‹ Précis d'anthropologieChapitre 122 sur 319 · Bull, de la Soc. d* Anthropologie y 1862, p. SU · texte numérisé non relu

Bull, de la Soc. d* Anthropologie y 1862, p. SU

L'angle dit de Camper est déterminé par ta rencontre d'une ligne faciale, tangente au point le plus saillant du front et à la l'ace antérieure des incisives, avec une ligne auriculo-faciale, reliant le trou auditif au bord inférieur des narines : son sommet est virtuel. D'après Topinard, il est en moyenne de 76%5 chez les Européens, de72%7 dans les races dites jaunes, de 70^,3 chez les Nègres d'Afrique. Bien que les intervalles soient minimes, la gradation respecte la hiérarchie des types. Jules Cloquet avait transporté le sommet de l'angle au point alvéolaire. Cet angle a été légèrement modifié par Topinard, qui fait partir l'extrémité supérieure de la ligne faciale du point sus-orbitaire. Pour Jacquart, le sommet de l'angle est à l'épine nasale. De son côté, Broca a donné comme points de repère de l'angle facial: Fophi^on (point sus-orbitaire ou sourcilier), la base de l'épine nasale, et le centre auriculaire, point médian de l'axe biauriculaire. Il désigne cet angle sous le nom d'angle facial ophryo-spinal. Les angles faciaux offrent, dans la série des races, des variations d'une étendue maxima de 3* à 7% suivant le procédé, trop petites, par conséquent, surtout si on les compare à l'étendue des variations individuelles (1 Cachez les Nègres, 19* chez les Européens avec l'angle de Camper, d'après Topinard), pour qu'on puisse voir dans ces angles un caractère anthropologique vraiment distinctif. Us n'ont plus, d'ailleurs, l'importance qu'on leur avait autrefois attribuée, car ils expriment plutôt le développement absolu de la face que le rapport du volume de celle-ci au volume du crâne,

Vangle mandibulaire (v. p. 66) est non moins décisif pour séparer les races humaines que pour différencier l'homme des animaux. C'est un excellent caractère sériaire, à la fois anthropologique et zoologique.

Européens 160* Néo-Calédoniens 153«,8

Races altaïques 154* Nègres d'Afrique 147%5

L* angle sphinoidal (v. p. 54), qui mesure de 133* à l^i"* chez les Européens, s'élevait à 137'',4 sur une série de Nègres d'Afrique, à 140',4 sur une série de (îiânes néo-calédoniens. La progression est donc régulière et continue, du blanc aux races inférieures et de celles-ci aux anthropoïdes.

U angle occipital de Daubenton (v. p. 43), ordinairement positif chez l'homme comme chez les animaux, devient négatif dans quelques races, c'est-à-dire que le plan du trou occipital prolongé remonte plus haut que le plan opisthioorbitaire, ce qui indique une inclinaison du trou occipital en sens inverse de celle qu'il présente chez les quadrupèdes. Cet angle, d'une médiocre importance zoologique, constitue, au contraire, un caractère anthropologique d'une réelle valeur, car il établit entre les races humaines des différences très prononcées. Il est au minimum dans les races d'Europe, où il donne des moyennes comprises entre O'* et — 4%52, et au maximum chez les Nègres d'Afrique, où il donne des moyennes comprises entre -f 8* et + 9%34. On doit en conclure que l'abaissement du plan du trou occipital qui fait grandir l'angle de Daubenton est un caractère d'infériorité. Le tableau suivant reproduit quelques-unes des mesures relevées par Broca :

Basques espagnols — i%52 Eskimaux -f 6*^38

Auvergnats • . — 1*,50 Australiens -f 6%87

Bas-Bretons — O',80 ' Polynésiens -f T^GS

Corses H- 2%05 Néo-Calédoniens -f 7%88

Tasmaniens + 2%58 Nègres africains + 8%47

Kabyles + 3%05 Nubiens + 9%3i

Arabes + 5%02

Les chijQTres des angles occipital et basilaire de Broca (v. p. 46) obéissent à peu près aux mêmes variations. Les moyennes du premier s'étendent de + 1C%33 chez les Au-

S64 PRÉCIS D'ANTBROPOLOGIE.

vergnats à -|- S0%03 chez les Nègres; celles du second de + 14%36 chez les Slaves à + â5* ou 26'' dans les races nègres.

