‹ Précis d'anatomie topographique avec applications médico-chirurgicalesChapitre 16 sur 78 · RÉGION DE LA FOSSE ZYGOMATIQUE · texte numérisé non relu

RÉGION DE LA FOSSE ZYGOMATIQUE

La région de la fosse zygomatique ou région zj'gomatique occupe les parties latérales de la face.

1° Limites. — Elle a pour limites : 1° en haut, l'arcade zygomatique et la portion de la grande aile du sphénoïde qui se trouve en dehors du point d'implantation de la ptérygoïde ; 2° en bas, un plan horizontal passant au-dessous de la branche du maxillaire inférieur ; 3° en dehors, la face interne de cette même branche ; 4° en dedans, l'apophyse ptérygoïde et le pharynx ; 5" en avant, la tubérosité maxillaire ; 6" en arrière, la face antérieure de la parotide.

2" Forme et exploration. — La fosse zygomatique est fort irrégulière. Pour la commodité de la description, on la compare ordinairement à une pyramide quadrangulaire (voy. plus bas). Elle est très difficile à explorer.

3'^ Parois. — Comme toute pyramide quadrangulaire, Hi

région zygomatique nous présente : 1° quatre parois (externe, interne, antérieure, postérieure) ; 2° une base ; 3° un sommet.

a. Paroi externe. — Elle est formée successivement par la face interne de la branche du maxillaire, par l'apophyse coro noïde et par la face correspondante de l'os malaire.

b. Paroi interjie. — Elle s'étend depuis la tubérosité du maxillaire jusqu'à la partie la plus interne de la parotide. Elle est formée successivement, en allant d'avant en arrière : l^par l'entrée de la fosse ptérygo- maxillaire ; 2^ par l'apophyse ptérygoïde ; 3» par la fosse ptérygoïde ; 4^ par la portion latérale dn pharynx naso-buccal dans sa moitié supérieure, par le ptérygoidien interne dans sa moitié inférieure.

c. Paroi antérieurs. — Elle est formée : 1° en haut, par la tubérosité du maxillaire supérieur ; 2° en bas, entre les deux maxillaires, par l'origine du muscle buccinateur et par l'origine du constricteur supérieur du pharynx.

d. Paroi postérieure. — Elle est constituée par la région parotidienne et son contenu (voy. Région parotidienne) et, tout en haut, par l'apophyse styloïde.

e. Base. — La base ou paroi supérieure est incomplète ; formée en dedans par une partie de la base du crâne (4 à 5 millimètres d'épaisseur en moyenne), elle est représentée en dehors par un large hiatus qui fait commLmiquer la région zygomatique avec la fosse temporale. A noter que ces deux parties de la base, partie interne et partie externe, sont séparées l'une de l'autre par la crête sphéno-temporale. ■

f. Sommet. — Il répond à l'angle de la mâchoire ou, plus exactement, aux faisceaux du muscle ptérygoïdien interne qui s'insèrent sur cet angle.

4« Contenu. — La fosse zygomatique renferme : !« les muscles ptérygoidiens ; 2" des vaisseaux sanguins ; 3° le nerj maxillaire supérieur ; 4» du tissu cellulaire et des lymphatiques.

A. Muscles ptérygoidiens. — Au nombre de deux, ils se distinguent en externe et interne. — Le ptérygoidien externe est un muscle triangulaire. Par sa base, il prend naissance à la base du crâne par deux faisceaux : un faisceau supérieur ou sphénoïdal

(il s'insère sur cette partie de la grande aile du sphénoïde qui forme le plafond de la fosse zygomatique) ; un faisceau inférieur ou ptérygoïdien (il s'attache sur la face externe de l'apophyse ptérygoïde). Ces deux faisceaux se portent vers le côté interne de l'articulation temporo- maxillaire et, après s'être plus ou moins fusionnés, se fixent à la fois sur le col du condyle et sur le ménisque interarticulaire. — Le ptérygoïdien interne, situé en dedans du précédent, plus volumineux que lui, de forme quadrilatère, s'étend "obliquement de la fosse ptérygoïde à la partie interne de la branche du maxillaire inférieur.

