RÉGION DE LA NUQUE
Impaire et médiane, elle comprend toutes les parties molles qui se disposent en arrière de la colonne cervicale.
1» Limites. — Elle a pour limites : 1° en haut, la protubérance occipitale externe et, en dehors d'elle, la ligne courbe occipitale supérieure ; 2° en bas, une ligne horizontale, qui, partant de l'apophyse épineuse de la septième dorsale, aboutirait à l'acromion et, de là, au tiers externe de la clavicule ; 3° sur les côtés, le bord antérieur du trapèze.
2» Forme extérieure et exploration. — La région de la nuque, vue de face, a la forme d'un quadrilatère rétréci à sa. partie moyenne et déprimé à sa partie supérieure [fossette de la nuque : elle disparaît dans le cas de mal de Pott sous-occi-
pital). La palpation permet de reconnaître la ligne courbe occipitale supérieure, l'inion, les apophyses épineuses des vertèbres cervicales (p. 152).
3" Plans superficiels. — Au nombre de deux : la peau et le tissu cellulaire sous-cutané.
a. Peau. — En haut, elle présente tous les caractères du cuir chevelu ; en bas, elle est plus mince et plus mobile. Riche en glandes sébacées (fréquence des furoncles et des anthrax).
b. Tissu cellulaire sous-cutané. — Très dense, très serré, aréolaire à la partie supérieure de la région (comme au niveau du cuir chevelu) ; il se dispose en bas en un véritable facia superficialis. La graisse s'y accumule avec une sorte de prédilection (lipomes).
4« Aponévrose superficielle. — Elle recouvre le trapèze dans toute son étendue : c'est Vaponévrose du trapèze. Elle se continue, sur les côtés de la région, avec l'aponévrose cervicale superficielle ; sur la ligne médiane, elle se fixe aux apophyses épineuses. Au-dessous d'elle et sur la ligne médiane, se dispose le ligament cervical postérieur, allant de l'occipital (protubérance occipitale et crête occipitale) aux apophyses épineuse des vertèbres cervicales.
5° Plans profonds ou musculaires. — Muscles fort nombreux, se disposant en quatre plans distincts :
a) Le premier plan est occupé par le trapèze : charnu dans sa partie externe ; aponévrotique dans sa partie interne. Ses fibres, partant de l'occipital et des apophyses épineuses cervicales, se portent toutes vers l'épaule. Mince feuillet celluleux sur sa face profonde.
P) Le deuxième plan comprend quatre muscles. — Le splénius, muscle large et mince, occupant toute la hauteur de la région. Parti des 4>ophyses épineuses, il se porte en haut et se divise en deux portions ; l'une pour l'apophyse mastoïde {splénius de la tête) ; l'autre pour les apophyses transverses de l'atlas et de l'axis {splénius du cou). A noter que les deux splénius sont séparés en haut par un petit triangle médian à base supérieure, dans l'aire duquel apparaissent les grands complexus. — Vangulaire
de Vomoplate, situé en dehors du splénius, va de l'angle de l'omoplate à l'apophyse transverse de l'atlas et aux apophyses transverses (tubercules postérieurs) des trois ou quatre vertèbres suivantes. — Le rhomboïde n'appartient à la région de la nuque que par sa partie toute supérieure {petit rhomboïde). — Le petit dentelé postérieur et supérieur se trouve situé au-dessous du rhomboïde, qu'il déborde en haut cependant de 1 à 2 centimètres. Charnu en dehors, aponévrotique en dedans, il va des côtes supérieures à la partie inférieure du ligament cervical.
y) Le troisième plan comprend trois muscles longitudinaux, qui sont, en allant de dedans en dehors : 1° le grand complexus ; 2° le petit complexus ; 3° le transversaire du cou. Ces trois muscles, partis des apophyses transverses des vertèbres cervicales et dorsales, viennent se terminer : les deux premiers, sur l'occipital (entre les deux lignes courbes) et à l'apophyse mastoïde ; le dernier, aux apophyses transverses des cinq dernières cervicales.
S) Le quatrième plan nous présente : 1» les droits et les obliques occupant la partie toute supérieure de la région ; à noter qu'ils circonscrivent entre eux un triangle rempli de graisse, dans l'aire duquel se trouvent la branche postérieure du premier nerf cervical et l'artère vertébrale ; 2° le transt^ersaire épineux, situé dans le fond des gouttières vertébrales ; 3° les interépineux du cou, petits muscles disposés par paires entre les apophyses épineuses ; 4° les intertransversaires postérieures, situés entre les apophyse transverses.
