NERFS PÉRIPHÉRIQUES
La névrite parenchy mate use proprement dite est «ne lésion dégénérative, en quelque mesure comparable à la dégénérescence de Zenker des muscles striés. Comme elle, elle porte principalement son action sur les substances accessoires intracellulaires.
Un l'observe dans quelques intoxications comme le saturnisme, et surtout dans les maladies infectieuses les plus diverses, dans le typbus, dans la variole, dans la diphtérie, etc. Elle consiste essentiellement dans la fragmentation et la disparition de la gaine de myéline.
Celle-ci se coagule; elle devient trouble et opaque, puis elle se fragmente en gouttes et en gouttelettes que l'acide osmique colore en noir; on trouve aussi des granulations atbuminotftes plus fines que l'osmium ne colore pas. La myélineainsi fragmentée
disparaît peu à peu par [ °
résorption ; d'après quel- '
ques auteurs une partie seraitabsorbée et emportée h distance par les leucocytes migrateurs „. ,. „. .,
. . ■' , . . ? , Fi(-.67. — XonlepsienchvmQleuse.
qui viendraient S en charger au travers de la gaine p. p*rin6ire ; i, cioisom ini^ide Schwann. |"itTd"°trb^Xr«'«'i!tr(.phié!
Les auteurs ne sont eidtimiii, pas d'accord sur le sort
du oylindre d'axe; pour les uns il reste intact, pour les autres il se fragmente et se détruit comme la myéline, tout en résistant plus longtemps que cette dernière. La gaine de Schwann ne se détruit pas.
La lésion ne frappe pas également toutes les fibres d'un même tronc nerveus; sur les coupes transversales, les tubes altérés sont répartis par petits groupes «ntre les tubes restés sains [flg. 67). Les premiers
rappellent ati premier abord Taspect des tubes fins normaux; mais ils en diffèrent par ce fait qu'ils ne sont plus constitués que par une gaine d'enveloppe et un cylindre d'axe. Dans leur ensemble les faisceaux sont moins volumineux qu'à l'état normal; en les dissociant, on isole un certain nombre de tubes dans lesquels on peut encore constater les premiers stades de la segmentation de la myéline.
IIL — DÉGÉNÉRESCENCES WALLÉRIENNES. — On désigne sous ce nom les lésions qui surviennent dans les cordons nerveux séparés de leurs centres trophiques, telles qu'on les trouve dans les sections expérimentales. Elles présentent une certaine similitude avec la dégénérescence que nous venons de décrire. Elles sont comme cette dernière essentiellement parenchymateuses, mais il résulte des recherches de Ranvier qu'il ne s'agit pas alors d'un processus purement passif, et que les lésions observées sont la conséquence d'un travail actif du protoplasma des segments interannulaires.
liésions du bout périphérique. — Dès les premiers jours qui suivent la section du nerf, la gaine de myéline du segment périphérique tout entier perd sa transparence, elle devient trouble. Dès la fin du troisième jour, la gaine de Sch^wann présente des sillons profonds qui correspondent à la segmentation commençante de la myéline. Au bout de quelques jours celle-ci est réduite en gouttelettes et en granulations, dont la disparition se poursuit pendant des semaines et des mois. Les cylindres d'axe sont de bonne heure difficiles à reconnaître; plus tard ils se segmentent en fragments plus ou moins éloignés les uns des autres, repliés ou contournés; chacun d'eux reste longtemps entouré d'une petite couche de myéline (Cornil et Ranvier) ; enfin des vacuoles apparaissent dans leur intérieur, et ils finissent par s'émietter définitivement.
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Ces phénomènes de disparition de la myéline et du cylindre d*axe sont eux-mêmes sous ]a dépendance de rh3rpertrophie suivie de prolifération active, des ce/lules deà êeçments inter annulaires. Ce sont les cellules embryonnaires nées de cette origine qui remplissent la gaine de Schwann, qui attaquent et divisent le cylindre d*axe et la gaine médullaire. Cornii et Ranvier admettent aussi que des cellules migratrices pénètrent dans rintérieur des tubes nerveux, qu*elles contribuent à attaquer la myéline et à la transfonner rapidement en granulations fines. Il y a tout lieu de penser que, là comme dans la plupart des phénomènes analogues, on a trop souvent rapporté aux « cellules lymphatiques » ce qui revient simplement aux cellules embryonnaires spécifiques du tissu fondamental.
lièsions dtt bout central. — Tous ces phénomènes s'accomplissent dans toute l'étendue du bout périphérique du nerf sectionné ; dans le bout central elles s'arrêtent au premier étranglement interannulaire de Ranvier, quelquefois seulement au plus voisin, mais il est exceptionnel qu'elles le dépassent.
Il résulte cependant des recherches de FriedlSnder et de Krause que les fibres sensitives du bout central peuvent à la longue, avec les mois et les années, s'atrophier et perdre leur gaine de myéline jusqu'à la hauteur des ganglions spinaux.
IV. — RÉGÉNÉRATION DES NERFS. — Commo ks fibres musculaires les nerfs dégénérés peuvent se reconstituer. D*après quelques auteurs les nerfs périphériques présentent, même à l'état normal, des fibres en voie d'atrophie ou de régénération qui sont souvent confondues avec du tissu conjonctif ou des fibres deRemack.
