CHAPITRE II Tissu coi^oactif l&cbe
Le tissu connectif lâche sous-cutané et interstitiel se confond avec les radicules absorbantes, origine du système lymphatique. Le tissu conjonctif et le tissu lymphatique présentent des affinités pathologiques en rapport avec l'analogie de leur rôle physiologique. Leurs cellules possèdent une morphologie assez différente, mais elles présentent des affinités semblables pour les réactifs tinctoriaux et sont vulnérables par les mêmes agents pathogènes. Un certain nombre de processus fermentatifs frappent à la fois le tissu conjonctif et le tissu lymphatique, mais chacun d'eux possède aussi quelques fermentations qui lui sont propres.
Les tumeurs^ de même que les fermentations diverses dont le tissu conjonctif peut être le siège, ont été suffisamment décrites dans les chapitres consacrés à l'anatomie pathologique générale pour n'avoir pas à y revenir.
QSdèma aifl^n. — Les mailles du tissu conjonctif sont envahies et distendues par un épanchement liquide plus ou moins abondant. Celui-ci est purement séreuXf limpide, dépourvu de substance iibrinogène et ne se coagulant pas au contact de Tair. II contient des ' globules blancs plus nombreux qu'à Tétat normal.
Quand Tœdème est récent, le tissu conjonctif supporte bien sa présence et parait peu modifié dans sa structure; ses cellules sont plus globuleuses, leur noyau devient apparent, leur protoplasma s'encombre de granulations réfringentes, qui, d'après Cornil et Ranvier, sont constituées par une combinaison de principes gras avec une substance albuminoîde. Les
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cellules adipeuses sont plus altérées; leur graisse tend à se fragmenter en gouttelettes; celles-ci apparaissent d'abord à la périphérie de Télément, mais la fragmentation peut s'étendre à la gouttelette centrale quand la graisse subit une résorption partielle.
CEdème chronique. — Quand l'œdème se prolonge, les modifications du tissu conjonctif s'accusent. D'une part, ses cellules se colorent par le dépôt de grains pigmentaires formés aux dépens de la matière colorante du sang; d'autre part les ûbres conjonctives elles-mêmes s'épaississent, et dans son ensemble le tissu devient plus dense et un peu scléreux.
Cette hypertrophie inflammatoire présente une intensité particulière dans le voisinage des lésions chroniques des os ou des vaisseaux; elle atteint son plus haut degré autour des tumeurs blanches articulaires. On décrit ordinairement ces lésions sous le nom de phlegmon chroniqae; les anciens chirurgiens leur donnaient le nom très juste et très expressif de tissu lardacé d'inflammation chronique.
Ce tissu est constitué sur la coupe par un mélange de portions conjonctives denses, épaissies, nettement fibreuses, et de portions plus lâches, translucides, Œdémateuses, le tout infiltré par un liquide légèrement opalin. Les éléments constitutifs des tissus restent longtemps reconnaissables ; ils ne sont profondément modifiés que sur quelques points, au voisinage des îlots purulents ou tuberculeux disséminés dans la masse néoplasique et qui ont été souvent le point de départ de tout le processus.