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CHAPITRE IV Syphilis

La syphilis a une existence nosologique bien définie et une unité incontestable. Le microbe pathogène dont elle dérive porte sou action fermentative sur le tissu conjonctif ; c^est à lui qu'il s'attaque dans toutes ses phases, mais, fait remarquable et que nous rencontrons ici pour la première fois, il le frappe difTéremmeot suivant ses périodes. La fermentation gommeuse des nodules tertiaires est la lésion anatomique la plus caractéristique de la syphilis, mais elle ne se retrouve ni dans le chancre initial ni dans les lésions secondaires de la même maladie.

Les liens étroits qui unissent, d'après nous, le microbe ferment, le protoplasma cellulaire et le mode fermeutatif paraissent ici mis en défaut; l'exception à la loi générale n'est cependant qu'apparente, et l'histoire de la syphilis apporte au contraire une confirmation puissante à notre manière de voir. 11 suffit pour cela de remarquer que ces différences dans la fermentation syphilitique correspondent précisément à de profondes modifications biologiques dn parasite considéré. La meilleure preuve en est dans ce fait clinique aujourd'hui incontesté, que la syphilis gommeuse a cessé d'être contagieuse, tandis que la fermentation conjonctive, différente, moins destructive, des premières poussées, correspond à la phase inoculable de la maladie.

Il nous est impossible de donner ici une description détaillée des diverses lésions qui relèvent de la syphilis, nous devons nous contenter de quelques détails sommaires, et d'une sorte d'aperçu général.

LÉSION PRIMITIVE. — Le chancre induré, sclérose initiale des Allemands, présente une structure particulière. Il est constitué par une infiltration abondante, dans les mailles du tissu dermique, de petites cellules

embryonnaires du type conjonctif. Ces cellules sont pour la plupart petites, rondes, sans protoplasma apparent. Quelques-unes plus volumineuses prennent un aspect épithélioïde ; d'autres plus rares vont jusqu'à former des cellules géantes. Ces dernières sont relativement petites, leurs noyaux sont peu nombreux!, elles ne présentent pas la fermentation avancée des cellules géantes tuberculeuses. Ces cellules embryonnaires sont très nombreuses, elles déterminent la résorption atrophique des fibres conjonctives, ou remplissent exactement tous leurs interstices, de là la sensation spéciale de dureté de cette lésion. Les vaisseaux restent perméables ; souvent leurs parois hypertrophiées rétrécissent leur lumière sans l'oblitérer.

La fermentation est peu profonde dans ces cellules proliférées ; celles qui échappent à la mort, poursuivant leurs étapes évolutives, arrivent à constituer un tissu fibreux surabondant ; cette induration secondaire par sclérose fait suite à l'induration primitive par infiltration et dure beaucoup plus longtemps qu'elle.

Lésions secondaires. — Les lésions ultérieures, secondaires, présentent un type fermentatif analogue, encore moins accusé ; elles portent également sur le tissu conjonctif dense, de préférence sur le derme de la peau ou des muqueuses et sur le périoste.

La prolifération cellulaire est plus faible^ Tinfiltration des tissus par les cellules embryonnaires dans les papilles dermiques est beaucoup moins dense que dans le chancre induré. En même temps la fermentation y parait moins puissante ; les formes cellulaires rondes existent à peu près seules; il n'y a plus guère de cellules épithélioïdes, plus du tout de cellules géantes. Par contre, à ce stade, apparaît une lésion réactionnelle qui prend une importance capitale et qui commande l'aspect macroscopique de la lésion; bien que la fermentation porte encore sur le tissu conjonctif, elle détermine surtout une hypertrophie

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eonniUrablt des cellulea ndjacentes. Sur U peau ou sur les muqueuse* du type cutané, au-dessuB de la zone inflltrée des papilles dermiques, les ceuchet ipidermiquet présenlent un épaissi ssement hyper trophique énorme; de fà l'aspect particulier des condylomes ■ypbilltiqneB et des plaques mnqaenMS (fig.41].

Dans les os la même in~ fluence hypertrophique se retrouTe;liLetledonne naissance tantôt k des productions superllcielles, à des kb «i o d I

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fois peut aller jusquà les theinaitré« déléMiiii«;e,CQodie oblitérer et à déterminer de cornée d«ii lurfica. la nécrote.

Dans les vaâseaux cette hypertrophie porte surtout sur la tunique interne, et Vendartérite oblitérante syphilitique peut déterminer secondairement des lésions nécro biotiques graves par elles-mêmes.

Lésions TBRTiAniBs. — A la période tertiaire la syphilis donne naissance aux gommea. Ces lésions présentent une marche très différente de celles que nous venons de . décrire. C'est encore le tissu conjonctif qu'elles frappent, mais plus souvent le tissu conjonctif lâche que le tissu conjonctil dense. Ou les trouve dans le tissu eeltulairt des espaces sous-cutanés, dans celui des espaces interstitiels des organes viscéraux, etc., Elles présentent une fréquence toute spéciale au voi>sinage des vaineaux, dans le tissu conjonctif ambiant, dans la gaine adventice, et jusque dans les couches cooneclives de l'endartère.

Ces lésions sont ordinairement nodulali^a, elles se présentent sous forme de tumeurs; souvent aussi elles donnent naissance à des Infiltrations plus ou moins étendues. La fermentation qui les caractérise est profonde et destructive; par contre elle n'exerce plus autour d'elle qu'une in/tw-nce alrophiqMe.

Les gommes sont en général de petites tumeurs d'un volume variable, sans limites nettes, perdues dons les tissus ambiants dont on ne peut pas les énucléer; elles forment ordinairement une légère saillie. Leur tissu est ferme, sei; et privé de suc; grisâtre dans les périodes initiales, il prend, quand la fermentation est bien caractérisée, une coloration jaune clair, souvent même jaune soufre. Dans quelques cas, surtout dans les gommes superficielles, le contenu est moins dense, muqueux ou gommeuz, souvent assez liquide pour que la tumeur soit tluctuonte.

Stractare. — Au microscope, on constate que les gommes sont constituées par la juxtaposition de nodules arrondis, ordinairement assez petits, de 1 quinzième à 1.

dixième de millimètre en moyenne d'après Cornil et Ranvier, présentant une structure bien dénnie (dg. t2).

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