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VI. — TISSU LYMPHATIQUE

Formes embryonnaires. — Les tumeurs malignes du tissu lymphatique prennent naissance tantôt dans les ganglions eux-mêmes, tantôt dans les follicules lymphatiques de la rate, tantôt enfin dans les diverses formations adénoïdes normales que possèdent de nombreux organes.

Sti^ucture, — Elles sont molles, diffuses, riches en suc laiteux; elles présentent les caractères macroscopiques les plus accusés de l'état encéphaloïde ; assez souvent elles contiennent des dilatations vasculaires ou des foyers hémorrhagiques.

Dans les cas les plus malins, la tumeur peut être exclusivement constituée par des cellules lymphatiques embryonnaires (sarcomes encéphaloldes globb -cellulaires à petites cellules). 11 est rare cependant que le stroma spécial que nous décrirons plus loin fasse absolument défaut.

83 TUHBURS SIMPLES.

Les tumeurs très malignes de ce tissu ne peuvent èire déterminées que par exclusion.

Celtuli-s. — Les cellules sont des éléments arrondis, de petites dimensions, très régulières; aucune ne tend à prendre la forme allongée. Le noyau est I bien coloré, sans nucléoles; il constitue ù peu près seul la cellule tout entière (lig 19).

Les cellules qui conliennent des noyaux multiples sont extrêmement rares.

Ces éléments peuvent se confondre avec les formes très jeunes de certains épithéliums glandulaires, parnbryonnaire ^'^^^ aussi avec ccUes du que (lym- type conjonclif; mais, dans les tumeurs lymphatiques,

c, cellule» lymphatiquei i r. tOUteS leS CClluIes SOnt à

itmniu du liasu rëiicuié. ' ' peu près Semblables, tandis que dans les tumeurs des autres types on rencontre presque toujours des cellules plus avancées qui fixent le diagnostic.

Les cellules lymphatiques sont, de toutes les cellules, celles dont les formes embryonnaires et les formes adultes sont le moins dissemblables. Les adultes sont plus nettes, plus vivement colorées par le carmin, un peu plus petites, mais là s'arrêtent les différences.

Slroma. — Dès que l'étape évolutive laplus embryonnaire est franchie, le stroma commence à apparaître, d'abord très faible, puis plus abondant et mieux carac~ térisé. Ce stroma présente les caractères connus du tissu réticulé des ganglions et des formations lymphatiques normales. C'est lui qui fournit la caractéristique la meilleure et la plus simple des tumeurs lymphatiques. Tanidt on l'aperçoit assez facilement sur des

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coupes ordinaires, tantôt il est nécessaire de le mettre en évidence en chassant par le pinceau toutes les cellules qui Tencombrent. Ce mode de préparation ne réussit bien que sur les pièces qui ont séjourné d'abord pendant vingt-quatre heures dans de Falcool au tiers, avant le durcissement par la gomme et l'alcool fort.

Les cellules lymphatiques contenues au milieu des mailles de ce stroma présentent les caractères que nous avons décrits plus haut (lymphosarcomes, lymphadénomes) .

Formes adultes. - Elles diffèrent des formes embryonnaires par l'abondance du stroma réticulé, par le caractère plus adulte des cellules, par la disposition de ces dernières en amas arrondis, qui donnent à la tumeur un aspect lobule, et rappellent la disposition normale des ganglions lymphatiques (lymphomes).

Le terme de cellule lymi'hatique se limite pour nous au sens étroit de cellule du tissu lymphatique proprement dit, c'est àdire du tissu fondamental des ganglions et des formations adénoïdes. On sait d'ailleurs que ces dernières, réunies en follicules clos ou diffuses dans les tissus, se rencontrent en plus ou moins grande abondance dans divers organes et en particulier dans le tube digestif. Les auteurs donnent au contraire à cette expression de cellules lymphatiques une extension presque indéfinie ; toutes les petites cellules embryonnaires rondes, qu'elles qu'en soient l'origine et la nature, reçoivent cette dénomination; elles la partagent même avec les globules blancs du sang et de la lymphe, qui sont des éléments très bien caractérisés, plus riches en protoplasma, et incomparablement plus volumineux. Pour nous, il s'agit là d'espèces cellulaires absolument distinctes.

Cornil et Ranvier, avec presque tous les auteurs, décrivent au chapitre des lymphadénomes les lésions de la leucocythémie, de l'adénie et du mycosis fongoïde ; quelques pathologistes les réunissent sous le nom de diathëse IjTHipliOC^ène. C'est là en réalité un groupement artificiel de lésions absolument disparates.

La leucocythémie ne ressortit pas au tissu lymi^atique, elle est pour nous le cancer propre du sang. A ce titre elle eût pu figurer dans cette partie de ce précis; nous lui avons néanmoins conservé sa place dans la section consacrée aux maladies du sang.

La maladie de HodgkiD, adénie de Trousseau, comprend à la fois des processus microbiens, que nous décrirons dans le chapitre consacré aux maladies des ganglions, et des tumeurs vraies du tissu lymphatique, qui répondent à la description que nous avons donnée plus haut.

C'est d'ailleurs cette confusion fréquente entre les tumeurs vraies et les fermentations du tissu lymphatique qui a fait croire que les tumeurs lymphatiques n'obéissaient pas à la loi générale de persistance et d'accroissement indéfini des tumeurs ; en réalité il n'est pas démontré que les noyaux lymphadéniques dont on peut constater la disparition soient des tumeurs vraies.

Le mycosis fongoïde est rattaché lui aussi aux tumeurs lymphatiques sous le nom de IsmiphadéAie cutanée. Les lésions de cette maladie sont constituées par des tumeurs de volume variable, très adhérentes à la peau et logées dans l'épaisseur du derme. Il s'agit là d'une affection fort rare, nous avons eu cependant l'occasion d'en observer un cas ; les pièces provenaient d'un malade mort dans le service de M. le professeur Gailleton. Les tumeurs de cette origine sont bien constituées par des cellules embryonnaires du type lymphatique, mais celles-ci ne présentent pas leurs caractères absolument normaux, elles sont le siège de fermentations très accusées qui permettent de rattacher cette afifection à ud processus microbien.

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