II. — Pachyméningite interne. — Elle donne habituel
lement naissance aux épanchements hémorrhagiques connus sous le nom d'hématomes die la dure-mère.
Elle répond alors à la description que nous avons déjà donnée ailleurs de rinflammation hémorrhagique des séreuses et donne lieu aux mêmes difficultés d'interprétation.
Le «caillot inflammatoire qui occupe la cavité séreuse se détache facilement du feuillet viscéral de Farachnoïde, mais il adhère à la dure-mère. D'ordinaire cependant il cède en bloc à une traction suffisante; après son ablation , la face interne de la duremère est lisse et parait normale.
m. — PACHYMÉNUfGITB HYPERTROPHJQUE. — Cette
forme très rare ne s'observe guère qu'à la régimi cervicale de la moelle, où elle a été bien décrite par Gharcot et Jofîroy. Les méninges hypertrophiées constituent une masse fusiforme de tissu conjonctif dense et lamellaire ; celle-ci adhère aux ligaments vertébraux, peut atteindre plusieurs millimètres d'épaisseur et comprime puissamment la moelle sous-jacente. La lésion débute par la dure-mère, elle se propage ensuite à la pie-mére ; la ligne de démarcation, d'abord visible, s'efface peu à peu entre les deux méninges. Les racines sont profondément altérées par compression. La moelle devient adhérente aux méninges ; la compression l'aplatit ou la déforme ; ses couches superficielles peuvent être envahies à leur tour par la scléroSiC.
IV. — Plaques d'arachnitis. — L'arachnoïde viscérale présente assez fréquemment, surtout sous l'influence delà vieillesse, des épaississements fibreux, semblables aux plaques laiteuses du péricarde. Ils sont souvent surchargés de sels calcaires, mais rien ne prouve qu'ils puissent présenter une ossification vraie. On les rencontre surtout à la partie inférieure et postérieure de la moelle, au niveau de la queue de cheval ; ils ne déterminent le plus souvent aucun symptôme pendant la vie.
Les autres lésions de Tarachnoïde sont peu distinctes de celles des autres méninges ; celles du feuillet viscéral se confondent avec celles de la pie-mère ; celles du feuillet pariétal avec la pachyméningite interne.
V. — Leptoméningite inflammatoire simple. — On donne le nom de leptoméningites à toutes les inflammations de la pie-mère. L'épithète de forme inflammatoire simple s'applique à toutes celles qui ne sont ni suppuratives ni tuberculeuses.
Forme aiguë. — On l'observe surtout dans le rhumatUme cérébral ou dans Vinsolation. Elle s'accuse par une congestion vasculaire assez intense, à laquelle s'ajoute un exsndat séro-flbrinenx plus ou moins abondant, répandu dans les esjsaces sous-arachnoxdiens ; on aperçoit ce dernier par transparence à travers la pie-mère, surtout au niveau des sillons où il est plus abondant. Cet exsudât contient quelques éléments cellulaires et quelques globules blancs; ceux-ci sont parfois assez nombreux pour lui donner un aspect louche. Il se produit souvent en même temps dans la cavité arachnoïdienne elle-même un léger épanchement purement séreux. Les plexus choroïdes participent parfois à la congestion ; les ventricules contiennent alors une sérosité plus abondante qu'à l'état normal.
Quand la congestion est très accusée, des ruptures capillaires peuvent se produire; on observe alors soit de petits loyers hémorrhagiques punctiformes, soit de petites hémorrhagies étalées en nappe mince au-dessous de l'arachnoïde. Il est souvent fort difficile de distinguer à l'autopsie les méningites inflammatoires simples des méningites. suppurées ou tuberculeuses.
Forme chronique. — Elle est souvent le fait de Valcoolisme, La pie-mère est épaissie , elle présente un aspect louche, nacré; Varachnoïde également épaissie lui est intimement soudée ; la plaque formée par leur réunion se détache facilement d'une seule pièce.. Cette
variété de méningite chronique se présente d'ordinaire sous la forme de plaques plus ou moins circonscrites et occupe surtout la convexité des hémisphères; elle peut succéder aux méningites aiguës, mais elle en est habituellement indépendante et apparaît d'emblée, ou sous la forme subaiguê.
Sur les méninges médullaires l'inflammation chronique détermine la soudure des méninges à la moelle sous-jacente, la soudure des sillons antérieur et postérieur, et l'épaississement fibreux des tractus cloisonnants de cet organe.
VI. — Leptoméningite suppurée. — C'est la forme qu'on observe dans les cas de méningite cérébrospinale épldémlque. L'épanchement sous-arachnoïdien est plus abondant; il est séro-purulent, fluide ou épais suivant les cas. Il s'accumule surtout autour des vaisseaux et dans les sillons qui séparent les circonvolutions. La quantité de pus est parfois telle que celui-ci forme une couche continue, opaque et jaunâtre, sur toute l'étendue de l'axe cérébro-spinal.
