RÉGION' DES COLO:^^S
Le côlon est la portion moyenne du gros intestin : il s'étend du cœcum au rectum. On le divise en quatre portions : côlon ascendant, côlon transverse, côlon descendant, côlon iho-pelvien.
1° Étude descriptive. — Nous examinerons, à ce point de vue : 1» les limites du côlon ; 2^ ses dimensions ; 3° sa configuration extérieure et intérieure ; 4° son contenu.
a. Limites. — Le côlon, envisagé dans son ensemble, commence immédiatement au-dessous de l'abouchement iléo-csecal et se termine au niveau de la troisième vertèbre sacrée. Quant à ses différents segments, ils s'étendent : le côlon ascendant, du
caecum à la face inférieure du foie, où il se coude à angle droit {angle hépatique) pour devenir le côlon trans verse ; le côlon transverse, de l'angle hépatique au bord inférieur de la rate, où il se coude de nouveau {angle splénique) pour devenir le côlon descendant ; le côlon descendant, de l'angle splénique à la crête iliaque gauche ; le côlon ilio-peknen {S iliaque, anse sigmoïde, anse oméga), de la crête iliaque à la 3^ vertèbre sacrée.
b. Dimensions. — La longueur totale varie de 1™, 24 à 1™, 48 (côlon ascendant, 12 à 17 centimètres; côlon transverse, 50 à 60 ; côlon descendant, 14 à 20 ; côlon ilio-pelvien, 45 à 51). Son calibre, essentiellement variable du reste (portions dilatées par les gaz, portions contracturées), est en moyenne de 5 centimètres à son origine, de 25 à 53 millimètres seulement à sa terminaison : il est considérablement augmenté dans les cas de dilatation idiopathique du gros intestin.
c. Conformation extérieure et intérieure, contenu. — Le côlon, extérieurement, nous présente : 1° de nombreuses bosselures ; 2° trois bandes musculaires {antérieure, postéro- interne, postéroexterne) ; 3" le long de ces bandes, des appendices épiplolques. Il est donc facile à distinguer de l'intestin grêle dans les opératior^s. Sa configuration intérieure est inverse de l'extérieure {ampoules). Il renferme des matières assez dures (cause possible à: obstruction intestinale).
2'^ Étude topographique. — Elle comprend : 1° la direction des côlons ; 2° leur situation ; 3o leurs n.oyens de fixité ; 4» leurs rapports.
A. Direction et situation, région des colons. — Dans son ensemble, le côlon décrit une sorte de cercle ou, mieux, de quadrilatère dans lequel se trouve inscrite la masse grêle (aspect différent que présente le ventre dans le cas d'occlusion intestinale, suivant que l'obstacle siège sur le gros intestin ou le petit). De fait, le côlon ascendant est presque vertical et occupe la fosse lombaire droite {région du côlon ascendant). Uangle hépatique (70 à 80°) est situé dans l'hypochondre droit. Le côlon transverse est ordinairement concave en haut et en arrière ; variations nombreuses (côlon en U, en Y, en W, en S) ; il se trouve placé
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dans une région spéciale {région du côlon transverse), qui répond normalement à une partie des hypochondres et de l'épigastre. Vangle splénique (il mesure 50° en moyenne) est situé dans l'hypochondre gauche, et se trouve plus élevé que l'angle hépatique. Le côlon descendant est vertical et rectiligne et occupe une région {région du côlon descendant), qui répond à la fosse lombaire gauche. Enfin le côlon ilio-pelvien est tout d'abord vertical et situé dans la partie postérieure de la fosse iliaque gauche {portion iliaque) ; il s'infléchit ensuite en dedans, puis en bas et en arrière et occupe alors l'excavation pelvienne {portion pelvienne).
B. Moyens de fixité. — Nous considérerons successivement, à ce point de vue, chacun des segments du côlon.
a) Le côlon ascendant est fixe : le péritoine l'applique sur la fosse lombaire, sans lui former en règle g'énérale de méso (on ne trouve de méso que dans 36 p. 100 des cas).
