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f40 PRÉCIS D'AHTHEOPOLOGIE.

on caractère rationnel, impliquant d'une façon absolue la supériorité inlellecluelle de telles races sur telles autres. 11 est incontestable que Tintelligence est, pour une part importante, fonction du volume cérébral; mais il ne faut pas oublier que le développement de la masse encéphalique est régi encore par d'autres facteurs, et notamment par la taille, si différente suivant les races; il ne faut pas oublier surtout que l'influence ethnique se fait sentir ici d'une façon qui exclut tout parallélisme rigoureux entre le quantum de la capacité crânienne et la valeur relative de Tintelligence. On sait, en effet, que le rapport de la fonction à Torgane n'est pas fixe dans les espèces animales, et qu'à égalité de volume et de complication du cerveau, certaines espèces peuvent être très supérieures en intelligence à certaines autres. 11 en est de même pour les races humaines. Gratiolet disait qu'avec un cerveau constitué comme celui de la Vénus hottentote un blanc serait idiot; cependant cette femme n'était nullement dénuée d'intelligence. Mais de là même il résulte que le volume du cerveau, considéré en soi, fait essentiellement partie du type de la race, et que la détermination de ce volume est un des éléments importants de la description des groupes ethniques.

CAPACITÉ CaAHIBNNE (PROCÉDÉ BROCA)

Hommes Femmes

Cent. cub. Cent. cub.

Négritos divers 1 .415 1.238

Papous de Lifou 1.460 1.965

Néo-CalédoDieas (Cran, ethn,) 1 .445 1 .310

— — (Broca) i.460 1.330

Vilicns 1.465 1.375

Australiens 1.334 1.221

ParUs d'Alipour 1.336 1.114

Bochimans (6Van. e^An.) — 1.215

Bochimans et Hottentots (Broca) 1.317 1 .253

LE CRAME. 241

Hommes Femmes

Cent. cub. Cent. cob.

Nègres d'Afrique 1.465 1.270

Nubiens 1.329 1.298

Bouriates (Cran, ethn.) 1.605 1 «340

Chinois et Mongols 1.518 1 .383

An n a m i tes 1 . 620 1 . 350

Malais {Cran, ethn.) 1 .480 —

Javanais 1.500 1.396

Polynésiens (Cran, ethn.) 1.549 1.405

— (Broca) 1.500 1.381

Dayaks (Cran. e^An.) 1.530 —

Guaranis 1 . 410 1 . 390

Araucans 1.420 1.340

Lapons 1 .552 —

Eskioiaux 1 .535 1.429

Arabes 1.510 1.355

Corses ^ 1.552 1.367

fiasques 1 . 564 1 . 355

Auvergnats . 1.598 1.4i5

Bas-Bretons 1.564 1.366

Savoyards 1 . 538 1 . 41 7

En examinant cette liste, on reconnaîtra que les races inférieures ont, en somme, une capacité crânienne moindre que celle des races supérieures. Les Australiens, les Noirs de l'Inde, les Andamaniles, les Bochimans, les Hottentots occupent les dernières places, avec des capacités qui dépassent rarement IdôO"^ dans le sexe masculin. Il est vrai que, parmi eux, se trouvent les plus petites races de l'humanité ; mais les races celtiques (Auvergnats, Bretons, Savoyards), qui sont à Tautre extrémité de l'échelle avec une capacité approchant de 1600'' , ont une taille moyenne inférieure à celle de certaines tribus australiennes. Différentes populations de l'Inde du sud (Callamand) et les Yeddas de Ceylan (Flower) occupent, à ce point de vue, le dernier degré dans la série. Si on les compare aux races européennes les mieux partagées» on peut fixer à 300"* , en nombre rond, la différence des moyennes ethniques extrêmes.

HOVELACQUE et G. HERYÉ. — Anthropologie. 16

ut .PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.