Le processus de régénération peut survenir sur les nerfs qui ont été atteints de névrite parenchymateuse; il atteint un degré élevé d'intensité et de puissance dans les nerfs sectionnés, c'est là surtout qu'il a été bien étudié.
Quelques jours après la section, le travail de régénération commence dans Textrémité du bout aeniital du nerf sectionné ; on ne Tobserve que sur une faible étendue, très limitée pour Ranvi^, atteignant pour d'autres un et demi à deux centimètres.
Tout d'abord les cylindres d'axe se tuméfient, ils paraissent composés de fibrilles élémentaires; bientôt la division se complète. De deux, à quatre cylindres nouveaux, et quelquefois davantage, naissent ainsi d'un cylindre ancien et remplissent la gaine de Schwann; ils arrivent même à la rompre, et à se répandre dans le tissu connectif ambiant.
Les fibres nerveuses néoformées ne sont encore constituées que par un cylindre d'axe, revêtu d'une enveloppe protoplasmique munie de noyaux, et provenant de la multiplication des corpuscules nerveux intra-sarcolemmiques. Un peu plus tard une gaine de Schwann se différencie et une gaine myélini' que mince s'interpose entre elle et le cylindre d'axe.
A ce moment la fibre nerveuse est complètement formée, mais elle est grêle et ses segments interannulaires sont très courts. Les fibres de nouvelle formation sont entremêlées avec les fibres anciennes ; leur groupement régulier se complète au fur et à mesure que la régénération s'achève.
En même temps l'extrémité nerveuse, dans laquelle se passent ces phénomènes de régénération, bourgeonne et s'allonge sous la forme d'une masse molle, blanchâtre, qui traverse le tissu cicatriciel. Elle n'arrive guère au contact du bout périphérique qu'au bout d'un mois environ; c'est alors seulement que commence à se dérouler dans le bout périphérique un processus analogue. Les libres nerveuses régénérées du bout central se juxtaposent bout à bout avec les tubes nerveux atrophiés du bout périphérique, de telle sorte que leurs cylindres d'axe pénètrent dans les gaines sarcolemmiques vidées et apportent là l'ex-
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citation trophique, nécessaire à la reconstitution du nerf. Ce travail se poursuit pendant des semaines et des mois ; cependant la régénération peut être complète au bout de trois mois.
La régénération peut survenir encore quand une suture tardive réunit deux fragments restés séparés pendant des mois et des années.
Quand le bourgeon du bout central ne peut pas arriver à prendre contact avec le bout périphérique, les ûbres néoformées qu'il contient se perdent dans le tissa de cicatrice ; mais, par le fait du processus intense de régénération dont elle est le siège, rextrémité du nerf se gonfle et se tuméfie. Quand ce développement hypertrophique est très accusé, comme il arrive sur les nerfs des moignons d'amputation des membres, on en fait un névrome. Dans certaines circonstances, après des lésions traumatiques des nerfs, des nodules hypertrophiques similaires peuvent se produire dans la continuité même des troncs nerveux.
Tl^ëories diverses. — Les auteurs ne sont pas d'accord pour expliquer les détails de cette régénération.
Nous ne citons que pour mémoire Topinion de ceux qui «e contentent d'attribuer au tissu conjonctif ou aux globules blancs la possibilité de reconstituer les libres ner- Teuses.
La plupart des auteurs admettent que les fibres neryeuses nouvelles proviennent uniquement de la division des fibres anciennes du bout central; de là elles s'étendent progressivement dans le bout dégénéré, soit en pénétrant dans l'intérieur des tubes anciens, soit en s'iusinuant entre eux. Par contre les extrémités arborisées des plaques motrices se régénéreraient sur place.
D'autres, tout en laissant le rôle essentiel à la division des cylindres d'axe du bout central, accordent aux corpuscules nerveux intra-sarcolemmiques une part dans le processus ; ils leur attribuent la reconstitution de la gaine de Schwann, des corpuscules nerveux et de l'en-
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Teloppe myéliniqwe. ; ]e cytindre d'axe seul proviendrait par botdrgecmHemexit des parties supérieures.
Pour Cattani la mas&e protoplasmique qui produit la myéline peut aussi bien donner naissance au cylindre d'axe^
Enfin un certain nombre d'auteurs admettent, comme nous Tavons vu, que le cylindre d'axe persiste dans les fibres dégénérées ; ils n'ont pas besoin dès lors d'expliquer sa reconstitution. Les uns se contentent d'invoquer la soudure directe des cylindres d'axe correspondants du bout centttil et du bout périphérique ; les autres admettent aussi une division longitudinale des cylindres d^axe conservés, aussi bien dans le bout périphérique que dans le bout central.
Les auteurs qui partagent cette manière de voir admettent qu'il peut y avoir une sorte de réunion par première intention entre les cylindres d'axe d'un nerf sectionné, quand les deux fragments restent en contact immédiat. La plupart des auteurs admettent au contraire que la dégénération est toujours inévitable; le retour immédiat de la sensibilité s'expliquant par les suppléances nerveuses, assurées par les branches récurrentes et mises en lumière par les expériences d'Arloing et de Léon Tripier. La régénération serait seulement un peu plus rapide en pareil cas, parce que l'extrémité bourgeonnante du bout central n'a pas à traverser de tissu de cicatrice pour arriver au contact du bout périphérique.