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Étude $ur les diform. artif. du crâne

lion des pariétaux. Les « macrocéphales > du Caucase présentent un exemple de la déformation dite couchée, qui était également en usage chez les anciens Cimmériens des bords de la mer Noire. Dans certaines tribus du sud de Mallicolo se rencontre une déformation ana.ogue, faisant prendre au crâne une sorte d'apparence de gourde.

La déformation toulousaine du midi de la France ^ serait la macrocéphalie du Caucase, dontTusage aurait été apporté par l'immigration des Cimmériens, au quatrième siècle avant notre ère : le point d'appui est sous la nuque, la pression fait fléchir la partie supérieure du frontal, la région bregmatique, et le crâne est projeté en haut et en arrière.

Une déformation résultant d'une forte compression de l'occipital seul, qui devient plus ou moins aplati, s'observe chez certains Eskimaux de l'ouest (Pinart), dans quelques lies de la Malaisie (Montano, A.-B. Meyer) et de la Polynésie (Gosse) y et dans l'Asie antérieure.

C'est dans les deux Amériques que l'on a trouvé les exemples les plus nombreux de déformation artificielle. A l'époque de la conquête, presque toutes les tribus qui habitaient du Missouri au Mississipi avaient adopté cette cou* iume de temps immémorial. Il en était de même pour les tribus du Brésil. L'existence de la déformation dite cunéiforme relevée, chez les anciens Péruviens d'une part, chez les Tolteks et les Natchez de l'Amérique du Nord, de l'autre, a même conduit à penser qu'à une époque extrêmement reculée des relations ont dû exister entre les deux centres de civilisation américaine. Au contraire de l'Amérique et de l'Océanie, l'Asie orientale et l'Afrique éthiopique ont presque com-

1. Bull, de la Soc. d^Anthrop.f 1871, p. 100; 1873. p. 577. — F. Delisle, Cmtrib. à Vétude de» déform. arlif, du crâne, 1880. — Lagneau, Anfkrapih' logie de la France, p. 11.

plètement éoh<ippé à ces pratiques. En Afrique, Schweiiifurlh a signalé la déformation artificielle chez quelques tribus du Haut-Nil, Furnari chez quelques peuplades musulmanes du nord, en contact avec les Berbers.

Rappelons que ces déformations étaient pratiquées, soit en vue de réaliser un certain idéal de beauté, soit dans le but de développer certaines qualités morales : les goûts belliqueux par les déformations couchées, qui aplatissent le front ; la sagesse et la prudence par les déformations relevées, qui aplatissent l'occiput et refoulent le cerveau en haut et en avant.

Dents. — Le volume absolu des dents atteint ses degrés extrêmes chez les Basques d'une part, où elles sont remarquablement petites, et, de l'autre, chez les Noirs mélanésiens qui les ont généralement très puissantes. Sous le nom d'indice dentaire^ Flower ^ a déterminé le rapport de la largeur totale des molaires et prémolaires (mesurée de la face antérieure de la première prémolaire à la face postérieure de la dernière grosse molaire) à la longueur de la ligne nasobasilaire. Cet indice conduit à établir trois groupes : i*" les microdonteSj dont l'indice est inférieur à4â (Européens, Hindous, Polynésiens); ^ les mésodonles, dont l'indice est compris entre42 et45 (Américains, Chinois, Malais, Nègres d'Afrique) ; 3« les mégalodonteSy dont Tindice est supérieur à 45 (Mélanésiens, Andaroanites). Le volume des molaires est donc maninifestement plus considérable dans les races inférieures, où elles peuvent occuper sur l'arcade alvéolaire la même laideur relative que chez le chimpanzé (Tasmaniens, 47,5; chimpanzé, 47,8). La même observation vaut pour les canines, qu'il n'est pas rare de voir dépasser notablement en longueur le niveau des autres dents sur le crâne néo-calédonien (Bour-

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