‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 41 sur 182 · V. — DÉGÉNÉRESCENCE GRANULO-GRATSSEUSE. — Elle eSt · texte numérisé non relu

V. — DÉGÉNÉRESCENCE GRANULO-GRATSSEUSE. — Elle eSt

constituée par une sorte de mélange de la tuméfaction trouble et de la dégénérescence graisseuse proprement dite. Les cellules sont infiltrées de granula-

tions fines, dont les unes présentent les caractères des granulations 'protéigueSf et les autres ceux des granu* latîons grai8S€U»e8,

VI. — Dëgénébescenck séreuse. Coluquation. — Elle se caractérise par ce fait que la cellule est infiltrée par des liquides qui restent séreux, et dans lesquels la substance cellulaire eUe-méme parait se dissoudre. Le plus souvent c'est par le noyau que débute la dégénérescence; le nucléole se remplit de liquide et prend une forme franchement vésiculeuse.

Ce processus présente quelques traits communs avec la nécrose de coagulation, en ce sens que le pro-* toplasma est envahi dans les deux cas par un liquide d'imbibition; mais, dans Tun la lymphe reste liquide tandis que dans l'autre la coagulation se produit; les deux processus peuvent d'ailleurs se succéder l'un & l'autre. On observe cette lésion après l'action des hautes températures ou des agents vésicants dans les cellules épidermiques, par exemple.

Dans quelques cas, la fonte séreuse n'est que le pre* mier stade de certaines fermentations, et notamment de celle de la variole.

VII. — Dégénérescence moqueuse.— -Cettedégénérescence serait caractérisée par l'apparition dans le protoplasma cellulaire de la mucine, c'est-à-dire d'une substance albuminoîde, homogène, non diifusible et capable de se gonfler énormément au contact de l'eau «

La mucine est un produit physiologique de la sécrétion de certaines cellules ; révolution muqueuse est un fait normal pour un certain nombre de types cellulaires, mais l'existence d'une dégénérescence muqueuse des protoplasmas nous parait encore à démontrer.

Par contre, certaines substances intercelltUaires^ notamment les fibres conjonctives et la substance fondamentale du cartilage, présentent dans certaines conditions une véritable liquéfaction dégénérative

DÉGiNÉBESGENGfiS. I6S *

qui donne naissance à une snbstance analogue k la mucine. C'est là le seul phénomène qui mérite réellement le nom de dégénérescence muqueuse.

VIII. — DÉGÉNÉRBSCENCB HYALINE. — Elle a été surtout décrite par Recklinghausen, qui en a beaucoup trop étendu le domaine.

La substance hyaline est une substance homogène, fortement réfringente, très résistante à Teau, à l'alcool et aux acides ; transparente comme du verre, elle est facilement colorable par le carmin et les couleurs d'aniline. Très semblable par bien des caractères à la substance amyloîde, elle en diffère notamment par l'absence de la réaction iodée.

La dégénérescence hyaline est susceptible des mêmes considérations que la dégénérescence muqueuse ; l'hyaline est un produit normal de l'évolution de certaines cellules ; la dégénérescence hyaline vraie des protoplasmas n'est pas mieux établie que leur dégénérescence muqueuse.

Par contre, on trouve de même la dégénérescence hyaline dans certaines substances intercellulaires^ telles que les fibres conjonctives, les parois vasculaires, les glomérules, qui sont également le terrain de prédilection de la surcharge amyloîde.

D'après Ziegler, la dégénérescence hyaline ne serait parfois que le premier degré de la surcharge amyloîde; elle pourrait alors être considérée ellemême comme une simple surcharge.

IX. — DÉGÉNÉRESCENCE COLLOÏDE. — La substance colloïde est, par quelques caractères, analogue à la mucine ; comme elle, elle se gonfle considérablement dans l'eau, mais elle en diffère en ce qu'elle ne se précipite pas par l'acide acétique, qui ne la gonfle même pas. Elle est d'ailleurs plus consistante, gélatineuse ; elle contient du soufre dans sa composition et présente normalement une coloration jaune un peu ambrée. Le carmin la colore bien, moins vivement que les noyaux,

mais un peu plus que le protoplasma cellulaire normal.

Cette dégénérescence réside à peu près exclusivement dans les celluleg elles-mêmes.

La substance colloïde est le produit de révolution normale de certaines cellules et en particulier de celles du corps thyroïde ; mais elle peut être aussi le fait de dégénérescences vraies notamment dans le rein. On n'a signalé jusqu'à présent aucun caractère distinctif entre la substance colloïde née des évolutions normales et celle qui est le fait d'altérations dégénératives proprement dites.

La dégénérescence cireuse n'est qu'un cas particulier de la dégénérescence colloïde. La matière cireuse est plus sèche, plus opaque ; on la rencontre surtout dans les cellules épithéliales du rein» côte à côte avec la dégénérescence colloïde.

La lésion des faisceaux musculaires décrite par Zenker sous le nom de dégénérescence vitrense est aussi considérée par la plupart des auteurs comme une dégénérescence colloïde; d'autres la rattachent, et peut-être avec plus de raison, à la nécrose de coagulation. Cette dégénérescence est d'ailleurs spéciale au tissu musculaire; elle sera l'objet d'une description plus détaillée quand nous étudierons les lésions de ce tissu.

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