CHAPITRE IV Bndocarde
L*eudocarde est de toutes les parties constituantes du cœur celle dont les lésions sont les plus fréquentes et les plus Importantes. Son analogie avec l'endartère fait qu'il présente les mêmes lisions de nutrition que cette denûèrei mais de plus l'endocarde est fréquemment le siège d'mfiammations microbiennes qui présentent ici une importance toute spéciale.
D'une manière générale, toutes les lésions de l'endocarde peuvent être observées sur tous les points de sa surface, mais elles affectent une préférence marquée pour les wtlvules et pour le cœur gauche.
Chez le fœtus seul, l'endocardite prédomine dans les cavités droites. Plus tard, les cavités droites sont le plus souvent respectées^ et quand elles sont intéressées par la maladie, elles le sont presque toujours à un degré beaucoup . moindre que les cavités gauches.
Au moment de l'autopsie l'endocarde présente dans certains cas une rougeur livide, diffuse, qui résulte simplement de son imbibition cadavérique par un sang diffluent et qui ne doit pas être prise pour une lésion pathologique.
Caillots iatracardiaques. — Les cavités cardiaques contiennent habituellement du sang après la mort ; ce sang est toujours coagulé, mais l'aspect et les caractères des caillots varient suivant les cas.
Caillots passifs, — On réunit sous ce nom les divers caillots qui se forment après la mort. Ordinairement à l'autopsie le cœur gauche est à peu près vide de sang, tandis que le cœur droit contient des caillots noirâtres, mous, qui tombent d'eux-mêmes au moment de l'ouverture de l'organe. Ces caillots sont parfois enchevêtrés dans les colonnes 4;haTiiue«j on ne peut s'en débarrasser que par le lavage,
mais il est facile de constater qulls ne présentent nulle part d'adhérences à la paroi. Quand la mort est survenue par asphyxie, le cœur gauche contient des caillots analogues à ceux du cœur droit.
Assez souvent on rencontre des caillots plus résistants, cruoHqueSy blanchâtres, décolorés, présentant parfois l'empreinte des bords valvulaires. Ces caillots considérés autrefois comme agoniques, sont dus à la coagulation lente du sang après la mort ; la lenteur avec laquelle ce phénomène s'opère permet aux hématies de se déposer et de gagner les couches profondes; de là Vaspect décoloré des parties supérieures des caillots.
Caillots actifs. — On réserve ce nom aux caillots qui se forment pendant la vie, et qui sont les seuls importants à constater. Dans le cœur, comme dans les vaisseaux, la thrombose est le fait tantôt de la stase circulatoire, tantôt d'altérations plus ou moins profondes des parois vasculaires qui sont souvent de simples érosions.
C'est surtout dans les auricules que se trouvent les caillots actifs nés de la stase simple ; de là le précepte de les retourner complètement couime un doigt de gant, avant d'affirmer l'absence de caillots actifs dans les cavités cardiaques.
Toutes les érosions de Tendocarde peuvent devenir ïe point de départ de coagulations fibrineuses ; le volume de ces dernières varie depuis la couche mince qui recouvre la superficie des végétations endocardiques, jusqu'aux caillots volumineux plus ou moins pédicules, désignés sous le nom de polypes du cœur.
Les caillots actifs sont blancs ou jaunâtres, toujours assez adhérents à la paroi; ils sont pauvres en globules rouges et constitués surtout par des lamelles de fibrine granuleuse. Quand ils sont volumineux et assez anciens, leur centre est d'ordinaire ramolli, et contient un liquide puriforme, riche en leucocytes.
I. — Traumatismbs. — Les chocs violents sur le thorax, par le contre-coup sanguin qu'ils déterminent,
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peuvent entraîner la déchirure tranmatiqae des Tralvoles sigmoldes de Taorte, parfois môme Tarra- <chement des cordages tendineux de lamitrale. Ou né confondra pas ces lésions avec Tétat perforé que nous avons vu exister parfois à Tétat normal sur les -valvules sigmoîdes.
IL — Dégénérescences. — Les dégénérescences grals- 43euse, muqueuse, hyaline et même amyloXde, peuvent se rencontrer à Tétat de plaques limitées sur •certains points de Tendocarde, mais la dégénérescence ^théromateuse, la surcharge calcaire et la sclérose âont les seules lésions de ce genre qui soient fréquenttes et dignes d'attention.
L'athërome présente les mêmes caractères que sur les vaisseaux; mais il affecte des sièges de prédilection. Le dépôt atliéromateux se fait presque toujours sur les valvules sigmoides de Taorte ; il occupe de préférence leur face supérieure et le fond du nid valvulaire; il forme là des îlots plus ou moins saillants et irréguliers, rarement il donne lieu à des perforations.
De là Tathérome gagne la valvule mitralCy qu'il atteint par sa valve antérieure; ses localisations y sont des plus irrégulières, souvent compliquées d'épaississements scléreux secondaires, qui ne permettent pas toujours un départ précis entre ce qui ressortit à l'athérome et ce qui pourrait appartenir à la sclérose simple ou à Tendocardite.
La surcharge calcaire est fréquente comme transformation secondaire et partielle de Tathérome ; quelquefois aussi elle existe pour son propre compte, infiltrant alors le plus souvent les anneaux fibreux des orifices, plus encore que Tendocarde lui-même. Elle occupe surtout la région centrale de la base des ventri- 'Cuies, et forme là ces concrétions pierreuses auxquelles les anciens donnaient parfois le nom d'os du cœur,
La sclérose consiste dans Tépaississement et la rétraction des membranes valvulaires elles-mêmes,
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qui sont alors atteintes dans toate leur étendue. Souvent aussi elle s'accuse à la surface de Fendocarde des ventricules ou des oreillettes, par des plaques opaques, blanchâtres, à peine saillantes, absolument analogues aux plaques laiteuses du péricarde.
La transformation scléreuse, lente et graduelle, des couches endocardiques et des valvules peut coïncider avec une sclérose interstitielle du myocarde^ et se produire sans aucun mélange inflammatoire proprement dit. Le plus souvent elle accompagne les diverses lésions de l'endocardite chronique que nous décrirons plus loin, et la limite est souvent difficile à préciser entre ces deux ordres d'affections.