I. — Arthrites aiguës
I. — Formes séreuses. — L'existence d'un épanchement séreux ou séro-fibrineux dans la cavité articulaire est leur caractère essentiel. Le liquide épanché présente les caractères de la synovie, il tient en suspension quelques flocons muqueux, ou même fibrineux suivant les cas ; de plus on y trouve quelques cellules de formes diverses, pour la plupart infiltrées de granulations graisseuses ou présentant des noyaux vésiculeux. Ces cellules proviennent de la synoviale qui est le siège d'une injection vasculaire, surtout accusée au niveau des franges synoviales.
Les cartilages diarthi'odiaux prennent part à Finflammation ; tout d'abord leurs cellules augmentent de volume, les noyaux sont vésiculeux, les nucléoles se caractérisent, et les capsules prennent une forme globuleuse. Plus tard, la prolifération survient, les cellules néoformées s'entourent de capsules cartilagineuses secondaires. Ces phénomènes ne s'observent d'ordinaire que dans les couches superficielles du cartilage et sous forme d'îlots disséminés.
La prolifération des cellules s'accompagne du ramollissement et de la segmentation de la substance fondamentale. Tout d'abord le cartilage perd sa résistance propre et sa consistance élastique ; un peu plus tard il se segmente dans le sens du grand axe des capsules primitives. Les stries sont parallèles à la surface au niveau
des couches superficielles, perpendiculaires dans les couches profondes. Ces stries, ordinairement peu étendues et à peine indiquées, peuvent aboutir dans les cas extrêmes à de véritables incisures, capables de détacher des lambeaux de substance cartilagineuse. Plus rarement on observe des érosions qui résultent de la fonte rapide de la substance fondamentale.
Les formes séreuses relèvent de causes multiples, depuis le simple traumatisme jusqu'au rhumatisme polyarticulaire aigu; mais ici, comme dans la pli^art des autres formes d'arthrites, on n'a pas encore établi d'espèces anatomiques, en correspondance avec les maladies bien définies en clinique.
IL — Formes purulentes. — Elles se caractérisent par la présence de pus dans l'articulation. Celui-ci -se produit en grande abondance et avec une extrême rapidité. La distension des capsules articulaires est parfois telle que des luxations spontanées peuvent en être la conséquence. La synoviale et les ligaments sont le siège d'une congestion intense ; les tissus périarticulaires sont ordinairement très œdémateux.
I^e pus provient en majeure partie, dit-on, des leucocytes issus des vaisseaux par diapédèse, mais on accorde aussi aux tissus fibreux de l'articulation, et aux cartilages eux-mêmes, une part dans sa production. D'après Cornil et Ranvier les cellules cartilagineuses se multiplient activement; les capsules secondaires se dissolvent pour former de longs boyaux perpendiculaires ou obliques sur la surface articulaire; par eux les cellules proliférées se déversent dans l'articulation et deviennent des globules de pus. Dans quelques cas les cartilages diarthrodiaux sont ainsi presque complètement détruits ; il peut arriver que la couche calcifiée, en contact immédiat avec l'os sous-jacent, résiste seule à la destruction.
ARTHRITES CHRONIQUES. 301