VII. — TISSUS OSTÉO-CARTILAGINEUX
1° T3rpe8 cartilagineux.
Formes embryonnaires. — Elles sont assez rares; le cartilage est un tissu non vasculaire, staWe, de faible vitalité, toutes conditions qui expliquent la rareté des tumeurs malignes. Il est possible que les îlots cartilagineux plus ou moins hétérotopiques, qui sont surtout
TISSUS GARTILAGINBUX. 8S
fréquents dans le lissu osseux lui-même, soient plus sonTent le point de départ de proliférations n^oplasiijues que les cartilages normaux; mais il est absolument inexact de dire, avec Cornil et Hanvier et tous les auteurs, que les tumeurs cartilagineuses ne se développent jamais aux dépens des cartilages préexistants.
Les divers types cartilagineui peuvent donner naissance à des tumeurs spéciales. Nous prendrons pour base de notre description les tumeurs du cartilage kyalm qui sont celles qui s'éloignent le plus des types conjonctifs.
Elles se présentent sous la forme de noyaux diffus, non enkystés, sans limites nettes, qui envahissent surtout le tissu osseux (chondromea diffus]. Âl'ceit nu ces tumeurs présentent un aspect blanc brillant et une transparence qui rappellent le tissu cartilagineux normal ; elles peuvent être relativement molles.
Au microscope (fig, 20) elles sont constituées par du tissu Fig. îo. — Tnonur embnmcartilagineux embryonnaire en nti» du tjpe ciriilagiùui ïoiede développement rapide. '■i»"'' ("ûo»>oiidiom.).
Les eellules sont assez volumi- ^ cellutei caHiliginemes neuses, mal capsulées, arron- isolées ; e, amas d« f«IIdI« dies ou semi-lunaires. Elles proU(*r«s «uqjb d«w oae contiennent fréquemment des su^"ancr"'rondari«n"ie' do granulations d'une substance cmiilige hyaiiu. glycogénique qui. d'après Cornil et Hanvier, est d'autant plus abondante que leur développement est plus rapide.
La substance fondamentale dans laquelle elles sont plongées est bomogène, amorphe, claire et transparente; elle ne se colore pas par le carmin. Elle est si peu apparente quand la tumeur est très embryonnaire
que les cellules paraissent libres au milieu d'un liquide solidifié. Cette substance fondamentale englobe étroitement les cellules et celles-ci ne sont susceptibles d'aucun déplacement. Elles ne s'éloignent les unes des autres qu'au fur et à mesure que la substance fondamentale, qu'elles édifient, devient plus abondante dans leurs intervalles.
Chaque cellule qui prolifère devient le point de départ d'un groupe de cellules filles, arrondi et séparé de ses congénères par des zones de substance fondamentale plus larges que celles qui séparent ses diverses cellules constituantes. Ces groupes isogéniques se divisent à leur tour en groupes secondaires, dans lesquels le travail de prolifération se poursuit de la même manière. L'aspect particulier qui résulte de Tisolement et de la distribution irrégulière de ces groupes est d'autant plus accusé que le développement est plus rapide.
Ces tumeurs envahissent surtout les os; elles contiennent fréquemment des fragments osseux en voie de disparition, mais elles ne donnent jamais naissance à des néo-formations osseuses.
Les tumeurs malignes du cartilage sont très mal décrites dans les auteurs (1). La plupart se contentent de noter la malignité des chondromes comme un fait exceptionnel ; ils n'insistent pas sur les caractères différentiels de leurs formes malignes.
Virchow et Rindûeisch décrivent des chondrorsarcornes malins qu'ils considèrent comme un mélange de chondrome et de sarcome mou; ce dernier serait seul cause de la malignité, qui, disent-ils, n'appartient pas en propre à l'enchondrome.
Gomil et Ranvier, après Muller et Virchow, rattachent au cartilage des tumeurs malignes, qu'ils appellent tumeurs ou chondromes ostéoldes, et dont le tissu serait absolument semblable à celui des os rachitiques.
(1) Voir Désip de Fortunet, Cancer du cartilage, Reuue de ekirurffie, 1886.