Tous les muscles précités sont recouverts par de simples toiles celluleuses, méritant assez mal le nom d'aponévroses. Physiologiquement ils sont extenseurs et rotateurs de la tête et de la colonne cervicale (rupture des muscles de la nuque ; leur contracture constitue le torticolis postérieur).
6° Plan squelettique. — Il est constitué par l'écaillé de l'occipital et par le plan dorsal de la colonne cervicale :
a. Écaille occipitale. — Elle nous présente la protubérance occipitale externe, les deux lignes courbes occipitales, la partie postérieure du trou occipital et les deux condyles occipitaux, articulés, comme on le sait, avec les cavités glénoïdes de l'atlas.
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b. Colonne cervicale. — Elle nous présente successivement l'atlas, l'axis et les cinq dernières cervicales. — Vatlas, demianneau osseux (arc postérieur), est séparé de l'occipital par un espace relativement large, que comble la membrane occipitoatloïdienne postérieure. A noter que, par là, un instrument piquant peut atteindre le bulbe et déterminer la mort immédiate. — Uaxis se caractérise par son apophyse odontoïde, laquelle s'articule à la fois avec l'arc antérieur de l'atlas et le rebord antérieur du trou occipital (mal de Pott sous-occipital pouvant entraîner le déplacement en avant de l'atlas et de la tête et, par suite, la mort subite). — Les cinq dernières cervicales sont unies entre elles, à -leur partie postérieure, par de nombreux ligaments, dont les plus importants sont les ligaments jaunes (allant d'une lame à l'autre).
Le plan dorsal de la colonne cervicale recouvre le bulbe, la moelle cervicale et la plus grande partie de la moelle brachiale (lésion possible de l'axe médullaire dans le cas de fracture ou de luxation de la colonne cervicale ; symptômes variables suivant la hauteur de la lésion).
7° Vaisseaux et nerfs. — Les artères provienne'nt de sources multiples : 1» de V occipitale, branche de la carotide externe : elle entre dans la région au niveau du bord postérieur de la mastoïde (très profonde à ce niveau), se porte en arrière et en dedans entre le grand complexus et le splénius, se dégage de ce muscle au niveau de son bord interne et, perforant l'aponévrose, devient alors superficielle ; 2° de la cervicale profonde, branche de la sous-clavière ; elle chemine de bas en haut entre le grand complexus et le transversaire épineux ; 3° de la scapulaire postérieure, autre branche de la sous-clavière ; elle fournit des rameaux au trapèze et à l'angulaire ; 4° de la vertébrale, autre branche de la sous-clavière ; elle envoie à la région ses rameaux dits postérieurs — Les veines aboutissent aux veines occipitales, à la veine vertébrale, à la jugulaire postérieure. Cette dernière descend dans les gouttières vertébrales entre le grand complexus et le transversaire épineux, atteint la partie inférieure de la région et, passant alors entre la première côte et l'apophyse transverse de
la septième cervicale, vient s'ouvrir dans le tronc veineux bracîiio-céphalique. — Les lymphatiques eiboutissent, en partie (les superficiels) aux ganglions de l'aisselle, en partie (les profonds) aux ganglions cervicaux. A noter, immédiatement au-dessous de la ligne courbe occipitale supérieure un ou deux ganglions dits sous-occipitaux ; ils sont souvent pris à la suite des lésions du cuir chevelu, dans la période secondaire de la syphilis (c'est là qu'on doit tâter le pouls à la vérole, Ricord). — Les nerfs sont représentés par les branches postérieures des huit nerfs cervicaux. Ils se distribuent à la fois aux muscles {rameaux moteurs) et aux téguments [rameaux sensitifs). A noter : 1° que la première, exclusivement motrice, se distribue aux muscles droits et obliques ; 20 que la seconde, très volumineuse {grand nerf sous-occipital d' Arnold), après avoir perforé successivement le grand complexus (c'est là qu'est le point occipital dans les névralgies occipitales), le splénius et le trapèze, s'épanouit dans la région occipito-frontale (résection des branches occipitales dans le torticolis spasmodique).
Située au-dessous de la précédente, elle répond à la paroi postérieure du thorax ; elle comprend toutes les parties molles qui se trouvent en arrière de la colonne dorsale.
