II. — FORMES RELATIVEMENT SIMPLES
lo TnmeBTS fœtales de l'épiderme.
(Kystes dermoïdes simples).
FoEMBs ADULTES. — Ces tumeuFS se présentent sous la forme de poches kystiques, remplies par de la matière sébacée, au sein de laquelle on trouve habituellement des formations pileuses très abondantes, allant souvent jusqu'à former de véritables paquets de cheveux. Les poils sont tantôt implantés sur la paroi, tantôt détachés et libres dans la cavité kystique. Leur longueur considérable est déjà un indice de l'ancienneté de la lésion.
Structure. — La paroi de ces tumeurs est constituée par une couche interne épidermique, semblable à celle de la peau normale, et reposant sur une couche conjonctive dense. La couche épidermique se présente avec les mêmes stratifications que dans l'épiderme normal ; elle contient des glandes sébacées et des poils ; quelquefois, mais plus rarement des glandes sudoripares ; le contenu du kyste est constitué par les produits de sécrétion de ces glandes, et la prédominance des glandes sébacées explique bien sa composition habituelle.
Ces parois diffèrent de la peau normale par quelques caractères particuliers ; leurs éléments sont plus petits et moins nombreux; les couches cornées sont plus minces; la ligne de séparation de l'épiderme et du tissu conjonctif soiis-jacent est rectiligne ou faiblement ondulée. Il n'y a pas de papilles dermiques, et par conséquent pas* de saillies interpapillaires.
La surface dermoïde présente dans quelques cas des lésions analogues à celles qui existent sur la peau normale elle-même ; on a signalé des verrues, des condylômes, des productions cornées. Celles-ci pourraient
iW TUMEURS FŒTALES.
même atteindre un développement assez considérable pour perforer la paroi opposée du kyste et arriver à faire saillie au dehors.
Après ce que nous avons dit plus haut, la pathogénie de ces tumeurs est fort simple. II. ne s'agit pas de tumeur à tissu unique puisqu'on y trouve trois tissus spécifiques : cellules cornées, sébacées et sudoripares. Ce sont là trois variétés fondamentales de la famille épidermique, possédant chacune leur série néoplasique propre à l'état de tumeur simple. Leur réunion dans un même néoplasme doit dès lors le faire ranger dans les tumeurs à tissus multiples.
Origine, — Ce sont des tumeurs fœtales adultes , nées de la cellule épithéliale nodale des couches épidermiques. Leur origine est non seulement congénitale, mais elle remonte au moins, jusqu'au troisième mois de la vie intra-utérine, jusqu'à l'époque où l'épiderme était encore constitué par un seul type cellulaire fœtal, avant l'apparition des formations glandulaires. Ces tumeurs sont d'autant plus complexes que leur origine est plus lointaine. Ce sont d'ailleurs à proprement parler des tumeurs épidermoïdes plutôt que dermoïdes.
Siège, — Les kystes dermoïdes purs que nous venons de décrire présentent des lieux d'élection; ils s'obrservent surtout dans le tissu cellulaire sous-cutané, ou à faible distance du tégument externe. Les kystes, dermoïdes plus profonds, ceux de l'ovaire notamment^ présentent presque toujours une structure plus complexe et appartiennent aux variétés que nous décrirons plus loin.
2^ Tumeurs fœtales de r endoderme.
(Kystes mncoldes).
Formes adultes. — Ces tumeurs connues depuis longtemps, et mieux étudiées par Malassez et de Si-
KY&TES MUCOIDfiS. 121
nety, sont haJbituellement décrites sous le nom de kystes prolifères de Tovaire, parce qu'elles se ren* contrent à peu près exclusivement dans cet organe. Elles se présentent sous la forme de kystes volumineux, qui peuvent atteindre un volume considérable. Ils sontmultiloculaires, mais le nombre et le volume des poches présentent des variétés considérables.
Le contenu est, suivant les cas, incolore ou coloré en rouge ou en brun; séreux ou muqueux, il est habituellement riche en cholestérine ; il contient en suspension des cellules épithéliales régulières ou plus ou moins dégénérées.
Structure, — Les parois sont épaisses, indépendantes les unes des autres ou communes à plusieurs cavités kystiques. Elles sont essentiellement constituées par du tissu conjonctif plus ou moins adulte et très vasculaire. Elles contiennent assez souvent des fibres musculaires lisses, mais celles-ci sont surtout nombreuses vers la périphérie de la tumeur, et il parait s'agir plutôt de restes du stroma ovarien que de fibres musculaires de formation nouvelle.
L'élément caractéristique de ces tumeurs réside dans le revêtement épithélial qui tapisse toutes les cavités kystiques. A l'œil nu la surface interne des kystes présente l'aspect d'une muqueuse et supporte par places des bourgeons papillaires ou des villosités, tantôt simples, tantôt composés et parfois très compliqués.
L'épithélium de revêtement de ces cavités est essentiellement polymorphe ; on y trouve simultanément dé l'épithélium caliciforme, de l'épithélium à cils vibratiles, de l'épithélium cylindrique, tantôt disposé sur une^seule couche, tantôt supporté par des couches profondes de cellules polyédriques. On y trouve de plus des formes cellulaires très diverses, auxquelles Malassez et de Sinety donnent le nom de celliUes meta typiques, et qui ne sont que les formes
i%2 TUMEURS FŒTALES.
jeunes des diverses cellules épithéliaies. Habituetlement ces diverses variétés d'épithélinms se présentent en nappes similaires étendues; tantôt elles tapissent des cavités kystiques différentes ; tantôt elles se succèdent pour tapisser la paroi d'une même cavité ; tantôt enfin, mais plus rarement, elles s'entremêlent en quelque sorte une à une, de telle façon qu'on peut trouver par exemple des cellules caliciformes disséminées au milieu de cellules d'un autre type.
Les parois qui séparent les cavités plus volumineuses contiennent par places dans leur intérieur des kystes de plus petites dimensions en voie de développement. Fôrster les fait provenir de la transformation dHlots de cellules embryonnaires indifférentes nées au milieu des travées. Wilson les considère comme le résultat de cloisonnements de la cavité primitive par la soudure des extrémités libres de bourgeons papillaires voisins. Malassez et de Sinety les font provenir de bourgeons épithéliaux, ou de dépressions en doigt de gant de la surface muqueuse, pénétrant au sein du tissu conjonctif des travées.
Origine, — Ces tumeurs possèdent en somme les diverses formes épithéliaies des revêtements muqueux, qui toutes constituent des types spécifiques," possédant d'autre part leur série néoplasique propre. Leur réunion dans les kystes prolifères nous montre que ces derniers sont des tumeurs fœtales ; ils émanent de la cellule nodale du revêtement muqueux, comme les kystes dermoïdes simples émanent de la cellule nodale du revêtement épidermique. Ces deux formes de tumeurs sont entièrement comparables ; l'expression de kystes mucoldes convient parfaitement aux tumeurs .développées aux dépens de la cellule fœtale du revêtement muqueux; mais ce terme de mucoïde doit alors être compris dans ce sens restreint, et ne comporte aucune idée de dégénérescence. La substance muqueuse