TISSUS CARTILAGINEUX
D'après ces auteurs, une tumeur ostéoïde est coDstituée par des trabécules de formes et de dimensions variées composées d'une substance réfringente, homogène ou vaguement fibriilaire, souvent infiltrée de granulations calcaires, et comprenant des corpuscules anguleux ; ces trabécules sont séparées par un tissu fibreux dans lequel cheminent des vaisseaux. Le tissu ostéoïde ne compose pas à lui seul toute la.masse des tumeurs de ce nom ; celles-ci sont presque toujours parsemées d'ilôts de cartilage et infiltrées par places de sels calcaires II est difficile, d'après ces descriptions, de se faire une idée précise de pareilles tumeurs.
Formes adultes. — Quoique plus fréquentes que les formes embryonnaires, elles sont encore assez rares, beaucoup plus rares que les formations cartilagineuses d'origine rhumatismale ou autres auxquelles on donne le nom d'ecchondroses.
Le tissu cartilagineux adulte qui les constitue se rapporte, suivant son origine, à l'un ou à l'autre des types cartilaigineux normaux, cartilage hyalin, fibrocartilage, ou cartilage élastique.
Ces tumeurs se présentent presque toujours sous la forme de lobules arrondis, adhérents; mais distincts, séparés les uns des autres par des trousseaux de fibrocartilage un peu vascularisé.
Dans quelques cas le tissu fibreux ou fibro-cartilagineux, qui sépare les lobules, prend une certaine prédominance (chondrofibromes de Virchow). La disposition lobulée fait souvent défaut, surtout quand il s'agit de cartilage hyalin (chondromes hyalins, unilobules).
Les cellules sont assez volumineuses, comme il arrive d'ordinaire dans les tissus néoplasiques; aussi c'est dans les tumeurs cartilagineuses qu'on rencontre les plus grandes capsules de cartilage.
Quand le développement est très lent, les cellules au repos contiennent des granulations graisseuses, qui
remplacent le glycogène des premières étapes évolutives. En même temps les groupes isogéniques font défaut ou sont moins apparents. La répartition des cellules est plus régulière; elles sont sphériques au centre des lobules, tandis qu'à la périphérie elles s'aplatissent graduellement.
Rien ne prouve que ces tumeurs puissent réellement donner naissance à de l'os nouveau (chondromes o»9iflants). Cornil et Ranvier, qui admettent la production exceptionnelle de quelques lames osseuses, déclarent qu'elles ne possèdent qu'une existence transitoire.
Les tumeurs cartilagineuses sont habituellement en rapport avec le squelette; on les distingue en périehondromes et enchondromes suivant qu'elles se développent à la périphérie de l'os, sous le périoste ou dans sa profondeur. Dans ce dernier cas, elles arrivent à faire saillie à l'extérieur, en refoulant le tissu osseux qui leur fournit une coque mince de revêtement.
Certaines glandes, et en particulier la parotide et le testicule, sont souvent le siège de tumeurs cartilagineases ; celles-ci présentent là des caractères analogues à ceux des fibromes glandulaires, elles déterminent comme eux la prolifération hypertrophique des culs-de-sac (adënochondromes) ; ces derniers fout défaut dans les parties de la tumeur propagées au dehors de la glande.
Les chondromes des glandes émanent vraisemblablement d'îlots cartilagineux hétéro topiques ; souvent ils sont d'origine fœtale, ce qui explique la complexité habituelle de leur structure. Il est fréquent en effet, surtout dans le testicule, d'y rencontrer côte à côte les divers types du cartilage normal. Dans la parotide, on rencontre assez fréquemment des chondromes k cellules ramifiées.
20 Type osseux.
Formes embryonnaires. — Assez fréquentes, surtout dans le jeune âge, elles prennent le plus souvent naissance dans la profondeur des os longs.
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Cellules. — A l'état de malignité moyenne, la tumeur
osseuse est très facile à reconnaître. Les cellules embryonnaires sont arrondies, assez volumineuses, ^nuleuses et presque opaques ; leur noyau est peu distinct, ovalaire; un certain nombre d'entre elles contiennent deux ou même trois noyaui, sans mériter cependant le nom de cellules géantes : ce sont les médullocelles de Cb. Robin. Les cellules plus avancées en évolution deviennent anguleuses et prennent l'aspect des ostéoblastes qui recouvrent, à l'état normal, les travées en voie d'ossification.
Stroma. — La tumeur (flg, 21) présente ordinairement un stroma très développé; celui-ci est constitué par une substance fondamentale homogène, disposée en travées pleines, colorées en
rose par le carmin, irréguliè- '
rement ramifiées et anastomosées. Elles circonscrivent des espaces alvéolaires communiquants dans lesquels se
trouvent les cellules osseuses pig. ji. — Tumeur enbr;onembryonnaires (ostèosarco' »»'" du tjpe mmui (o«mes). tho^MitxoM}.
Dans les formes très mali- c. ceiiuiei aueuseï en-
gnes. les cellules constituent bryonnairc. dool quelques-
à elles seules toute la tumeur "['*" "''' ^'' ooyagi muiii-
qui à l'œil DU est molle et o/^ùse' enêore homog*B»°'°
roageÂtre. La substance inter-
cellulatre est alors à peu près absente et la tumeur est parfois difficile à caractériser (aarcomes, aarcomea myèloldes). Les cellules à noyaux multiples y sont d'ailleurs assez nombreuses.
Il est facile de distinguer ces tumeurs osseuses vraies des tumeurs malignes auxquelles donne quelquefois naissance le tissu cellulo-adipeux qui entre dans la composition de la moelle osseuse; ces der-
nières répondent à la description générale des tumeurs de ce tissu (myxomes des os).
