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parfois empoisonnée), la lance, la massue, la sarbacane qui envoie de petites flèches empoisonnées; aujourd'hui le fusil introduit par les traitants européens. La famille est fondée sur la succession maternelle ; les biens de la femme vont aux enfants, mais non ceux du mari qui vont aux enfants de sa sœur, ou, à défaut de celle-ci, aux enfants de son frère. Ce n'est point le futur qui achète sa femme, c'est la mère de celle-ci qui achète son gendre, un mari pour sa fille; cela du moins en principe. L'influence mahométane commence toutefois à modifier ces mœurs nationales anciennes.

S'il faut rattacher aux Polynésiens les Indonésiens (de Java, de Bornéo, de Célèbes, des Philippines) que pénétrèrent plus ou moins les Malaisvenusdu continent asiatique, il faut admettre que ces derniers, les Malais, ont perdu leur langue primitive, et ont adopté, conquérants, la langue des peuples vaincus. Cela, d'ailleurs, n'aurait rien d'extraordinaire. En tout cas, il importe de rejeter définitivement l'ancienne théorie qui fait des Malais et des Polynésiens une seule et même race, dont les Malais auraient été les représentants les plus près de leur. origine et les Polynésiens les représentants les plus éloignés.

Les Hovas, race dominante de Madagascar, peuple conquérant et commerçant, sont communément regardés comme des Malais, Quelques auteurs pourtant en font des Indonésiens; Rienzi, par exemple, les rattache aux Dayaks ; d'autres auteurs les rattachent aux Battaks. Pour d'autres, ils ressemblent plus particulièrement aux Madurais. Ils ont la peau de couleur olivâtre, les cheveux lisses, les yeux un peu obliques et bridés (Sibree, Laroze), généralement le nez court du Malai ; ils sont de taille moyenne ou assez petite. Ceux qui sont de grande taille et ont le nez aquilin sont métissés. Les croisements des (lovas et des noirs de Madagascar

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ont été nombreux et l'on rencontre des métis de tous degrés. Les BetsimisarakaSy les Betsiléos, par leur teint d'un brun plus ou moins clair, décèlent un mélange évident. Le sang malai a moins pénétré par contre chez les noirs de l'ouest de l'île (Oliver). EUis évalue le nombre des Hovas à 750 000 individus.

§ 16. — liOB Indonésiens.

Cette appellation, due à Logan, s'applique à la race d'assez grande taille, au crâne légèrement allongé, qui, avant l'arrivée des Malais, occupait tout l'archipel auquel on donne aujourd'hui le nom de malai. Il n'est point douteux que les Indonésiens ne soient alliés aux Polynésiens, leurs voisins du nord-est.

Dans Sumatra, les Malais^ venus vraisemblablement du continent sud-asiatique, ont pris une place importante. Pourtant les Âtchinois du nord-ouest de l'ile ont conservé en partie le type indonésien. Les Baiiaksj ou Battas (qui occupent la partie supérieure de Sumatra, sauf la pointe nord des Atchinois) sont restés, eux, de vrais Indonésiens. Ils n'ont point passé au mahométisme. C'est un peuple d'agriculteurs et de pasteurs qui vivent en un assez grand nombre de petits États indépendants. Leurs maisons quadrangulaires, de bois, reposent sur pilotis et sont couvertes par un vaste toit. Ils s'habillent, à partir de la ceinture, d'un vêtement dont ils fabriquent eux-mêmes le tissu ; le haut du corps reste découvert : la tête est généralement entourée d'une pièce d'étoffe. Leur nourriture est tirée de la viande des troupeaux. On rencontre chez eux la curieuse pratique de l'anthropophagie judiciaire : on est juridiquement mangé pour tels ou tels méfaits, soigneusement déterminés. Autrefois on mangeait les vieux parents incapables de travailler ; cet usage a

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disparu. Le type est bien difTérent de celui des Malais : taille au-dessus de la moyenne, musculature puissante; crâne légèrement allongé, occiput arrondi, système pileux assez fourni ; visage un peu allongé ; teint peu foncé (Marsden, Ida Pfeiffer) ; sein hémisphérique chez les femmes.

Au sud des Battaks, dans Sumatra, les Malais proprement dits occupent une partie très importante de Tlie; non le sudouest où se trouvent les Redjangs et l'extrême sud tenu par les Lampongs : ces deux populations paraissent appartenir à la race indonésienne (Van Leent), qui occuperait aussi les lies de l'ouest de Sumatra (Nias, Engano, etc.). Les habitants de la partie sud-est de Sumatra, dit Rienzi, sont d'une haute stature, de même ceux d'Engano (op. ciLy p. 139).

Java présente trois groupes de population : à l'ouest (région de Batavia) les Soudanais, dont le type est brachycéphale et s'écarte du type indonésien ; à l'est les Madurais, qui ont beaucoup de rapport avec les Soudanais. En somme. Soudanais et Madurais peuvent passer pour de vrais Malais. Dans le centre de l'île, sont les Javanais proprement dits. A coup sûr les Javanais ne sont point de purs Indonésiens, mais on retrouve facilement chez eux l'ancien type. Ce type a été influencé par les Hindous qui ont occupé Java dès le premier siècle de l'ère chrétienne, et par les Malais. En somme, les Javanais sont des Indonésiens très métissés, et parmi eux il en est même qui sont de vrais Malais immigçés. C'est un peuple agriculteur, certainement plus avancé en civilisation que tous ses congénères. Les Javanais se divisent en nobles et en populaire, les premiers fournissent au gouvernement ses fonctionnaires. Celui-ci, d'ailleurs, est des plus despotiques et des plus hiérarchisés. Après avoir reçu la civilisation et les religions de l'Inde, les Javanais sont mahométans depuis le xv" siècle. L'habitation javanaise est de bambous et de forme quadrangulaire, recouverte de feuilles de palmier

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et de gazon ; le toit est disposé en véranda. Le riz constitue le fond de Talimentation ; on mange aussi des patates douces et du maïs. La viande est réservée pour les grandes occasions. Oc mâche le bétel, on fume le tabac et l'opium. Le costume se compose d'une camisole de toile et d'un pardessus de coton ; les jambes sont introduites dans un court pantalon ou enveloppées dans une étoffe attachée aux reins. L'arme nationale est le cris; on emploie également l'épée, l'arc, le dard, mais le fusil tend à remplacer ce vieil armement. Les gens riches sont polygames, les moins heureux n'ont qu'une seule femme. Chaque famille a son propre lot de terre cultivable, dont le produit revient pour un cinquième aux princes propriétaires du pays. La forme du gouvernement est despotique et l'étiquette la plus rigoureuse est pratiquée. L'industrie principale est celle de la confection des embar* cations. Les Javanais sont aussi tanneurs, tisserands, corroycurs, mais commerçants médiocres.

Les Indonésiens, qui ont précédé à Java les Malais, semblent ti'autre part avoir été précédés eux-mêmes dans cette île par des noirs de petite taille (Négritos) dont les Kalangs, vivant retirés dans les forêts, seraient les derniers descendants (Meyer, Vivien de Saint-Martin). C'est le même fait qui s'est passé aux Philippines *.

Les îles qui, à Test de Java, vont horizontalement de l'ouest à l'est, sont habitées par des Indonésiens plus ou moins métissés de Malais. Chez les BalinaiSy l'élément malai brachycéphale semble prédominer ; pourtant le type indonésien à peau claire s'y remarque facilement. On pratique à Bali l'hindouisme, et les veuves sont sacrifiées dans la caste des guerriers et celle des marchands (Rienzi). A Timor, les Malais ont rencontré une population noire» à cheveux lai-

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