Joum. of iht AnJOirap. Itutitt 1884, p
LE GRAiNE. 277
garel). La loi de gradation à laquelle obéit le système dentaire, dans la série des vertébrés, se poursuit ainsi dans la succession des races humaines, de même que pour les autres caractères anatomiques.
Nous avons vu ailleurs (page 82) que le volume relatif des prémolaires et des molaires suit fréquemment, dans les races inférieures (Nègres, Australiens, Néo-Calédoniens), la même loi de croissance que-chez les singes. Dans les races d'Europe, la dent de sagesse est presque constamment plus petite, et souvent beaucoup plus petite que les deux autres molaires. Dans les races inférieures, cette infériorité de volume s'observe encore assez souvent, mais elle est généralement beaucoup moindre, et souvent enfin les dents de sagesse sont aussi grosses que les molaires adjacentes.
Au point de vue de la constitution morphologique des dents, Hamy « a signalé sur plusieurs mâchoires préhistoriques du type de Cro-Magnon l'aplatissement transversal des canines et la bifidité de leur racine. L'anomalie, qui se reproduirait sur les sujets de cette race dans la proportion de 12 p. 100 environ, est beaucoup plus rare aujourd'hui (1 p. 100 au plus) : Hamy l'a notée surtout chez les Kabyles. — Le dédoublement de la racine des prémolaires supérieures se trouve souvent également réalisé, à divers degrés, dans nombre de races. — Les molaires supérieures (abstraction faite de la dent de sagesse) ont presque invariablement quatre tubercules, et il ne parait pas probable qu'il y ait sous ce rapport des différences ethniques. Il en est autrement des molaires inférieures. Dans les races actuelles de l'Europe, elles n'ont souvent que quatre tubercules; l'existence de cinq tubercules, si elle ne constitue pas l'exception (Hamy l'a observée 29 fois sur 51), n'est pas, du moins, la