RÉGION LOMBAIRE
La région lombaire, située à la partie postérieure de la cavité abdominale, comprend toutes les parties molles qui se disposent en arri'ère^de la colonne lombaire.
1° Limites. — Quadrilatère comme la région dorsale, elle a pour limites superficielles : 1° en haut, une ligne obliquement PEÉcis d'anat. topoqeaphique. 5« édit. 10
descendante, longeant la dernière côte ; 2'^ en bas, une ligne obliquement ascendante, allant du sacrum à la crête iliaque ; 30 en dehors, une ligne verticale répondant au bord externe des muscles spinaux. En profondeur, la région lombaire s'arrête au plan postérieur de la colonne lombaire et, en dehors de cette colonne, au feuillet moyen de l'aponévrose du transverse.
2o Forme extérieure et exploration. — La région lombaire est convexe de dehors en dedans et concave de haut en bas. Elle nous présente sur la ligne médiane une gouttière (déformation dans le cas de mal de Pott ou de fracture ou de déviation du rachis), où l'on reconnaît facilement, à la palpation, les apophyses épineuses des vertèbres lombaires.
3° Plans superficiels. — Ici encore nous comprenons sous ce titre la peau et le tissu cellulaire sous-cutané :
a. Peau. — Mêmes caractères que dans la région dorsale.
b. Tissu cellulaire sous-cutané. — Chargé de graisse chez les sujets obèses (jusqu'à 8 centimètres d'épaisseur) : réuni à l'aponévrose sous-jacente par une couche lamelleuse très lâche, qui permet à la peau de se décoller sans se déchirer (épanchement traumatique de Morel-Lav allée).
4° Aponévrose superficielle. — Lame celluleuse plutôt que fibreuse, fortement tendue au-dessus des muscles sous-jacents. Elle se continue directement avec les aponévroses superficielles des régions voisines.
5'^ Plans profonds ou musculaires. — Les muscles de la région se disposent sur trois plans :
a) Le premier plan est constitué par le grand dorsal et son aponévrose, Vaponévrose lombaire, qui le continue jusqu'aux apophyses épineuses : c'est une aponévrose d'insertion très résistante, commune au grand dorsal et à d'autres muscles plus profonds (petit dentelé postérieur et inférieur, petit oblique et transverse de l'abdomen).
fi) Le deuxième plan renferme le petit dentelé postérieur et inférieur, muscle quadrilatère, fort mince, allant des apophyses épineuses aux quatre dernières côtes. " \
y) Le troisième plan nous présente : 1" les muscles spinaux, couchés dans les gouttières vertébrales {long dorsal, sacro-lomhaire et transversa ire épineux), assez nettement distincts à la partie supérieure de la région, mais fusionnés en bas en une masse commune ; leur contracture constitue le lumbago ; leur paralysie détermine une déviation du rachis ; 2° les intérépineux, petits muscles disposés par paires entre les apophyses épineuses ; 3° les intertransvcrsaires des lombes (deux pour chaque espace, interne et externe), situés entre les apophyses transverses des vertèbres lombaires.
6° Vaisseaux et nerfs. — Il n'y a pas de vaisseaux de gros calibre. — Les artères proviennent, pour la plupart, des branches dorso-spinales des artères lombaires (en plus, pour la partie inférieure de la région, quelques rameaux de l'ilio-lombaire). — Les Qeines se rendent aux veines lombaires. Elles communiquent largement avec les veines postérieures du rachis. — Les lymphatiques se divisent en deux groupes : 1° lymphatiques superficiels, aboutissant en partie aux ganglions de l'aisselle, en partie aux ganglions de l'aine ; 2° lymphatiques profonds, se dirigeant vers la cavité abdominale et s'y terminant dans les ganglions latérolombaires. • — Les nerfs, comme pour la région dorsale, proviennent des branches postérieures des cinq paires lombaires.
7° Plan squelettique. — Il est formé : l" en dedans, par les gouttières vertébrales ; 2° en dehors, par le feuillet moyen de V aponévrose du transverse ; 8° en bas, par le ligament ilio-lombaire.
a. Gouttières vertébrales. — Ici, comme dans les régions précédentes, elles sont formées : 1° par la face externe des apophyses épineuses (à noter qu'elles sont horizontales) ; 2° par les lames vertébrales, que réunissent les ligaments jaunes : à noter qu'elles ne s'imbriquent pas, et que, de ce fait, les espaces interlamellaires sont directement en rapport avec les parties molles rétro-rachidiennes, d'où la possibilité pour un instrument piquant de pénétrer par là dans le canal rachidien {ponction rachidienne) ; 3° par les apophyses articulaires et par la face postérieure des apophyses transverses ou appendices costiformes (rapports impor-
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tants avec les reins et les uretères, voy. ces organes). Ajoutons que ces segments squelettiques appartiennent à une des portions les plus mobiles du rachis (d'où la fréquence relative des fractures de la colonne lombaire) et que cette mobilité de la région peut suppléer, dans une certaine mesure, à la mobilité de la hanche ankylosée (d'où erreur possible dans l'examen de la mobilité de la hanche, si on n'a pas soin de s'assurer que le bassin suit ou ne suit pas).
Les gouttières vertébrales lombaires recouvrent la moelle sacrée et les nerfs de la queue de cheval ; les affections de la colonne lombaire peuvent doncs'accompagner, comme celles des autres segments de la colonne vertébrale, de troubles nerveux.
b. Ligament ilio-lombaire. — Ligament puissant, situé à la partie tout inférieure de la région. Naissant sur le sommet et sur le bord inférieur de l'apophyse transverse de la cinquième lombaire, il se porte en dehors pour venir se terminer sur la crête iliaque.
c. Feuillet ?noyen de V aponévrose du transverse. — Cette aponévrose continue en dehors le plan des apophyses transverses. Elle occupe toute la hauteur de la région : fixée en dedans au sommet des apophyses transverses, se continuant en dehors avec le muscle transverse, elle mesure 10 à 11 centimètres de largeur. Relativement mince à sa partie inférieure, elle s'épaissit en se rapprochant des côtes : elle est renforcée, à sa partie supérieure, par le ligament lombo-costal de Henle. A remarquer que, à la limite externe de la région lombaire, le feuillet externe de l'aponévrose du transverse se fusionne intimement avec l'aponévrose lombaire : il en résulte que les muscles spinaux se trouvent contenus dans une véritable loge ostéo-fibreuse, de forme prismatique triangulaire, la loge des muscles spinaux. La lame aponévrotique que nous venons de décrire constitue le dernier plan de la région lombaire. Au delà se trouvent le carré des lombes avec son aponévrose, la couche adipeuse pararénale et le rein lui-même (voy. Rei7i et Région lombo-iliaque).