Indice céphalique. — C'est Tun des éléments les plus importants de la' caractérisation des races. L'indice céphalique exprime, en effet, la forme générale du crâne. Lorsqu'on examine celui-ci par sa face supérieure, on remarque que le contour en est toujours plus ou moins ovale, plus long que large et plus large en arrière qu'en avant ; mais cet ovale est plus ou moins allongé. De là des formes crâniennes très différentes, dont le caractère général est indiqué par le rapport centésimal du diamètre transverse maximum au diamètre longitudinal ou antéro-postérieur maximum : ce rapport est l'indice céphalique. Le diamètre antéro-postérieur part du point culminant de la glabelle et aboutit au point de Técaille occipitale le plus distant du précédent sur la ligne médiane. Le diamètre transverse maximum peut tomber aussi bien sur les temporaux que sur les pariétaux.

L'indice céphalique, appelé quelquefois encore indice de largeur^ a été introduit en craniométrie par A. Retzius, en 1842. Retzius s'en était servi pour établir une classification dichotomique des races humaines, qu'il distinguait en dolichocéphaleSy à tête longue, et brachycéphales , à tête courte ou arrondie. Sur cette distinction reposait toute une théorie ethnogénique, longtemps acceptée sans conteste. A une race primitive et inférieure, brachycéphale (l'infériorité des brachycéphales était déduite de ce fait supposé que leur cerveau ne recouvrait pas complètement leur cervelet), était venue se superposer, à l'aurore des temps historiques, une race supérieure, dolichocéphale. La première, représentée aujourd'hui encore par les Finnois, les Lapons et les Basques, était autochtone. La seconde, d'origine asiatique, ayant apporté à l'Europe l'agriculture, les métaux elles langues à flexion, avait constitué les migrations des légendaires Aryens ; d'elle descendaient la plupart des populations européennes. Cette théorie ne devait être renversée que vingt ans après.

lorsque Broca publia ses premières recherches craniologiques sur les Basques et les Parisiens. Parmi ces derniers, il constata l'existence de plus d'un tiers de brachycéphales, et reconnut que, contrairement à leur soi-disant inférioritéi ces brachycéphales avaient un crâne plus capace que les dolichocéphales. Retzius avait rangé d'office les Basques parmi les brachycéphales, en se fondant sur ce que cette race descend (ce qui est, d'ailleurs, exact) de la race autochtone de r Europe occidentale. Broca montra que les crânes des Basques espagnols du Guipuzcoa sont dolichocéphales* Tous les faits, depuis, sont venus établir que les populations européennes les plus anciennes étaient plus dolichocéphales qu'aucune des races actuelles de l'Europe.

D'ailleurs, la classification de Retzius était insuffisante; elle laissait à l'écart tous les crânes dont la largeur différait de la longueur de moins d'un quart et de plus d'un cinquième. Broca, en introduisant la dénomination d'indice céphalique, créa un groupe intermédiaire : dans ce groupe, il plaça les crânes dont l'indice est compris entre 77,7 et 80 pour 400 (mésaticéphalie). Puis, à l'ancienne division à deux termes (dolichocéphales, brachycéphales), il substitua la division à cinq termes dont rend compte le tableau suivant :

( Dolich. vrais. Au-dessous etjusqu'à 75 0/0 Dolichocéphales ]

f Sous-dolich.. ne 75.01 à 77.77 0/0

Mésaticéphales e 77.78 à 80 0/0

( Sous-brach... De 80.01 à 83.33 0/0 Brachycéphales ]

( Braph. vrais.. Au delà de 83.33 0/0

Ces cinq groupes nous paraissent suffisants. Il est rare que l'indice céphalique, considéré dans ses moyennes ethniques, descende au-dessous de 65 ou 66, ou qu'il monte au-dessus de 86. L'étendue des variations dans une même race permet

Ui PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.

à elle seule de savoir si cette race a subi ou non des mélanges, et quels sont, au point de vue de la forme du crâne, ses éléments composants. La faible étendue des variations individuelles de l'indice céphalique ne prouverait rien, toutefois, quant à la pureté d'une race, si celle-ci résultait du mélange d'éléments égalements dolichocéphales ou également brachycéphales. C'est ainsi que l'écart maximum ne dépasse pas dix unités chez les Australiens, race comprenant deux types, l'un et l'autre dolichocéphales. La mésaticéphalie indique certainement que la race qui la présente est issue du croisement de dolichocéphales et de brachycéphales : cette forme crânienne ne parait pas, en effet, avoir jamais été primitive. La liste suivante donne les indices céphaliques moyens des principales races. L'ordre qui y est suivi sera justifié plus loin, quand nous traiterons des races contemporaines.