P) Uangle hépatique n'a pas, lui non plus, de méso ; il est donc, de ce fait, peu mobile ; en outre, il donne insertion à trois ligaments {hépato-colique, cystico- colique, phréno- colique) qui contribuent en'core à sa fixité ; il se déplace cependant assez souvent (consécutivement à une hépatoptose).
y) Le côlon transverse, surtout dans la portion qui va du bord interne du duodénum jusqu'au voisinage de l'angle splénique, est très mobile. Il est en effet pourvu d'un long méso, le mésocôlon transverse, qui le rattache à la paroi postérieure de l'alodomen. Ce méso, disposé à peu près horizontalement entre l'estomac et la masse grêle, ne mesure pas moins de 12 à 14 centimètres de long au niveau de la portion sus-indiquée du côlon transverse : il donne à cette portion une excessive mobilité, d'où sa situation variable dans l'abdomen, d'où encore la possibihté de l'attirer hors du ventre dans les opérations, etc.
S) Uangle splénique, comme l'angle hépatique, est dépourvu de méso ; il se trouve en outre rattaché à la paroi latérale de l'abdomen par un ligament {ligament phréno- colique gauche ou sustentaculum lienis), qui s'insère tantôt sur son sommet, tantôt sur ses deux branches (l'insertion sur le sommet de l'angle expose à l'occlusion intestinale lorsque le côlon transverse est
en état de ptôse). Malgré ces nombreux moyens de fixité, l'angle spléniqiie se déplace souvent.
e) Le côlon descendant est appliqué directement contre la fosse lombaire par le péritoine (il ne possède de méso que dans un quart des cas) : il est donc à peu près fixe.
l) Le côlon ilio- pelvien, par contre, est, comme le côlon transverse, extrêmement mobile, en particulier au niveau de son segment pelvien : il est, en effet, rattaché à la paroi postérieure de l'abdomen par un véritable mésentère {mésocôlon ilio-pelvien) qui, assez court au niveau de la portion iliaque, ne mesure pas moins de 10 à 16 centimètres de long au niveau de la portion pelvienne (de là l'excessive mobilité de cette portion, sa situation variable, sa prédilection pour le volvulus).
A noter que la fixité du côlon ascendant, du côlon descendant et des angles coliques est, comme celle du duodénum, du pancréas, du cœcum, une fixité acquise au cours du développement (accolement du méso-côlon du fœtus au péritoine pariétal postérieur) et qu'il est possible, dans une opération, de décoller les portions du côlon devenues fixes et de leur rendre leur mobilité première.
C. Rapports. — Nous envisagerons successivement les rapport du côlon ascendant, de l'angle hépatique, du côlon transverse, de l'angle splénique, du côlon descendant, du côlon ilio-pelvien :
a) Le côlon ascendant répond : 1° eji avant, aux anses grêles (à la paroi latérale de l'abdomen lorsqu'il est distendu) ; 2° en arrière, à la paroi lombaire (moitié inférieure du carré des lombes) et à la face antérieure de l'extrémité inférieure du rein droit, sur lesquelles il repose d'ordinaire sans interposition du péritoine (anus contre nature lombaire) ; 3o en dehors, aux anses grêl'.'S ou à la paroi latérale de l'abdomen ; 4° en dedans, aux circonvolutions jéjuno-iléales et à la portion descendante du duodénum.
p) Uangle hépatique répond au 10^ cartilage costal droit. Il est en rapport avec la face inférieure du foie et le fond de la vésicule biliaire.
y) Le côlon transverse est en rapport : 1° en arrière, avec le mésocôlon transverse et, par son intermédiaire, en allant de
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droite à gauche, avec la face antérieure du rein droit, la deuxième portion du duodénum, la tête du pancréas, les vaisseaux mésentériques, la quatrième portion du duodénum, la face antérieure du rein gauche ; 2° en avant, avec la paroi abdominale antérieure ; S" en haut, avec la grande courbure de l'estomac ; 4° en bas, avec les anses grêles.