B. Vaisseatjx sangfins. — Ils sont représentés par Vartlre maxillaire interne et par les grosses veines qui l'accompagnent.

a. Artère maxillaire interne. — L'artère maxillaire interne, l'une des deux branches terminales de la carotide externe, naît dans la région parotidienne au niveau du col du condyle. Se portant immédiatement en avant et en dedans, elle cravate ce col (sa lésion possible dans la résection du condyle), contourne ensuite le bord inférieur du ptérygoïdien externe, gagne la face externe de ce muscle et se place entre lui et le temporal. Plus rarement, elle chemine entre les deux muscles ptérygoïdiens, pour passer ensuite entre les deux faisceaux du ptérygoïdien externe. Finalement, elle gagne la fosse ptérygo-maxillaire, où elle se termine en fournissant la sphéno-palatine {branche terminale). Mais déjà, au cours de son trajet, elle a donné quatorze collatérales que l'on distingue en : !« ascendantes (tympanique, méningée moyenne, petijte méningée, temporale profonde antérieure et temporale profonde moyenne) ; 2° descendantes (dentaire inférieure, massetérine, buccale, ptérygoïdienne, palatine supérieure) ; 30 antérieures (alvéolaire et sous-orbitaire) ; 4° postérieures (vidienne et ptérygo-palatine).

b. Veines. — Les veines qui accompagnent les branches de la maxillaire interne, se réunissent en deux plexus : 1° le plexus alvéolaire, qui, par la veine alvéolaire, aboutit à la faciale ; 2° le plexus ptérygoïdien, d'où part la veine maxillaire interne, laquelle forme l'une des origines de la jugulaire externe. A noter que les plexus veineux de la fosse zygomatique sont en relation, par les veines méningées, avec les sinus crâniens.

C. Nerf maxillaire inférieur. — Troisième branche du trijumeau. Nerf mixte, à la fois moteur et sensitif. Siège de névralgies fréquentes {tic douloureux de la face), nécessitant souvent la résection des branches et du tronc nerveux lui-même.

a. Rapports. — Le tronc nerveux, fort court, nous offre à envisager, au point de vue de ses rapports : 1° un segment intracranien (quelques millimètres seulement), qui s'étend du ganglion de Gasser au trou ovale et qui est accompagné de veines plexiformes et de l'artère petite méningée ; il n'est accessible que par la trépanation du plafond de la fosse zygomatique ; 2° un segment extra-cranien (quelques millimètres également), qui est entouré par les vaisseaux de la région et qui répond au ptérygoïdien externe en dehors, à la trompe d'Eustache en dedans,

b. Branches. — Au nombre de sept. — Trois sont externes : nerf temporal profond moyen, massétérin, buccal, ce dernier descendant dans la région génienne et affectant avec la cavité buccale des rapports qui permettent de l'atteindre par cette cavité. — Les quatre autres sont : l'un interne (nerf ptérygoïdien interne) ; l'autre postérieur (auriculo- temporal) ; les deux derniers inférieurs (lingual et dentaire inférieur). Ces deux derniers nerfs, relativement très volumineux, paraissent continuer la direction et le trajet du nerf maxillaire inférieur ; ils sont accessibles par la cavité buccale.

c. Ganglion otique et ganglion de Gasser. — Le ganglion otique est situé immédiatement au-dessous du trou ovale, au côté interne du nerf maxillaire inférieur. Ses racines proviennent des deux nerfs petits pétreux, superficiel et profond. Il innervée les péristaphylins, le ptérygoïdien interne, le muscle du marteau et la muqueuse de la caisse du tympan. — Le ganglion de Gasser est intracranien et, par suite, ne se trouve pas situé dans la région ; mais il appartient au trijumeau et, d'autre part, on l'aborde en chirurgie opératoire par la région de la fosse zygomatique. Il a la forme d'un haricot et se trouve logé sur la partie la plus interne de la face antérieure du rocher, dans une loge fibreuse {loge ou cavum de Mec el) résultant du dédoublement de la dure-mère ; il adhère aux parois de sa loge, surtout en haut et en dedans, où il répond au sinus caverneux et à la

carotide interne (lésion possible de ces vaisseaux dans la résection du ganglion, opération que l'on pratique dans le cas de névralgie rebelle du trijumeau).

D. Tissi: CELLULAIRE, LYMPHATIQUES. — Une graissc fluide, jaune, se continuant avec celle des régions ptérygo- maxillaire, génienne et temporale (voies de communication pour les abcès, les tumeurs) remplit la loge zygomatique, Les lymphatiques qui y cheminent aboutissent aux ganglions carotidiens supérieurs.

S^' Voies d'accès. — Au nombre de trois, voie transmaxillaire, voie zygomatique, voie buccale.

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