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Hev. d'Ethnogr., t. III, p

peuples sauvages, les Mélanésiens pratiquaient parfois l'assassinat des vieillards ou des infirmes qui ne peuvent qu'être à charge à leurs congénères. Aux îles Yiti, Tassassiné de l'heure suivante donne une fête* d'adieu et creuse sa propre fosse avec sérénité. Il s'agit pour lui, pour les siens, d'un acte absolument moral et pratique. Même mépris de la vie des nouveau-nés; l'infanticide est pratiqué sur une large échelle : les filles surtout sont victimes de cette coutume qui ne révolte là-bas aucune conscience. L'anthropophagie règne également, dans l'est surtout. Aux îles Vit! elle a été en très grand usage, et les insulaires ne s'en sont jamais cachés; aux chefs sont naturellement réservés les fins mor* ceaux. Souvent les Yitiens ont offert aux Européens de partager ces repas. Les Mélanésiens sont cannibales par goût, par appétit sensuel. Toutefois, les indigènes de Yanikoro se défendent de cette coutume. Aux lies Yiti et dans quelques autres régions mélanésiennes, on pratique la circoncision au moyen d'une coquille tranchante ; en Nouvelle- Guinée elle est inconnue. Les Néo-Calédoniens, pour les mentionner d'une façon plus particulière, se vêtent d'une sorte de turban blanc en écorce, appliqué sur le haut de la tête ; certains entourent leur verge d'un carré d'étoffe qui lui donne parfois une largeur de^ à 5 centimètres, une longueur de 50 à 60 (Foley) ; on fixe à la taille cet impedimentum au moyen d'une corde. A la ceinture des femmes pend une frange végétale, à laquelle on adjoint parfois un petit tablier en paillis léger. Les villages se composent généralement de quarante ou cinquante huttes éparses, recouvertes d'herbes sèches et s'ouvrant par une porte très basse; les cases des chefs sont plus élevées que les autres, et la pièce de bois qui les soutient se dresse en dehors de la toiture, ornée de coquilles et de figures diverses. Les femmes n'habitent point dans les mêmes cases que les hommes, ou, s'il en

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est ainsi, se couchent avec les enfants d'un côté, les hommes se tenant de Tautre côté. L'alimentation est foncièrement végétale ou piscique. La principale culture est celle de rigname; on travaille la terre au moyen d'un long bâton durci au feu. Le Néo-Calédonien connaît et pratique assez habilement l'art de l'irrigation. Du sort des femmes il n'y a qu'une chose à dire, c'est qu'il est des plus misérables ; tous les travaux pénibles leur sont confiés; elles sont usées, flétries à l'époque de la ménopause. Comme armes, le Néo- Calédonien a des casse-tèle en bois ou munis d'une pierre faisant masse, des dards longs de deux mètres, des flèches, des frondes dont les pierres sont serrées en un filet porté à la ceinture. On pèche au moyen d'hameçonsen nacre, de sagaies, de flèches. On creuse des pirogues dans des troncs d'arbres; les pirogues doubles consistent en deux arbres évidés, liés ensemble et pontés : elles sont rejointes par une plateforme et pourvues d'une voile en nattes. Les pièces les plus curieuses du mobilier sont les poteries ovoïdes, hautes d'un demi-mètre, fabriquées par les femmes. L'état social est rudimentaire et les diverses tribus sont loin de s'entendre entre elles; les chefs sont nombreux, souvent en guerre, s'efibrçant d'écarter les leurs de tout rapport avec les colons (Moncelon). Pour les Néo-Calédoniens, la mort est le résultat d'un maléfice ; ils croient à une survivance mal définie des esprits de leurs ancêtres. Les morts sont suspendus à des arbres, en certains lieux que l'on évite de visiter. Intelligent, curieux, mais impropre à un travail régulier, le Néo- Calédonien est indépendant et belliqueux. Les guerres, les famines, la mauvaise hygiène favorisent peu sa longévité; on compte dans cette population de 40 à 50 000 tètes. D'après Fr. Mâller, la langue appartient à la famille papoue, non point à celle des idiomes dits mélanésiens. Les Arfakisy montagnards néo-guinéens, ont été détachés.

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mais à tort, des Papous. Tous leurs caractères les identifient avec ces derniers. Dumont d*Urville les représente comme plus noirs de peau que les Papous du pays côtier, plus vigoureux. Ils vont nus, ou affublés d'une petite ceinture végétale; leurs cheveux sont tortillés en petites mèches; ils pratiquent le tatouage par cicatrices. Leurs habitations sont élevées sur des pieux. Ils sont presque toujours en état d'hostilité avec les Papous qui les entourent.

Sous le nom de c Négritos-Papous i^, A. de Quatrefages et Hamy rangent différentes populations qui vivent au milieu des Papous, les Karons de la Nouvelle-Guinée et certains groupes que l'on rencontre dans quelques lies voisines, à l'est et au sud. En fait, ce sont des sous-brachycéphales qui rappellent par divers côtés les Négritos. Mais d'autres éléments, par exemple l'élément malai (Dumont d'Urville), ont pu contribuer ça et là à arrondir légèrement le crâne papou. Rienzi comprend sous le nom de Papous-Malais les métis de vrais Papous (Papouas) et de Malais, que l'on rencontre dans le nord de la Nouvelle-Guinée et dans quelques iles situées à l'ouest ^ Il les dépeint comme petits, trapus, vigoureux, ayant les lèvres épaisses, la peau d'un noir jaunâtre et peu foncée, le visage osseujc, les cheveux plus droits que ceux des Papouas.

§ 5. -> Les AuBtraliens.

C'est une question fort obscure que celle de l'origine des Australiens. Les indigènes de la Nouvelle-Hollande sont des noirs à cheveux non crépus : il y a là (comme en ce qui concerne les noirs du sud de l'Inde) une sorte de contradiction, qui ne se laisse interpréter que par la supposition d'un croi-

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