Revue d*Anthrop,, 1886, p
Le Cambodgien est voisin de l'état sauvage ; sombre, apathique, assez doux, mais vindicatif et cruel. C'est un fervent bouddhiste, d^ailleurs fétichiste. Le costume est un langouti noué autour des reins ; les cheveux sont ordinairement coupés courts. Les maisons sont élevées sur pilotis.
Jadis le Cambodge a joui d'une réelle splendeur, comme en témoignent les ruines de vastes monuments que Ton suppose avoir été élevés à l'époque de la propagation du bouddhisme. En tout cas, les figures qui y sont représentées n'ont rien de mongolique, de tibétain, de malai : elles reproduisent souvent le type hindou aryen. Ces ruines se trouvent sur le territoire pris par Siam au Cambodge.
Annamites. — Taille moyenne : 1",59 pour les hommes (d'après Breton, 4",57 ; d'après Finlayson, 1",53), 1",51 pour les femmes. Couleur de la peau : cuivre rouge clair, jaunâtre sale, brun ou vieille cire (Harmand), cannelle. Capacité crânienne : 1520 centimètres cubes pour les hommes, 1350 pour les femmes. Indice céphalique de largeur, 81 à 83; de hauteur, 96. Indice nasal, 51 ; orbitaire, 86.6. Le front est bas, les yeux sont un peu obliques, bridés ; le nez est écrasé et petit ; les pommettes sont saillantes ; la bouche est grande, les lèvres charnues ; le cou est court, le corps trapu, tout d'une venue; le bassin est large, mais moins large chez la femme que celui de la femme chinoise ; les jambes sont arquées; le gros orteil est écarté. Les cheveux sont noirs, gros, longs ; la peau à peu près glabre.
Les Annamites sont supérieurs, comme nation, aux peuples qui les entourent. Ils ont pour costume un large pantalon et une petite blouse ; les hommes portent une pièce d'étoffe en turban. La femme annamite se laquait autrefois les dents à sa première menstruation ; aujourd'hui à son premier coït, soit deux ou trois ans plutôt (Mondière). La nourriture est essentiellement végétale. L'Annamite est doux de caractère,
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mais fourbe, subtile, vaniteux, joueur, généralement indolent; d'ailleurs habile artisan et sachant supporter toutes les privations. Le bouddhisme chinois est la principale religion du pays. Les morts sont ensevelis et non brûlés, comme c'est le cas chez beaucoup d'Indo-Ghinois. Les mariages dépendent uniquement du chef de la famille.
On est assez divisé sur la question de Forigine des Annamites; les uns les font venir du nord (Aymonier), d'autres du Tibet.
En tout cas, les Tonkinois^ Annamites septentrionaux, ne diffèrent pas des Annamites méridionaux par leurs caractères extérieurs. Taille de cinquante-trois hommes tonkinois, 1",57; de quinze femmes, 4",49 (Breton). Indice céphalique pris sur le vivant : hommes, 84.2; femmes, 81.6.
Laotiens. — Le groupe « thaï » se divise en deux branches : les Siamois à Touest, voisins des Birmans ; les Laotiens, à Test, voisins des Annamites et occupant la vallée du Mékong. Les Laotiens, ou Laos, sont fortement métissés par les anciens peuples sauvages de la péninsule, surtout dans le nord; eux-mêmes, d'ailleurs, sont le plus souvent très peu civilisés. Ils seraient originaires du sud de la Chine (Lagrée), et seraient des Thaïs attardés dans la vallée du Mékong (Harmand). On les représente comme plus grands que les Annamites (1°',60), moins musclés que les Cambodgiens (Harmand). La couleur de la peau est parfois d'un brun rougeâtre, cannelle, parfois très claire (Mondière) ; les cheveux sont droits et noirs, le système pileux peu fourni. Indice céphalique de largeur variant de 81 à 84. Œil parfois bridé, nez retroussé, oreille grande et détachée, lèvre inférieure forte; torse long, membres un peu grêles. Le I-Aotien est hospitalier et de mœurs faciles, mais paresseux, vaniteux, imprévoyant, en somme d'une intelligence médiocre. Il est bouddhiste de nom, mais foncièrement fétichiste et offre des
sacrifices aux génies de la nature ^ Les cases qui lui servent d'habitation sont dressées sur pilotis. L'industrie est tout à fait rudimentaire. Les hommes chassent et pèchent, laissent les travaux aux femmes et aux esclaves ; ces derniers sont d'ailleurs bien traités. La plupart des Laotiens, surtout ceux de Fouest, se tatouent le ventre et les jambes *; l'opération a lieu vers la quinzième année. La couleur du tatouage est le noir, et les dessins représentent des animaux, souvent monstrueux. Ceux du nord se divisent en c ventres blancs » et en € ventres noirs >, selon le tatouage dont ils se couvrent (Néis, op. cit.).
Siamois. — Taille moyenne, 1 ",62 pour les hommes (Janka). Teint olivâtre (Gréhan), olivâtre foncé, mais beaucoup plus clair dans les hautes classes '. Corps robuste, assez musclé. Face losangique, cheveux noirs et raides, barbe rare. Œil oblique. Nez large, mais non aplati. Indice céphalique de largeur, 81.5 (sensiblement plus élevé d'après Janka) ; indice de hauteur-largeur, 94.7. Indice nasal, 52.5. Indice orbitaire, 87.5.
La chevelure est rasée, sauf une touffe au haut de la tête, et, chez les femmes, deux mèches longeant les tempes. Le costume se compose d'un langouti et d'une pièce d'étoffe drapée sur le buste. Les esclaves forment un tiers de la population et sont généralement traités avec ménagements. Les cadavres sont incinérés. En général les mœurs des Siamois sont douces et l'esprit de famille est chez eux fort développé, mais l'initiative leur fait défaut et ils sont essentiellement menteurs. Ce sont de fervents bouddhistes. Le roi principal a un pouvoir absolu; un second roi, placé à côté de lui, jouit de quelques attributs de la royauté. La femme