BuXiti. de la Soc. (TAnthrop., 188^, p. 65i
Les types, d'ailleurs, sont plutôt juxtaposés que fusionnés. Dickson, Roussin, Reclus, Melchnikov et nombre d'autres auteurs ont dépeint nettement les deux types extrêmes actuels : l'un à tête arrondie, à face large, à pommettes saillantes, à nez écrasé, à œil bridé; l'autre à la tête un peu allongée, la figure ovale, le nez souvent aquilin, l'œil ouvert et bien fendu, le teint blanc et non pas jaunâtre. Les individus appartenant au premier type sont de petite taille; les autres, de taille moyenne. Les premiers sont plus trapus, ont le cou plus enfoncé, les jambes arquées. Les cheveux sont noirs et raides. Il est possible de reconnaître dans les seconds la race indonésienne. On a pour la taille des Japonais les mesures moyennes suivantes, dont la diversité s'explique par la diversité même des races :
Hommes. Femmes.
Mohnike 1"»,C6 i -,35
Janka 1«>,56
Rémy 1",58 1«»,47
En réalité, ici aucune moyenne n'est possible, les divers éléments juxtaposés étant disparates. Certains crânes japonais sont franchement allongés, d'autres sont assez courts ou même courts, et en définitive, oif ne peut les réunir tous ensemble pour en tirer une moyenne générale qui ne répondrait à rien de réel. Les prétendues moyennes de 76.8, de 78.6, sont absolument factices. Même diversité en ce qui concerne l'indice de hauteur-largeur : tantôt il est de 86.9, tantôt de 102.8 {Cranta ethnica).
Le Japonais est intelligent, curieux, vif d'esprit, artiste; réservé, mailre de lui-même; généralement gai et bienveillant; propre, sobre, prévoyant; fort brave, sensible au point d'honneur. Il est agriculteur, tisserand, excellent potier, artisan consommé; son habileté artistique est grande, mais
toute conception idéale lui fait défait et il vise, avant tout, à rendre le côté minutieux des détails. Les maisons sont de bois, basses, distantes les unes des autres, manquent de symétrie et de proportions (Fontpertuis). La société est divisée en classes et hiérarchisée. L'empereur gouverne avec l'assistance d'un Conseil et d'assemblées administratives.
La femme japonaise est sous la domination du mari, mais son sort n'est point malheureux ; elle est tenue à distance, mais traitée avec ménagements. Bien que la polygamie soit interdite, il existe une sorte de concubinage à moitié oiliciel. Le Japon est le paradis des enfants (Rutherford Alcock, Guimel), qui sont particulièrement choyés et dont on soigne de près la première instruction ; la femme japonaise est une excellente mère de famille.
Dans la saison chaude, les hommes du peuple ne portent guère qu'une étoffe couvrant le ventre et les reins; les iraîneurs et les coureurs oi)t seuls conservé l'usage du tatouage, qui occupe généralement les épaules et la partie supérieure des bras, le dos, parfois une moitié du corps (Ransonnet). Beaucoup, dans la classe aristocratique, s'habillent aujourd'hui à l'européenne.
L'évolution singulière de la civilisation était préparée depuis longtemps : c'est le fruit naturel d'idées ayant de profondes racines (Metchnikov) ; les Japonais manquent d'idéal et de fantaisie Imaginative, mais ils ont une grande aptitude à recevoir et à s'assimiler les conceptions venues de l'étranger ; tandis que les Chinois s'ouvrent par la force des choses à la culture occidentale, les Japonais la recherchent d'eux-mêmes et n'ont, au fond, rien du vieux fanatisme de leurs voisins continentaux. L'avenir dira si la transformation actuellement en cours a été sufGsaaiment ménagée, ou si au contraire elle a brusqué trop vivement les anciennes traditions.