâche a une tendance normale très accusée à l'évolution adipeuse. Abondantes dans les tumeurs sous-cutanées, elles font défaut dans les tumeurs nées du tissu cellulaire sous-muqueux.

La substance fortdntnefilaie est amorphe, gommeuse ; tantôt sans aucune substance intercellulaire figurée, tantôt contenant une quantité parfois considérable de fibres élastiques. Elle possède presque toujours un réseau capillaire à larges mailles assez développé; ses vaisseaux sont quelquefois le siège de dilatations ou de ruptures ^mjrxomes telang^ectasiques et hémorrhagiques) .

Ces tumeurs sont parfois le siège de cavités lacunaires, nées de dégénérescences partielles ou de destructions hémorrhagiques suivies de résorption du sang épanché (myxomes kystiques).

La disparition de la substance amorphe dite muqueuse est assez exactement parallèle à l'augmentation des cellules adipeuses.

Les formes intermédiaires sont assez nombreuses; elles sont constituées par le mélange en proportions variables de l'étape embryonnaire ou muqueuse et de l'étape adulte et adipeuse du tissu cellulaire lâche (myxomes lipomateux, lipomes myxomatenx)..

Formes adultes. — De toutes les tumeurs ce sont les plus faciles à distinguer soit à l'œil nu, soit au microscope ; elles sont exclusivement constituées par du tissu cellulaire adipeux (lipomes).

Les cellules qui les constituent sont généralement plus volumineuses que les cellules adipeuses norma*^ les. Elles se groupent en lobules, séparés les uns des autres par des faisceaux de fibrilles conjonctives ; quand celles-ci sont très développées, la tumeur est plus dure et moins fluctuante (lipome fibreux).

La vascularisation est en général assez riche ; exceptionnellement les vaisseaux présentent des dila-

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tationa notables et devienaeot prédominants (lipome èrectUn).

La disposition en lobules arrondis est habituelle dans les tumeurs sous-cutanées; l'infiltration en mats'-s diffuses se rencontre plus souvent dans celles qni naissent des espaces connectifs interstitiels des divers organes ; les tumeurs qui proviennent des franges synoviales articulaires prennent un aspect arborescent.

Les tumeurs d'origine sous-muqueuse tendent à se pédiculiser et à devenir polypeuses (polypes mnqnenx); ici l'évolution adipeuse fait quelquefois tout à fait défaut. 11 est alors assez difficile de distinguer les formes embryonnaires des formes adultes, difficile également de distinguer les formes adultes d'origine connective des formes adultes d'origine épithéliale.

FJg. 16. — H6I« hrâitironiiï dn placents (d'ipris Virahov).

(Bt rapprochée par tous les auteurs des tumeurs précédentes; elle est considérée, par Corail et Ranvier comme UD mjrxome paplUatre. Sa véritable place nosologique tst encore à déterminer. Quoiqu'il en soit elle est cousti-

taée par des masses arrondies, de volame variable, assez semblables à des grains de raisins, groupées sans formes régulières, reliées les unes aux autres par des fragments de villosités placentaires (ûg. 16). Ces grains sont les uns transparents et d'aspect muqueux ; les autres opaques et graisseux; parfois aussi ils sont le siège d'hémorrhagies interstitielles.

20 Type conjonctif dense ou modelé.

Formes ehbatonn aires. — Les tumeurs embryonnaires du tissu conjonctif ne sont pas rares; mais Textrême fréquence qu'on leur attribue n*est qu'apparente, elle résulte de ce que l'on confond avec elles un grand nombre de formes embryonnaires des autres tissus.

Les diverses variétés du tissu conjonctif dense présentent des différences assez accusées, suivant leur origine. C'est ainsi que les néoplasmes qui naissent du tissu des aponévroses participent à leur nature et ne se confondent pas avec ceux du tissu conjonctif engainant. Entre ces deux termes extrêmes, il y a place pour un assez grand nombre de formes intermédiaires. De là un certain nombre de variétés dans la description détaillée desquelles nous ne pouvons pas entrer. Nous nous contenterons de signaler les deux formes extrêmes qu'elles peuvent revêtir; dans Tune les cellules restent arrondies ou s'allongent à peine ; dans l'autre elles prennent un aspect fusiforme.