23 Tasmaniens {Cran. ethn.). 75.7

10 Tasmaniens (Topinard). . . . 76.1

Négritos andamanites . . . . 81.7

100 Papous (Mantegazza) 70.8

296 Papous (Cran, elhn.) 71

29 Papous des Loyalty {Cran.

ethn.) 70.5

96 Papous (A.-B. Meyer) 72.5

Papous de Yiti, des Nouvelles-Hébrides {Cran.

ethn.) 69.8

1 Viticns (Flower) 66

Vitiens (autre série) 71.7

Papous deMallicolo (Busk). 71

Papous de Vanikoro 70.8

Néo- Calédoniens {Cran.

ethn.) 70.5

54 Néo-Calédoniens (Broca). . 71 .7

82 Australiens {Cran. ethn.). 71.1

17 Australiens (Broca) 71 .9

Dravidiens divers (Rou-

baud) 75

Maravas 74.5

12 Parias (Broca) 74. l

Veddas de Ceylan 71.7

SOBochimans {Cran. ethn.).. 75

Bochimans (Fritscli) 73.8

Hottentots (Hamy) 73.6

296 Nègres d'Afrique {Cran.

ethn.) 71.8

22 Wolofs et Sérères 71.3

14 Dahomans 72

10 Mandingues {Cran, ethn.., 72.8 Soudaniens orientaux

{Cran, ethn.) 71.6

Noirs nilotiques {Cran.

ethn.) 72.1

Nègres gabonais 76

4 Négrilles du Gabon {Cran.

ethn.) 82.8

Mozambiques (^ran.efAn.). 72.9

Ngikas (Flower) 70.9

Amatembous ( Flower) .... 72 . 8 Zoulous et Gafres {Cran,

ethn.) 74.1

Nègres de Madagascar

{Crttn.eihn,) 74.7

Bctchuanas 70.9

Nègres du Congo (Cran, ethn.) 75.4

Barabras 73.7

Fans (Cran, ethn.) 74.7

Mandchous 79.2

TongAuses (Bogdanov). ... 78

Bouriatea 83.3

Mongols (Cran. ethn.). ... 85.7

Kalmouks 84.3

Tators 79

Kirghizes 82.6

Baskirs (Maliev) 84.3

OsUaks 83

Magyars ( Lenhossék ) 82 . 9

Tchérémisses (Maliev).... 76.8

Votiaks (Maliev) 80.2

Karéliens 82

Ehstes (Slicda) 77.4

Moïs(Néis) 75.7

Khas (Cran, ethn.) 75.5

Cambodgiens 84

Annamites 82

Siamois 81.3

Chinois du Nord (Cran.

ethn.) 76

Chinois du Sud {Cran.