Dans les formes de faible malignité^ l'évolution osseuse est mieux caractérisée. Les cellules prennent les caractères plus nets des ostéoblastes ; les travées cessent d'être homogènes et privées de cellules ; elles en englobent quelques-unes qui y deviennent étoilées ; sur quelques points, le tissu osseux de nouvelle formation se rapproche de Tétat adulte (sarcomes ossifiants). Il faut se garder de confondre ces Ilots osseux néoformés avec les Ilots du tissu préexistant en voie de destruction, que l'on peut retrouver dans toutes les tumeurs malignes, primitives ou secondaires, qui envahissent et détruisent le tissu osseux.
Les vaisseaux sont souvent abondants ; ils présentent parfois des dilatations considérables. Les tumeurs décrites autrefois sous le nom d'anévrysmes des os ou de fongiis hématodes sont des tumeurs osseuses embryonnaires, avec développement télangiectasique considérable.
L'expression de tumeurs à. myéloplazes s'applique surtout à une forme très particulière de tumeurs (fig. 22), sur la valeur clinique de laquelle Nélaton a le premier attiré ratteDtion. On l'observe quelquefois dans les extrémités des os longs, du fémur notamment, mais surtout et presque exclusivement sur les gencives; elle constitue la forme la .plus fréquente des diverses tumeurs de cette région, réunies sous la dénomination générale dV;m/t5.
Tous les auteurs y voient simplement une tumeur d'ori* gine osseuse, qui pour Cornil et Ranvier devient suivant les cas un sarcome myélolde ou un sarcome ossifiant. Sa caractéristique spr^ciale lui vient de ce qu'elle renferme des cellules à noyaux multiples ou myUopLtxes, identiques, assure-t-on, aux médullocelles, dont Robin a démontré l'existence dans la moelle osseuse en voie de développement.
En réalité ces productions possèdent une véritable individualité, non seulement clinique mais encore anatomi-
TISSU OSSEUX. Bl
que. Pour nous elles ne ree»ortisaeat pas aux tumeur» vraie», dont elles s'éloignent par tous les dËtails de leur structure et de leur évolutioD Elles présentent au contraire les caractères anatomiquen des lésions du type microbien ; le périoste al véolo -dentaire est le tissu qui sert de substratum à celte /ermeiitation spéciale (1].
Fig. IS. — Gpdii i mjUopïui
Quoi qu'il en soit, les iniilii dites à myiloptnxea se développent par îlots arrondis, asseï volumineux, séparés par des zones simplement conjonctives. Delà, à un faible gros- Biasement, un aspect lobule qui n'exipte pas cependant â l'inspection macroscopique. Chaque Ilot contient un nombre toujours considérable de myéloplaKes. c'est-à-dire de véritables cellules géanlea d'un type très spécial. Ces ci'LuIea soDt colorées en rose ; elles sont énormes, facilement visibles avec des grossissements très faibles ; leurs limites sont arrondies mais un peu irrégulières. Elles contienoent des noyaux à contours ovalaii'es très nets multi-nucléolés, plus colorés que le pratoplasma de la pla- ([ue. Ces noyaux sont assez nombreux, et. détail important, également répartis dans tonte l'étendue du myéloplaxe. Telles qu'elles sont constituées ces cellules diffèrent
nel : Kote sur queLqoai cas de (ameon dn geuciisg {Renm de cMrur- SU, 1887).
radicalement des cellules à noyaux multiples de la moelle qu'on rencontre dans les tumeurs osseuses vraies ; elles se rapprochent davantage des cellules géantes de la tuberculose, avec lesquelles toutefois on ne saurait les confondre et dont elles se distinguent par les détails indiqués plus haut.
Ces cellules géantes sont incluses dans un tissu constitué par des cellules fusiformes, allongées, disposées en groupes fascicules, et qui rappellent assez bien Taspect des cellules fusiformes des tumeurs embryonnaires fasciculées du tissu conjonctif modelé. Nulle part on ne rencontre de travées ossiformes; mais dans les cas à marche rapide, qui envahissent le tissu osseux voisin, la tumeur contient souvent des îlots osseux en voie de destruction, vestiges du tissu préexistant.
Ce qui précède ne s'applique bien entendu qu'aux cpulis dites à myéloplaxes ; les gencives sont souvent aussi le siège de tumeurs vraies, épithéliales, conjonctives ou osseuses.
Les ezostoses sous-unguéales paraissent se rattacher également à des processus inflammatoires.
Formes adultes. — Elles constituent des masses osseuses de nouvelle formation, qui reçoivent, suivant la nature de leur tissu, le nom d'ostéomes compactes ou d'ostéomes spongieux. Par contre les ostéomes éburnés sont des productions inflammatoires.
On appelle exostoses les tumeurs qui se dévelop-* peut à la périphérie des os; enostoses celles qui occupent la cavité médullaire; mais les auteurs ne décrivent guère sous ces dénominations que des processus inflammatoires qui n'ont rien à faire avec les tumeurs vraies.
Tissus DENTAIRES. — La couchc périphérique des dents présente certaines affinités avec le tissu osseux ; elle donne parfois naissance à de petites tumeurs bénignes qui se développent au collet de la dent ou sur le cément; « elles ressemblent à des gouttelettes de cire qui se seraient figées à la surface de la dent »
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(Corail et Ranvier). C'est là une des v&riétés de l'odontoma. On décrit aussi sous ce nom, d'une part deseiostoses inflammatoires, d'autre part des tumeurs à tissus multiples d'origine fœtale, qui contiennent des productions dentaires diversement ordonnées.