1. Les cellules embryonnaires du premier type sont petites, homogènes, sans protoplasma distinct. Arrondies ou un peu allongées, elles ont l'aspect de noyaux libres, et sont très semblables aux petites cellules inflammatoires conjonctives, que l'on prend ordinairement pour base des descriptions des cellules embryonnaires indifférentes. Ces cellules se colorent vivement par le carmin; elles sont moins volumineuses et beaucoup moins régulières de forme et de

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stnictnre que les cellules lymphatiques, qui sont dp toutes les cellules celles qui leur ressemblent le plus. Les cellules épithéliales jeunes s'en distingnent par l'existence d'un protoptasma apparent et d'un noyau distinct, nucliiolé, à contours, nets.

Dans les formes très embryonnaires ces cellules peuvent constituer à peu près seules la masse de la tumeur (k&rcomes encéphalolde* & p«ttt«s cellules; tnmenra embrroplas-

tlqaes); mais le fait t r

est plus rare qu'on ne le croit. Les SKrcomea gl obo-cellnlalres 80 nt plus souvent épithéliaux ou lymphatiques que conjonctifs. En général , très rapidement la substance conjonctive intercellulaire

commence à s'édi- p- ,, ^ i, j

fier, mais elle est in- \*ypsconjQnciiTdensrî'Baroomis7), " complètement formée, étendue en nappe près- '• "H"'^ «"iirjoninirM coiyonc-

qne homogène, à peine vaguement Bbriliaire. ""' "' °'

fib ri lia ire ; elle rappelle la substance intercellulaire du cartilage. Les cellules se disposent en amas arrondis ou ovalaires plus ou moins nombreux, réunis par des traînées anastomotiques, et inclus dans cette masse conjonctive demi-solide (flg. 17).

2. Les cellules du second type sont plus ou moins nettement fusiformes; leurs extrémités sont effilées, parfois ramifiées. Leurs dimensions variables ne dépassent guère quinze k vingtfi de longueur. Elles n'atteignent pas les dimensions colossales et les dispositions caractéristiques qui appartiennent aux fibres cellules contractiles.

Il est rare qu'elles constituent à elles seules le tissu de la tumeur (■arcoanea ftaalfamies] ; elle» sont habituellement entremêlées de fibres conjonctives plus ou moins bien développées, orientées dans la même direction que les cellules elles-mêmes.

L'ensemble présente alors un aspect plus nettement fibrillaire (saroomes fasolouléa ; tumenra fibroplustlques). Les noyaux sont allongés, et rappellent la forme en bâtonnets des cellules conjonctives aponévrotiques ; le protoplasma qui les entoure est disposé en fuseau; ses limites extérieures paraissent d'autant plus indécises que les libres conjonctives sont plus nombreuses et mieux formées.

3. Dans quelques cas, les cellules restant arrondies, les libres conjonctives se disposent en travées alvéolaires et la tumeur prend l'aspect anatomique des corciaoïuas; d'où il résulte que ces derniers ne sont pas toujours des tumeurs épithéliales.

Ces tumeurs se séparent très nettement de toutes celles que nous avons décrites jusqu'à présent, mais, surtout à l'état fusiforme. elles présentent les plus grandes ressemblances avec les néoplasmes correspondants du tj'pe libro-musculaire lisse; il est souvent diriiciie de distinguer l'un de l'aulre ces deux genres de tumeurs embryonnaires.

Formes adultbs. — Elles sontconstituées par des lames parallèles ou des faisceaux ondulés de lissu conjonctif, Fig. is. — Tumeur aduiie comprenaotàlafois des libre» (libromo)""'""" ' *""' ^' ^^^ cellules adultes caractéristiques (fibromes lamellalrea; fibromea fusolculè j.

Les faisceaux sont toujours plus ou moins parallèles et ondulés ; mais leur disposition varie ; tantôt ils sont

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tous orientés dan^ une direction générale unique, tantôt ils s'entre-croisent en divers sens (tîg. 18). Les fibromes ne se confondent avec les tumeurs d*aucun autre tissu, mais ils sont souvent dii'iiciles à distinguer histologiquement des hypertrophies inflammatoires du tissu conjonctif lui-même.

