L'Espèce humaine, p
S. BulL de la Soc. iTAïUkrop., 1S69, p. 4M,
8 mtoS D'ANTHROPOLOGIE.
Nous n'essayerons point d'approfondir comment il se pourrait qu'un cerveau simien produisit une pensée divine... Ni singe ni dieu! dirons-nous à notre tour. Le corps de l'homme n'est pas celui d'un singe, et l'anatomie montre entre les deux c toute la distance qui sépare l'ébauche du type achevé > (Broca) ; mais nous ne savons à quoi l'on reconnaît l'image d'un dieu, et nul n'a le droit d'introduire en un tel débat, fût-ce à titre de métaphore, ce qui ne peut être Tobjet que d'une croyance.
Nous devons plus d'attention à l'opinion de quelques naturalistes, qui, sans aller jusqu'à l'antithèse forcée de Gratiolct, ont pensé que l'homme, rattaché à l'animalité par son organisation, s'en distinguait toutefois par des phénomènes d'un ordre particulier et caractéristique, absolument étrangers à l'animal. Nous avons déjà fait allusion à cette doctrine qui constitue pour l'homme, et pour lui seul, ua T^n% à part, le quatrième règne de la nature, séparé du règne animal par une distance aussi grande, plus grande même, que celle qui sépare ce dernier du règne végétal. I^es partisans de cette doctrine accordent volontiers que la plupart des phénomènes intellectuels ou, comme on dit, des facultés qui se montrent chez l'homme, lui sont communes avec les ani- I maux; que l'attention, la mémoire, le jugement, le raisonnement, la conscience, etc., existent de part et d'autre, et que, s'il y a des différences, elles portent uniquement sur le degré et l'étendue, nullement sur la nature de ces manifestations de l'activité cérébrale. C'est, du moins, ce que reconnaît A. de Quati*efages*. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, plus logique peut-être dans l'application de son principe, s'était rattaché à une sorte de cartésianisme, refusant aux animaux la pensée, pour ne leur plus laisser que la sensibilité'.