SYPHILIS
thélioîdes ni de cellules géantes, ou tout au moins ces éléments sont extrêmement rares; les cellules conjonctives proliférées ont, en somme, subi une fermentation caséeuse d'un type spécial .
Sur la zone limite, en allant de la périphérie au centre, les noyattx se colorent de moins en moins ; plus loin, on en trouve qui ont conservé leurs contours, mais qui se montrent en jaune clair, et que le carmin ne touche plus; enAn, ils disparaissent tout & fait. Déjà les cellules se sont toutes fusionnées, comme fondues, en une masse homogène, plus sèche, plus jaune, à grains plus fins que la masse vitreuse du tuhercule. Au milieu de cette masse caséeuse, on constate, d'après Malassez, de petits corps arrondis très réfringents, réfractaires au carmin, mais bien colorés par la purpurine, et qui n'existeraient jamais ailleurs.
Les gommes restent très vascularisé>es pendant toute la période de leur développement; les vaisseaux pénètrent à leur périphérie, ils peuvent même atteindre leur centre et s'y ramifier. Dans les périodes ultérieures ils peuvent s'oblitérer; le sang coagulé dans leur intérieur donne alors, à leurs surfaces de section, un aspect semblable à celui des cellules géantes. Ces oblitérations vasculaires sont d'ailleurs tardives ; elles n'exercent aucune infiuence sur l'évolution du contenu de la gomme, dont la destruction précoce est le fait de la fermentation elle-même.
Terminaisons. — Les gommes présentent une tendance assez marquée à la giLérisoriy même spontanée ; elles se résorbent rapidement sous l'infiuence du traitement spécifique. Le contenu caséeux se dessèche et se réduit ; la décomposition de la graisse qu'il contient donne naissance à la formation de cristaux d'acide stéarique ; ces détritus se retrouvent souvent calcifiés^ perdus au sein d'un tissu fibreux dense, lardacé, peu vasculaire.
Les gommes isolées ou agglomérées en foyers peu-
vent atteindre parfois un volume assez considérable le tissu cicatriciel qui les remplace après leur résorption présente des dimensions beaucoup moindres ; de là naissent des déformations macroscopiques souvent considérables des organes qui en ont été le siège.
Les infiltrations gommeuses aboutissent à des scU^ roses diffuses plus ou moins considérables. On renctmtre souvent un mélange en proportions variables de lésions scléreuses et de foyers gommeux ; ces deux ordres de lésions se trouvent constamment associées dans les lésions syphilitiques anciennes, surtout chez les malades qui ont été soumis au traitement spécifique.
Nous consacrerons par la suite des descriptions spéciales aux lésions syphilitiques les plus importantes des principaux organes viscéraux.