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MALAIS

La vieille religion officielle, appelée sintOj consistait en la vénération des forces naturelles et du souvenir des ancêtres; le bouddhisme est la religion du peuple, mais il n'a fait que se greffer sur le vieux culte. Au fond, le Japonais est irréligieux; les femmes mêmes sont indifférentes en celte matière : aujourd'hui les vieux temples sont délaissés et les indigènes qui les fréquentent encore ignorent quel culte ils peuvent bien professer (Dubard).

S 15. — Les MalaiB.

On ne peut guère mettre en doute que les Malais, les vrais Malais (car sous ce nom on comprend des races diverses), appartiennent au groupe des races à petite taille et à télé plus ou moins ronde de l'Asie. L'époque de leur passage dans l'archipel ne peut être précisée. En tout cas, leur domaine principal est celui de la presqu'île de Malacca (au centre de laquelle ils ont refoulé des populations sauvages, Manthras, Jakouns, elc), et de la partie centrale du Sumatra. En Indo- Chine, ils occupent la presqu'île méridionale au sud de lO"" de latitude. Au nord de cette presqu'île ils confinent à des Birmans (N.-O.), à des Siamois (N.-E.). ASungora, on est déjà en plein territoire malai. C'est dans le pays de Malacca que la race et les coutumes malaies se sont conservées avec le plus de pureté, malgré l'influence du mahométisme et de l'hindouisme. L'indice céphalique est de 80.4 (A. de Quatrefages et llamy). Le centre de Sumatra est également du domaine malai; de même, à l'est, les îles de Banca et de Billiton. Nous trouvons encore de vrais Malais sur tout le pourtour de la grande île de Bornéo. Dans l'île de Java, dans les Moluques, ils ontfortement pénétré ; les Soudanais de l'ouest de Java, les Madurais de l'est, peuvent passer pour de vrais Malais. Plus au nord, les Malais détiennent les côtes d'un

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certain nombre d'Iles dans Fintérieur desquelles ils onl refoulé des Indonésiens préoccupants, ceux-ci, d'ailleurs, ayant déjà refoulé des Négritos anciens détenteurs du sol ^

Le Malai proprement dit est d'assez petite taille ; en moyenne 1°,59 pour les hommes. La peau est d'un brun clair ou cuivre, tannée; tire vers le rouge brique foncé (Rienzi); parfois couleur de cuivre jaune mélangé d'orangé (Lesson) ; couleur brun olivâtre sale (Finch) : le jaune d'or est le teint le plus estimé. Les cheveux sont noirs, rudes ; la barbe est rare, droite, noire. Les yeux sont noirs et vifs, légèrement bridés. La bouche est large, les lèvres sont fortes. Le nez est court, un peu aplati, avec des ailes assez développées, moins large que le nez des autres Océaniens. Le menton est carré et un peu saillant. Le diamètre transverse de la figure est large. La tête est de forme assez arrondie (mésaticéphalie et plus souvent sous-brachycéphalie) ; l'occiput est aplati et carré. Les extrémités sont petites. Chez les femmes, les formes sont généralement arrondies, les seins coniques et assez petits. La musculature est peu développée. Ces caractères se retrouvent très nettement chez les Malais de Java.

En somme, la différence est grande, sous tous rapports, d'avec les Polynésiens et les Indonésiens, et tout indique une origine asiatique (Cravvfurd, Logan). Ce que les Malais ont gagné principalement à leur établissement dans les régions qu'ils occupent, c'a été une teinte plus obscure de la peau; cela, sans doute, grâce au contact avec une population nigi'itique qui les avaient précédés en ces pays. Pour Lesson, les Malais ne sont que des Javanais expatriés : ces derniers seraient la souche malaie la plus ancienne, et il ne faudrait voir en eux que des métis formés par le croisement d'émi-

i. Hamy, Buîlet. de la So3. d'Anthrop., 1884. p. 55.

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