V angle ùrhiio-occipital (v. p. 48) donne , dans la série des races humaines, les variations suivantes :

Croates — 2(y,2 Patagons — 10»,6

Auvergnats — 19» Kabyles — iO.i

Basques — 18^,9 Nègres africains — S*

Corses — U%6 Néo-Calédoniens — 7»,4

Tasmaniens — i3*,9 Polynésiens — 5*

Australiens — i2%8 Eskimaux — 3*

Arabes — Vt.%

Il est évident, d'après ces chiffres, que le plan du trou occipital est d'autant moins incliné en bas et en arrière, par rapport au plan de la vision horizontale, que l'on a affaire à des races moins élevées. Chez certains individus de ces races, l'angle peut même devenir nul ou positif, le plan occipital tendant à se rapprocher de la direction qu'il affecte chez les animaux, tout en en restant toujours fort éloigné. L'angle demeure, au contraire, constamment négatif chez tous les individus des races caucasiques. Quoi qu'il en soit, cette mesure ne fournit pas un caractère sériaire, puisque les Australiens offrent le même angle que les Arabes, et que les Polynésiens se placent au-dessous des Néo-Calédoniens.

U étude de V angle orbito-alvéolo-condylien de Broca (v. p. 71) a été faite très complètement, au point de vue ethnique, par Goldstein *. Voici les moyennes obtenues par cet auteur :

Races d*£urope — lo,50 Races américaines

Races noires d'Afrique. — 0»,25 (Nord) + 2«,77

Races de la Malaisie.. + Q9,S6 Races américaines

Mélanésiens + 1%59 (Sud) + S«,95

Races altaïques + 2^,53 Hyperboréens + 5%74

Bien que l'écart des moyennes ne s'élève qu'à un peu plus de 7«, une sériation très évidente est établie parce caractère, mais suivant un ordre un peu diflerent de celui auquel nous sommes habitués. Ce sont les races dites jaunes et américaines qui s'éloignent ici le plus des races européennnes, et les races africaines qui s'en éloignent le moins. Il y a, en outre, une certaine continuité entre les séries humaine et animale, malgré l'existence d'un intervalle d'environ 10"* (intervalle pouvant être franchi, il est vrai, par les variations individuelles). Si l'on part des angles les plus élevés pour passer aux angles positifs de moins en moins grands, puis aux angles négatifs de plus en plus grands, on constate que c'est chez les anthropoïdes que le plan alvéolo-condylien s'abaisse le plus, par rapport au plan de la vision horizontale ; qu'il se relève de plus en plus chez TEskimau, chez l'homme américain, chez les Altaîques, les Mélanésiens, les Malais, et qu'enfin chez les Nègres, puis chez les Européens, il s'incline en sens inverse, c'est-à-dire en haut et en avant.

Les angles auriculaires sont des angles ayant leur sommet commun au milieu de l'axe bi-auriculaire, et qui mesurent les arcs compris entre les rayons (rayons auriculaires) reliant le point aux différents points singuliers de la tête osseuse. On les détermine sur les projections obtenues avec le craniographe. Mesurés comparativement par Broca chez les Parisiens, les Basques et les Nègres, ces angles ont montré les relations suivantes :

Parisiens Basques Nègres Angle facial (du point alvéolaire au

8us-orbiUire] 51^5 Â^fi 46%%

Angle frontal (du point sus-orbitaire

au bregma) 56%4 &4%2 54%1

Angle pariétal (du bregma au

lambda) C0»,9 64»,4 66o,«

Angle occipital (du lambda à Topis-

thion) 7|o,2 73»,0 72»,2

Les angles auriculaires permettent donc déjuger du développement relatif des grandes régions de la tête. On voit que la région frontale est plus forte chez les Parisiens que chez les Basques, plus forte chez ceux-ci que chez les Nègres. On remarquera aussi le développement de la partie postérieure du crâne basque, développement qui, joint à la réduction de la région antérieure, se traduit par la dolichocéphalie occipitale. Par ce caractère, les Basques différent des autres dolichocéphales européens et se rapprochent beaucoup des Nègres. Il ne faudrait pas croire, d'après les chiffres précédents, que la face soit plus développée chez les Européens : on se rappellera que, chez le Nègre, la face se développe en longueur, ce qui en diminue l'angle, loin de le grandir.

D'après Gauvin *, l'arc pariétal est plus grand que l'arc frontal et que l'occipital chez les Australiens, les Papous, les Mélanésiens. Il est égal à l'arc frontal ou plus petit que lui, mais plus grand que l'arc occipital, chez les Malais. Chez les Maoris et les Tasmaniens, l'arc pariétal est plus petit que les deux autres.

V angle pariétal (v. p. 52) peut être, chez l'homme, positif, nul ou négatif : ses côtés, qui se rencontrent au-dessus de la tète dans le premier cas, sont parallèles dans le second, et se réunissent au-dessous de la tête dans le troisième. Lorsque l'angle est positif, les arcades zygoma tiques sont visibles sur les côtés du crâne par la norma verticalis ( phénozygie) ; lorsqu'il est négatif, les arcades sont cachées (cryptozygie). Voici, d'après Topinard, les moyennes de cet angle dans quelques séries humaines.

Néo-calédoniens + 20o,3 Mongols -f 10*,1

Nègres d'Afrique + 7»,0 Chinois -h i\%t

Page 1