ethn.) 77.2

Malais (Cran, ethn.) 80.4

Dayaks (Cran, ethn.) 77.5

54 Polynésiens (Cran, ethn.). 77

30 Marquésans (Mantegazsa). . 76 . 4

30 Maons (Cran, ethn.) 72. 6

Athapasks (Cran. ethn.). . . 82

29 Apaches (Carr.) 85.6

Iroquois 74

Guaranis ,.., 77

Botocudos 73.5

Araucans (Cran, ethn.) ... 82. 7

Lapons 84.7

Samoyèdes (Bogdanov)... 82.8

Youkaghirs 78 .3

Aïnos (Koperniclii) 73

15 Eskimaux de l'Ouest 76

135 Eskimaux de l'Est 71.2

Bcrbers 76

10 Arabes de Suez (Maliev).. 72.2 19 Arabes d'Algérie (Broca).. 74 74 Arabes (Lagneau) 75.6

Hindous brahm. (Mante-

gazza) 75

Tsiganes 77.5

Afghans (Duhoussel) 77

Basses 77 à 80

Vindes (Brœsike) 81.1

Dalmates (Virchow) 80.6

Croates 84.3

15 Lithuaniens 78.4

50 Letles 78

Grecs européens 81.7

Grecs asiatiques 80 . 7

Toscans (Riccardi) 78.7

60 Basques espagnols (Broca) . 77 . 6

28 Corses d'Avapezza (Broca). 75.3

Sarde» 73.1

Bas-Bretons (Broca) 81.3

Auvergnats 84

Savoyards. 85.4

Bavarois (Rankc) 83

Roumains 83

Suédois, Hol8leinois,Hano-

vriens 77

Frisons 79

Flamands (Lagneau) 76 . 1

246 PUÊCIS D'ANTHROPOLOGIE.

En somme, les deux limites de l'iadice céphalique moyen sont occupées par les Mélanésiens et les Australiens, d'une part, par les Lapons et les brachycéphales de FEurope occidentale, d'autre part.On voit encore que l'indice céphalique ne permet pas de grouper les races suivant un ordre naturel. Partout, en effet, on a retrouvé, plus ou moins mêlées, les deux formes crâniennes allongée et arrondie avec leurs intermédiaires, caractérisant, au sein des diverses populations du globe, des familles naturelles. Si les races éthiopiques offrent presque toutes la dolichocéphalie vraie, la diversité est poussée beaucoup plus loin dans les races de l'Asie centrale et orientale, dont l'indice varie de la brachycéphalie extrême à la sous-dolichocéphalîe, et elle est encore plus grande dans les races dites caucasiques, les unes très brachycéphales, tandis que d'autres arrivent à la dolichocéphalie de certains Noirs. Plaçant côte à côte les races les plus disparates, disséminant les races blanches au milieu de presque toutes les races colorées, l'indice céphalique ne saurait donc servir de base de classification. Mais il reste un excellent caractère, au point de vue de la distinction et de la caractérisalion des groupes ethniques. Au milieu des familles artificiellement réunies par les premiers ethnologistes, il a permis de reconnaître des types anatomiques fort différents, tels que Ie& Lapons et les Eskimaux, encore confondus par Cuvier. On n'oubliera pas, d'ailleurs, qu'il ne représente, pour chaque race, qu'une valeur moyenne, nullement une caractéristique absolue. Dans une même race, si l'on étudie des séries suffisamment nombreuses, on peut voir la transition entre les deux formes crâniennes extrêmes se faire insensiblement, par des variations successives des décimales de l'indice. Même dans les races les plus pures, se montrent des variations très étendues. Les nombres proportionnels qui expriment les formes du crâne ne sauraient donc constituer

LE CRAME. 247

une caractéristique véritable, mais seulement un indice (Broca).

Indices verticaux. — Ils sont au nombre de deux. L'un, indice de hauleur-largeury exprime le rapport centésimal du diamètre vertical au diamètre transverse maximum du crâne. L'autre, indice vertical proprement dit, indice de haïUeur-longueurf est le rapport centésimal du diamètre vertical au diamètre antéro-pos térieur maximum . Le diamètre vertical, qui mesure la hauteur du crâne, est le diamètre basilo-bregmatique, étendu du basion au bregma.

Ind. de hauteur- Ind. de hauteur* largeur. longueur. *

Tasmaniens 91 .8 70.5

Andamanites 94 78.2

Papoui divers 105.3 74

Australiens 102.3 72.8

Parias (Topinard) 101.8 75.6

Bochimans (Cran. efAn.) 89.5 69.3

Nègres d'Afrique 102.9 73.8

Négrilles (Hamy) 90.1 74.6

Bantous divers 99.6 72.2 .

Mandchous 95.1 73.7

Tatars du Volga 00.8 73.3

Annamites 96 78

Malais (Cran, elhn,) 96.4 77.5

Dajaks 97.8 75.8

Araucans 92. 1 76.3

Lapons 86 . 8 74. 1

Eskimaux de TEst 102.5 73.9

Arabes divers 101 . 6 72 . 7

Bas-Bretons 87 .7 71.3

La moyenne minima de l'indice transverso-vertical se trouve donc chez les Lapons.