S) Uangle splénique répond à l'extrémité antérieure de la 8^ ou 9^ côte ; il est en rapport avec le tiers supérieur du rein gauche, la capsule surrénale gauche, l'extrémité inférieure de la rate.
e) Le côlon descendant repose, en allant de haut en bas, d'abord sur le bord externe du rein gauche, puis sur le carré des lombes. A noter que Vanus lojnhai're est plus facile sur le côlon descendant que sur le côlon ascendant.
^) Le côlon ilio-pelvien nous présente à étudier sa portion iliaque et sa portion pelvienne. — La portion iliaque répond : 1° en arrière, au psoas-iliaque et aux vaisseaux iliaques externes ; 20 en avant, aux anses grêles quand le côlon est vide, à la paroi antérieure de l'abdomen quand il est distendu {anus iliaque). — La portion pelvienne est en rapport avec les organes que renferme le bassin. Quand ces organes se distendent, le côlon pelvien remonte dans la cavité abdominale.
3'^ Constitution anatomique. — Quatre tuniques superposées (séreuse, musculeuse, celluleuse, muqueuse).
a. Tunique séreuse, fossettes. — Sa disposition nous est connue (voy. plus haut). Ajoutons qu'en se portant sur le côlon, le péritoine donne naissance à des dépressions en fossettes, savoir : 1» les récessus paracoliques, inconstants, situés entre les côlons ascendant et descendant et la paroi latérale de l'abdomen (siège de la hernie mésocolique) ; 2*^ la fossette intersigmoïde, profonde de 3 à 6 centimètres ; elle se trouve au point où le mésocôlon iliopelvien croise l'artère iliaque primitive gauche (au voisinage de sa bifurcation) : son orifice entouré d'une couronne d'artères, n'est visible que lorsqu'on renverse en haut le côlon ilio-pelvien et son mésentère ; elle est le siège de la hernie intersigmoïde.
b. Tunique musculeuse. — Deux plans de fibres, superficiel (fibres longitudinales) et profond (fibres circulaires).
c. Tunique celluleuse. — Elle continue celle de l'intestin grêle.
d. Muqueuse. — Lisse et unie, dépourvue de valvules, glissant facilement sur la musculeuse (son prolapsus dans les anus contre nature). Elle ne présente pas de plaques de Peyer mais des follicules isolés (ils peuvent être lésés dans la fièvre typhoïde). La muqueuse est douée d'un faible pouvoir d'absorption (lavements alimentaires et médicamenteux). Elle est le siège des ulcérations de la dysenterie et du cancer du gros intestin.
4" Vaisseaux et nerfs. — Les artères proviennent des trois coliques droites (mésentérique supérieure) et des trois coliques gauches (mésentérique inférieure). — Les veines aboutissent aux mésaraïques. — Les lymphatiques se rendent aux ganglions situés le long du bord adhérent de l'intestin et dans l'épaisseur des mésos. — Les nerfs proviennent du plexus solaire et du plexus lombo-aortique.
5° Exploration et voies d'accès. — V exploration clinique comprend l'inspection, la percussion, la palpation. — Uéxploration chirurgicale se pratique : 1° soit sur le côlon total (après laparotomie médiane) : on va tout d'abord à la recherche du caecum et on suit le côlon, du caecum jusqu'au rectum ; 2° soit seulement sur un de ses segments, c'est-à-dire soit sur le côlon ascendant (après laparotomie sur le bord externe du muscle droit du côté droit), soit sur le côlon transverse (après laparotomie sus-ombilicale : le grand épiploon conduit sur lui), soit sur le côlon descendant et le côlon ilio-pelvien (après laparotomie sur le bord externe du muscle droit du côté gauche).