‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 68 sur 182 · SYPHILIS OSSEUSE · texte numérisé non relu

SYPHILIS OSSEUSE

Les lésions rapportées par Ck>riiil et Ranvier à la première période de la carie ne sont autre chose que des lésions atrophiques au voisinage d'une articulation malade ; les lésions de la seconde période ne se distinguent en rien de celles qu'on attribue à la tuberculose osseuse.

Cette dernière réunit aujourd'hui toutes les formes d'ostéites qualifiées autrefois de caries, d'ostéites fongueuses ou scrofuleuses. Malgré cette unanimité des travaux récents, la question n'est pas aussi parfaitement tranchée qu'elle le parait; toutes ces formes sont certainement d'origine microbienne, mais l'unité étiologique ne nous parait rien moins qu'inébranlable.

IIL — Ostéites syphilitiques. — Les lésions tertiaires méritent seules une description spéciale. Elles se présentent tantôt sous la forme de gommes circon-scrites, tantôt sous celle de lésions diffuses auxquelles on a donné le nom d'ostéomyélite gommeuse.

Gommes circonscrites. — Elles se développent surtout au-dessous du périoste ; elles pénètrent dans le tissu osseux sous la forme d'un cône et déterminent sa raréfaction progressive. Après leur guérison on trouve à leur place une cieatrice fibreuse, étoilée, limitée par un tissu osseux éburné, et souvent entourée d'un bourrelet d'ostéophytes.

Ostéomyélite gommeuse. — C'est la forme la plus commune ; elle siège à la fois dans le périoste et dans le canal central. D'après Gangolphe, qui en a donné une excellente description et qui a mis en lumière des points nouveaux de son histoire (i), la lésion de la moelle du canal central est le fait prédominant. Pour lui, il n'est nullement démontré que le périoste puisse être intéressé, la moelle restant indemne, tandis que la propagation se fait facilement du canal médullaire aux espaces sous-périostiques.

(1) Lésions osseuses syphilitiques tertiaires. Lyon médical, 1884; Congrès de chirurgie, i885.

Quoi qu'il en soit, le pénoste épaissi, inégalement adhérent, est souvent séparé de l'os sous-jacent par une couche de substance gommeuse. Au début celle-ci est gélatineuse et rosée, plus tard elle devient opaque et jaunâtre. L'os est toujours hyper truphié, globuleux ou fusiforme, quelquefois doublé et triplé de volume. Les pertes de substance subies par l'os ancien sont compensées par des productions osseuses nouvelles, d'origine surtout périostique.

D'après Gangolphe il n'existe jamais d'abcès, ni d'oblitérations vasculaires, ni de séquestres concomitants. L'os, dépouillé de son périoste, présente des végétations ostéophy tiques, des dépressions, des porosités, des vermoulures, des sortes de vestibules dans lesquels viennent s'ouvrir une série de petits orifices. Sur une coupe divisant l'os suivant son grand axe, on voit que les galeries syphilomateuses suivent le trajet des canaux de Havers ; la diaphyse est parcourue par des tunnels et des boyaux qui mettent en communication les espaces sous-périostiques avec le canal médullaire généralement dilaté.

Le nombre et le calibre de ces galeries sont parfois assez considérables pour déterminer des fractures spontanées, La guérison s'opère par un processus de sclérose ostéo-fibreuse qui va souvent jusqu'à l'éburnation.

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