Diamètres et indices frontaux. — Les diamètres frontaux sont au nombre de deux : le diamètre frontal minimum^ qui mesure l'écartement minimum des deux crêtes temporales du frontal, au-dessus des apophyses orbitaires externes ; le diamètre stéphanique^ qui mesure la distance des points où

la suture coronale rencontre les crêtes temporales. Le diamètre stéphanique correspond presque toujours au plus grand diamètre du front.

V indice stéphanique est le rapport centésimal du diamètre frontal minimum au diamètre stéphanique. Au Heu de prendre ce rapport comme on le fait généralement, il est peut-être préférable de réduire à 100 le diamètre minimum «et de chercher la valeur relative du stéphanique. Voici quelques exemples de ces indices.

Diam. front. Diam. Indice front. Indice

minimom. stdpha- mÎDimum stéphanique.

nique. = 100.

Négritos 89.6 110.8 118.2 80.8

Néo-Guinéens.... 94 109.2 116.1 86

Vitiens 96.5 110 113.9 87.7

Méo-Calédoniens.. 94.8 100.5 115.5 86.5

' Mandingues 97 114 117.5 81

Bouriates 98.2 lil.4 123.6 80.8

Annamites 93.3 116 124.3 80.4

Malais 94 116 123.5 81

Finnois 95.2 116.2 122 81.0

Lapons 100.8 124 123 81.1

Arabes 99 115 116.1 81.7

Berbers 96 116 120.8 82.7

Parisiens actuels. 97.6 118.9 121.8 82.0

Bas-Bretons 97.3 120.4 123.7 80.8

Auvergnats 97.7 122.3 125.2 79.8

Frisons 1)3.6 113.5 124.2 82.4

Courbes crâniennes, — Les courbes crâniennes sont médianes (plan sagittal), horizontales et transversales. Les plus importantes à mesurer sont : la coxu^he frontale^ qui s'étend delà racine du nez au bregma; la (^ottr&^parîé^a^e ou sagittale, du bregma au lambda; la courbe occipitaley du lambda à Topisthion (l'addition de ces trois courbes donne la courbe médiane totale, de la racine du nez à Topisthion) ; les courbes horizontale préauriculaire j qui passe en avant par la ligne sus-orbitaire pour aboutir à la ligne bi-auriculaire, et horizontale totale ou circonférence maxima du crâne (en sous-

trayant la première de la seconde, on obtient la courbe postauriculaire qui, comparée à la préauriculaire, donne une idée générale du développement relatif du crâne antérieur et du crâne postérieur) ; les courbes transversale sus-aurictilairey étendue d'un trou auditif à l'autre en passant par le bregma, et transversale totale, qui est la précédente prolongée sous la base du crâne pour revenir à son point de départ.

Hauteur et largeur de la face. Indice facial. — La largeur de la face est exprimée par le diamètre bizygomatique maximum. La hauteur faciale a généralement été confondue avec la longueur soit delà Vigne ophryo-alvéolaire, allant du point médian du diamètre frontal minimum au point médian de l'arcade dentaire supérieure, soit de la ligne naso-alvéolaire, étendue de la racine du nez au même point inférieur. Cette manière de prendre la hauteur faciale est inadmissible. Il s'agit, en effet, dans la détermination de l'indice facial, de comparer une verticale, la hauteur de la face, à une horizontale, la largeur bizygomatique. Or si, dans les races orthognathes, il se peut que la ligne faciale, mesurée comme il a été dit ci-dessus, soit verticale ou à peu près, dans les races prognathes on a affaire, non plus à une verticale, mais à une ligne oblique, souvent beaucoup plus longue que la verticale : de là un indice facial erroné. Par cette mensuration défectueuse, un crâne très prognathe, à face très courte en hauteur verticale, serait donné comme ayant, au contraire, une face allongée. La hauteur faciale doit être mesurée en projection, par une perpendiculaire abaissée de la limite supérieure de la face sur le plan horizontal du crâne (plan alvéolo-condy- Hen). Cette mesure peut être facilement prise, au moyen du craniophore de Topinard et du procédé de la double équerre^

t. Élém. d'Anthrop. ginér., p. 886.