1° Limites. — De forme quadrilatère, elle a pour limites superficielles : 1° en haut, une ligne horizontale passant par le sommet de la septième cervicale ; 2° en bas, une ligne obhque en bas et en dehors, longeant le bord inférieur de la douzième côte ; 3° sur les côtés, l'angle des côtes ou bien le bord externe des muscles spinaux. En profondeur, elle s'étend jusqu'aux vertèbres et aux côtes.
2o Forme extérieure et exploration. — La région dorsale décrit une légère courbure à convexité postérieure. Elle nous présente sur la ligne médiane un êillon vertical (déformation dans les cas de fracture ou de déviation de la colonne vertébrale)
où l'on reconnaît aisément, à la palpation, les apophyses épineuses des diverses vertèbres dorsales. \
3° Plans superficiels. — Ils comprennent, comme dans la
région précédente, la peau et le tissu cellulaire sous-cutané : a. Peau. — Épaisse, mobile sur les côtés, fixe au contraire sur
la ligne médiane (siège fréquent d'acné et de kystes sébacés), h. Tissu cellulaire sous-cutané. — Il fait suite à celui de la
nuque ; serré sur la ligne médiane, assez lâche sur les parties
latérales.
40 Aponévrose superficielle. — Comme à la nuque, simple toile celluleuse, à peu près insignifiante.
5° Plans profonds ou musculaires. — Les muscles de la région, fort nombreux, se disposent sur quatre plans :
a) Le premier plan renferme la partie inférieure du trapèze et la portion interne du grand dorsal. A noter que ce dernier muscle est recouvert jusqu'à la dixième vertèbre dorsale par le muscle trapèze.
P) Le deuxième plan nous présente, au-dessous des deux muscles précédents, le rhomboïde, muscle aplati et mince, allant du bord spinal de l'omoplate aux apophyses épineuses de la septième cervicale et des quatre ou cinq premières dorsales.
y) Le troisième plan comprend les deux petits dentelés postérieurs (l'un supérieur obliquement descendant, l'autre inférieur obliquement ascendant), allant des côtes aux apophyses épineuses. A noter qu'ils sont réunis l'un à l'autre par une aponévrose très résistante, V aponévrose intermédiaire des dentelés.
S) Le quatrième plan, enfin, le plus important de tous, nous présente : 1° les muscles des gouttières vertébrales ou muscles spinaux, couchés dans les gouttières vertébrales (au nombre de trois : le sacro-lombaire en dehors, le long dorsal en dedans, le transversaire épineux au-dessous des deux autres) ; 2° les intertransversaires et les interépineux du dos (ils font ordinairement défaut pour les vertèbres moyennes) ; 3° les surcostaux (au nombre de douze de chaque côté), petits muscles triangulaires, naissant sur le sommet des apophyses transverses et descendant de là chacun sur la côte correspondante (inspirateurs).
60 Plan squelettique. — Il comprend la colonne dorsale et les côtes.
a) La colonne dorsale nous présente son segment postérieur, c'est-à-dire les apophyses épineuses, les lames (unies par les ligaments jaunes) et les apophyses transverses. Elle est très peu mobile, sauf au niveau de la 11^ et 12^ vertèbres (siège d'élection des fractures indirectes de la colonne vertébrale): Elle recouvre la partie inférieure de la moelle brachiale, la moelle dorsale et la moelle lombaire (lésion possible de l'axe médullaire dans les traumatismes de la colonne dorsale).
p) Les côtes appartiennent à la région par leur portion postérieure (depuis la tête jusqu'à l'angle). De solides ligaments, les uns costo-vertébraux, les autres costo-transversaires, les unissent à la colonne vertébrale (luxations très rares et, aussi, très graves, parce qu'elles exigent, pour se produire, un traumatisme intense s' accompagnant alors de lésions des organes avoisinants). A noter que c'est sur la portion de la côte située entre la tubérosité et l'angle que l'on peut faire porter la résection costale destinée, dans certains cas de pleurésie purulente ancienne, à amener l'affaissement de la gouttière costo-vertébrale (thoracoplastie postérieure, dévertéhralisation costale).
7° Vaisseaux et nerfs. ■ — Les artères proviennent des rameaux dorso-spinaux des intercostales. — Les veines vont aux intercostales et, de là, aux azygos. — Les lymphatiques aboutissent au groupe postérieur des ganglions axillaires. — Les nerfs proviennent des branches postérieure des nerfs dorsaux. Ils se divisent en rameaux internes musculo-cutanés et rameaux externes exclusivement musculaires.