II. — LÉSIONS DE CAUSE MICROBIENNE
Les lésions d'origine microbienne sont fréquentes dans les séreuses et notamment dans celles des grandes cavités splanchniques. Elles se présentent toujours à robservation sous la forme ai^we ou subaiguè; les évolutions chroniques qui peuvent leur succéder se passent plutôt dans les tissus sous-séreux et ne nous arrêterons pas dans cette étude générale. Tous ces processus siègent d'ordinaire simultanément sur les deux feuillets de la séreuse, mais se montrent en général nettement prédominants sur son feuillet vùcéraL
!<" Inflammations séro-fibrineaset.
La lésion fondamentale siège en réalité dans les couches* connectives, mais elle s'accompagne d'un épanchement liquide assez abondant dans la cavité séreuse ; cet épanchement devient le phénomène le plus saillant de la maladie, et lui donne sa caractéristique principale. Le type le plus net et le plus pur de Tinflammation séro-fibrineuse doit être recherché dans la pleurésie ou la péricardite rhumatismales.
Fausses membranes. — Le liquide épanché est clair, citrin, mais très riche en fibrine coagulable. C'est là le premier caractère qui différencie à Tautopsie Finflammation fibrineuse de Thydropisie simple. La fibrine se coagule sous forme de plaques ou de lamelles; celles-ci se montrent tout d'abord et restent toujours plus abondantes sur les points saillants et sur ceux où les mouvements sont les plus étendus. Dans la pleurésie, par exemple, la fibrine adhère surtout aux bords libres des lobes inférieurs ; elle ne tarde pas cependant à se déposer en lames plus ou moins compactes et épaisses sur toute l'étendue de la surface séreuse. Au début, ces lames présentent un aspect réti" culéf presque alvéolaire ; elles se laissent détacher en
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lambeaux homogènes à cassures nettes. Plus Uird, & mesure que les couches se surajoutent, l'aspect réticulaire de la surface se perd ; celle-ci devient lisse, tandis que les gurfaces de section prennent l'aspect feuilleté; les diverses couches sont souvent séparables par la dissection.
GiraoUroB histoloslqn«s. — On constate qu'au début la couche fibrineuse est simplement appliquée à la surface de la séreuse, séparée d'elle par une limite nette, rectiligne, marquant la place de l'endothélium (tif.
44). A ce stade l'aspect de la fibrine est celui d'un réticulum ou d'une masse granuleute, sans structure bien nette et ne contenant dans son intérieur quepeuou pas de cellules. Fig, 44. — Pleuriile SbriDin».
Les couches conjonc-
(MjefSOUS-jacentesàl'en- P- ponmon: r, coache conjoLcUve
dothélium et il'eisudat ^i, ^joTTi.'^» "7 1ot''ei.rBhri." présentent par contre nnie iup«<iei«ii*'. des modifications très
accusées; elles augmentent considérablement de volume ; elles sont le siège d'une sorte d'tm6i6iiJo>i adénuiteuseet d'uneproJi/'^ufionac/ive de leurs cellulesfondamentales. Les radicules lymphatiques qu'elles contiennent sont souvent obstruées par des coagulations flbrineusea.llestrareque la lésion s'étende plusprofondément lelongdes travées conjonctivesintra-viscérales. Plus tard, la limite se perd entre l'exsudat et la séreuse ; c'est par transitions insensibles que l'on passe de la couche svperficielk, à peu près exclusivement |l6rtneuse, à la couche conjonctive plus profonde, in-
filtrée par les cellules embryonnaires arrondies da type conjonctif. La zone iniermédiaire est constituée par une couche de fibrine réticulaire, enfermant dans ses mailles des cellules embryonnaires conjonctives, rondes, mais tuméfiées, qui présentent en somme une altération fermentative très caractérisée, rappelant Faspect des tuméfactions troubles à granulations albuminoîdes. Ces cellules sont très variables de forme et de dimensions. D'après Gornil et Ranvier, on pourrait trouver des cellules géantes dans les exsudats de la pleurésie séro-fibrineuse ; Textréme fréquence des pleurésies tuberculeuses du type fibrineux que nous décrirons plus loin ne permet pas d*accepter sans réserve cette opinion.
Des vaisseaux jeunes se rencontrent dans ces exsudats, mais ils sont relativement rares dans cette forme d'inflammation.
Terminaisons. — Les inflammations séro-fibrineuses se terminent par la résorption de Texsudat liquide ; la fibrine coagulée devient granuleuse, elle se liquéfie et se dissout^ de telle sorte que les dernières traces en disparaissent avec le liquide lui-même. Exceptionnellement, il peut arriver que cette fibrine échappe à la résorption et forme sur divers points des séreuses des amas blanchâtres, qui subissent ultérieurement la dégénérescence graisseuse et aboutissent à une transformation caséeuse.
Le tissu conjonctif néoformé ne disparaît pas aussi facilement ; les cellules embryonnaires qui n'ont pas subi la fermentation complète et qui ont pu conserver leur vitalité obéissent à leurs tendances ataviques, elles édifient un tissu conjonctif surabondant qui crée des adhérences entre les deux feuillets de la séreuse. Celles-ci sont semblables de tous points aux adhérences simplement inflammatoires que nous avons déjà décrites. A ce moment, quand toute trace du processus fermentatif a disparu et que Ton n'esl