250 PRÉCIS 0*AMTBROPOLOGIE.

On peut hésiter sur le choix du point de départ supérieur de la ligne faciale. Le point nasal (racine du nez) a cet avantage d'être d'une détermination facile. Mais, en réalité, les sinus frontauic n'appartiennent pas au crâne cérébral ; ils appartiennent à la face. Cette considération a déterminé Broca à faire partir la ligne faciale de l'ophryon, point de repère supérieur de la région faciale.

JJindice facial est pour nous le rapport centésimal de la ligne faciale susdite au diamètre bizygomatique. Ainsi, 7 crânes de Tsiganes, qui ont une hauteur faciale de 91,1, un diamètre bizygomatique de 141,1, donnent un indice facial de 69,4. Le tableau suivant est emprunté à Assézat {Associât, franc, pour Vavanc. des ScienceSy 1874, p. 554). Cet auteur fait partir la ligne faciale du point nasal . .

Basques espagnols 61 .9 Nègres occideotaux 51 .5

Auvergnats 56.3 Nubiens 50.9

Eskimaux 55.9 Croates 50.1

Wolofs 53.9 Kalmouks 49.6

Bas-Bretons 53.2 Néo-Calédoniens 48.5

Malais 52.3 Lapons 46.4

La comparaison des valeurs absolues des dimensions de la face a conduit le même auteur aux résultats suivants. Pour la hauteur naso-alvéolaire, ce sont les Eskimaux qui tiennent la tète, avec une hauteur faciale de 77"",16; la série décroît ensuite j usqu'aux Tasmaniens, dont la hauteur faciale n'est plus que de ôl^^jSO, à peine supérieure à celle du chimpanzé (60"*"). Il faut ajouter à cette hauteur la distance, également en projection, du point nasal au point sus-orbitaire» dislance qui varie, en moyenne, de 15"",95 (Auvergnats) à 24™",34 (Eskimaux). On doit donc regarder comme un caractère d'infériorité la grande hauteur existant entre le point nasal et l'ophryoD, quand elle accompagne un front fuyant et des sinus étendus; et le type sera d'autant plus bas qu'à une plus

LE CRANE. 25t

grande distance naso-sus-orbitaire s'unira une moindre hauteur naso-alvéolaire. Toutefois, comme une face peut être en même temps haute et large ou basse et large, cette appréciation doit être modifiée par Texamen du diamètre bizygomatique. C'est chez les Mongols et les Kalmouks que ce diamètre atteint son maximum (439"'''); puis viennent les Eskimaux, les Lapons (138""); les Néo-Calédoniens (137™) ; les Chinois et les Auvergnats (135™) ; les Bas-Bretons, les Basques, les Croates, les Javanais, les Parisiens (132""); puis les Nègres d'Afrique, les Égyptiens, les Corses, les Tasmaniens, et enfin les Hottentots, qui terminent la série avec un diamètre bizygomalique de 121 millimètres.

Prognathisme facial. — Le prognathisme est la projection, l'allongement oblique en bas et en avant de la face de la tête osseuse. L'obliquité de la face s'apprécie, sur la vue de profil du crâne, par l'inclinaison d'une ligne étendue du point sus-orbilaire au point alvéolaire {ligne faciale alvéolaire de Topinard), inclinaison que l'on rapportera au plan horizontal alvéolo-condylien. Abaissant sur ce plan une perpendiculaire à partir de l'ophryon et reliant l'ophryon au point alvéolaire par une autre droite, on obtient un triangle rectangle dont l'angle antéro-inférieur, à sommet au point alvéolaire, donnera la mesure du prognathisme. Plus cet angle sera petit, plus le prognathisme sera accusé. Le prognathisme facial est, en somme, exprimé par l'angle facial. Mais, au lieu de relever directement le nombre de degrés de l'angle en question, on peut établir le rapport centésimal de la longueur du côté inférieur à celle du côté postérieur du triangle, c'est-à-dire de la projection horizontale (longueur antéro-poslérieure) à la projection verticale (hauteur) de la face. Ces deux longueurs sont rapidement mesurées au moyen du craniophore et de la double équerre *. Le rapport

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