Les lésions encéphaliques restent habituellement plus intenses que celles de la moelle ; elles occupent aussi bien la convexité que la base des hémisphères. La substance grise sous-jacente est congestionnée et piquetée de rouge ; les vaisseaux qui la pénètrent perpendiculairement sont dilatés, souvent entourés d'une couche purulente microscopique.
VII. — Leptoméningite tuberculeuse. — Elle occupe surtout la base du cerveau; elle débute et reste prédominante au niveau des scismres de Sylvius; de là elle se répand autour de l'hexagone de Villis, descend le long de l'artère basilaire, pour atteindre les pédoncules, la protubérance, le bulbe, et d'après Liouville, fréquemment aussi la moelle elle-même. Elle peut se propager le long du nerf optique et s'accompagne fréquemment de granulations de la choroïde,
La lésion consiste dans un exsudât fibrino-purulent
aona-araclinoldlen, qui se dispose en tnUnées le long des vaisseaux et qui contient dans son intérieur des granulations tuberculeuse»; celles-ci sont quelquefois caséeuses et typiques, plus rarement inllltrées en plaques jaunâtres, le plus souvent petites, grises et difficiles à reconn^tre. Il arrive souvent que ces granulations sont difficiles à constater; dans les cas douteux on cherchera a. les apercevoir par transparence, en agitant dans l'eau un lambeau de pie-mère, prélevé de préférence sur les faces de la scissure de Sylvius ; on ne devra conclure à leur absence qu'après les avoir recherchées à un faible grossissement sur la pie-mère étalée sur une lame de verre. Il est tout à
r)g. eo. - TubereuLe pérlutérisl dsnili nénlagile lubercoleuse. (d^nprès Corail el Rïmier],
fait exceptionnel de trouver un exsudât ou des fausses membranes sus-arachnoldiennes.
En dehors des granulations et de l'exsudat, la piemère épaissie est adhérente à la substance nerveuse.
Il est très rare de retrouver des granulations tuberculeuses dans la substance grise elle-même, à la sur-
face des hémisphères. D'après Raymond, le fait serait un peii plus fréquent dans la moelle au voisinage du canal central.
Les granulations tuberculeuses des méninges ne contiennent que très rarement des cellules géantes; elles présentent une prédilection remarquable pour les gaines Ijrmphatiques des petits vaisseaux, surtout au niveau de leurs bifurcations (flg. 60). Le vais* seau qui les supporte est souvent oblitéré par un petit caillot au point correspondant; quelquefois Vendarière est elle-même le siège de granulations tuberculeuses caractérisées. De là la possibilité de lésions correspondantes de la surface cérébrale, foyers de ramollùsèment nécrobtotique ou d'encéphalite superficielle,
La méningite tuberculeuse s'accompagne presque toujours d'une hypersécrétion assez considérable de liquide céphalo-rachidien ; cette lésion, plus facile & constater, avait été seule reconnue par les anciens auteurs et la maladie a été longtemps décrite comme une hydrocéphalie algue.
Vépendyme présente souvent dans toute son étendue de la congestion avec une coloration rosée, et quelquefois aussi, des granulations comparables à celles des méninges. Nous avons observé un cas dans lequel Thydrocéphalie aiguë et les granulations de Tépendyme constituaient les seules lésions observées.
VIII. — MÉNiNGO-ENCÉPH ALITE DIFFUSE. — Elle forme la lésion essentielle de là paralysie générale des aliénés.
La pie-mère est le siège principal de Tinflammation chronique ; celle-ci détermine tout à la fois Tépaississement de cette membrane et des altérations profondes des vaisseaux qui en émanent, sous la forme d'endartérites et de périartérites concomitantes.
Les vaisseaux adhèrent à la substance cérébrale, dans laquelle ils pénètrent ; en détachant les méninges on arrache avec elles des fragments de substance
nervease. Les parois des vaisseaux intéressés subissent parfois, d'après Magnan, une sorte de dégénérescence colloïde. Les gaines périvascuiaires contiennent des grains pigmentaires d'origine sanguine qui trahissent les eongestions répétées dont elles sont le siège.
La couche corticale des circonvolutions s'altère secondairement; la névroglie s'épaissit et prolifère en même temps que les cellules nerveuses dégénèrent et subissent une atrophie granuleuse ou pigmentaire. Ces altérations se limitent d'ailleurs à la substance grise ; celle-ci peut être facilement détachée par le raclage et laisse alors apercevoir la substance blanche intacte au-dessous d'elle.
Les lésions peuvent se montrer sur toute l'étendue de Taxe cérébro-spinal, mais elles sont habituellement beaucoup plus marquées sur Yencéphale que sur la moelle. Elle peuvent aussi s'étendre à toute la surface de l'épendyme.