Gornil et Ranvier décrivent sous le nom de fibromes lamelleux des lésions dont la plupart ressortissent à rhistoire des inflammations chroniques des séreuses.

Le molluscum simplex est pour eux un fibrome œdémateux : les faisceaux connectifs sont parfaitement nets ; mais ils sont imbibés par un liquide séreux; ils le décriveut sous le nom de fibrome moUuscoîde; cette lésion spéciale du type inflammatoire n'appartient pas aux tumeurs telles que nous les avons définies.

30 Tumeurs des stromas glandulaires.

Formes embryonnaires. — Le stroma de soutènement des glandes contient à la fois du tissu conjonctif lâche cellulo-adipeux et du tissu conjonctif dense. Par suite on peut y rencontrer toutes les tumeurs embryonnaires et adultes qui caractérisent ces deux types cellulaires. Elles présentent néanmoins quelques caractères particuliers, qui résultent, les uns de la présence des canaux glandulaires, les autres de l'étroite solidarité qui unit dans les glandes le tissu conjonctif au tissu épithélial.

La présence des- canaux glandulaires imprime au tissu de la tumeur un mode de distribution spécial, qui explique les dénominations classiques : myzomes, sarcomes, fibromes papillaires ou végétants.

Nous avons vu que dans les tumeurs épithéliales glandulaires la végétation néoplasique de Tépithélium détermine Fhypertrophie réactionnelle du tissu conjonctif; la réciproque est également vraie, la végéta-

aO TUMEURS SIMPLES.

tion néoplasique du tissu conjonctif détermine l'hyperplasie des cavités glandulaires. Il en résulte des difficultés assez grandes pour démêler, dans les cas particuliers, quel est le tissu fondamental de la tumeur et quel est son tissu accessoire. C'est sans doute pour cette raison que Billroth, renonçant à les distinguer, réunissait ces deux séries de tumeurs dans un groupe unique sous le nom d'adéno-sarcomes.

La séparation doit cependant être maintenue, et la distinction des cas particuliers, pour être parfois difficile, n'en est pas moins le plus souvent possible. A Vœil nu, on constate déjà des différences ; les masses cellulo-adipeuses normales persistent d'ordinaire au sein des tumeurs épithéliales, tandis qu'elles font défaut dans les tumeurs conjonctives. Dans ces dernières en effet le tissu conjonctif normal se transforme en donnant naissance à la tumeur, tandis qu'il n'est détruit que secondairement par les néoplasmes épithéliaux.

Sur les coupes histologiques ces tumeurs se présentent sous deux formes. Dans l'une, forme en nappe, les culs-de-sac sont rares, simplement disséminés au sein de la masse conjonctive, la prédominance de cette dernière est évidente. Dans l'autre, forme papilkâre, le tissu néoplasique repousse les parois des canaux excréteurs ou des acini et vient faire saillie dans leur intérieur. La détermination du tissu fondamental devient plus difficile, elle se base sur la disposition des bourgeons et les caractères de leur tissu. Les cavités lacunaires constituent des espaces semi-lunaires ou étoiles ; quelquefois elles sont assez étendues pour séparer la tumeur en lobes distincts.

La meilleure preuve que l'origine de la tumeur est bien exclusivement conjonctive et que les cavités à revêtement épithélial sont un tissu accessoire, résulte de ce fait, constaté par Gornil et Ranvier, que, lorsque ces tumeurs récidivent, après ablation, elles ne con-

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tiennent plus d'éléments glandulaires ou n'en possèdent qu'un petit nombre.

Formes adoltes. — Dans les formes adultes (flbronés papillaires végétants) la distinction est plus difficile encore et trop souvent négligée. On se rappellera d'une part que l'orientation des fibres conjonctives est régulièrement concentrique aux acini dans les tumeurs épithéliales (adénomes) tandis qu'elle en est indépendante dans les tumeurs conjonctives (fibromes) ; et d'autre part que le stroma des tumeurs épithéliales bénignes est relativement plus embryonnaire et moins dense que le tissu des fibromes. Cornil et Ranvier insistent avec raison sur l'extension trop grande que la plupart des auteurs ont donnée aux adénomes en confondant avec eux presque toutes les tumeurs d'origine conjonctive.

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