‹ Précis d'anthropologieChapitre 230 sur 319 · Girard de RiaUe,i{«vtte d'Anthrop., 1885, p · texte numérisé non relu

Girard de RiaUe,i{«vtte d'Anthrop., 1885, p

MIGRONÊSIBNS. i81

taks, Dayaks, etc.) des Malais, rattache sans hésitation les premiers aux Polynésiens (dont ils ne seraient d'après lui que des émigrés), et il leur donne le nom de Malaisiens^ Cette appellation ne peut être acceptée, eu égard à la con* fusion qu'elle créerait certainement. Le terme d'Indonésiens semble de beaucoup préférable, bien qu'il soit encore très conventionnel. En somme, les Indonésiens sont la branche occidentale de la famille ethnique dont le centre est formé par les indigènes (plus ou moins métissés) de la Micronésie, et dont les Polynésiens sont la branche orientale. Il resterait à déterminer le point d'origine commune. Pour P. Lesson, les Garolins seraient originaires d'une des provinces du nord de l'Asie (op. ci/., t. II, p. 476), opinion repoussée par Mertens. Nous parlerons plus loin de l'origine des Polynésiens. En tout cas, le groupement des trois branches est justifié, et l'analogie des mœurs confirme les indications fournies par la similitude générale des types.

§ 17. — Les Mieronâsiezui.

Sous le nom de Micronésie on comprend l'ensemble des lies, ilôts et iles basses, qui, laissant au sud le domaine papou (Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Bretagne, etc.), confinent vers l'ouest au domaine indonésien, vers Test au domaine polynésien. Ce sont les Mariannes, les Palaos ou Pelew, les Carolines, les iles des groupes Marshall et Gilbert. La couche de population supérieure de ces archipels forme avec les Indonésiens et avec les Polynésiens un ensemble ethnique, mais elle s'est implantée sur une population noire (papoue) plus anciennement fixée dans cette région, et le métissage a été souvent considérable.

1. Les Polynésiens; Uurs migrations, leur langage. Cf. Lud. Martiaet, LHomme, t. II, p. 26.

BOVELACQUE et G. HERVÉ. — Anthropologio. 31

Les indigènes mariannais (on ne peut parler des habitants actuels qui sont des métis européens) étaient de grande taille, robustes, disposés à l'embonpoint, avaient la peau basanée, les cheveux noirs et lisses, le crâne allongé et élevé. Leurs mœurs étaient en tout comparables à celles des Polynésiens. L'alimentation animale fut introduite chez eux par la conquête espagnole.

Dans les îles Pelew, les -frères des Indonésiens et des Polynésiens ont également recouvert une couche ethnique plus ancienne (Â. Lesson). Ten Kate décrit les insulaires comme de haute stature, ayant la peau olivâtre ou d'un cuivre bronzé, les cheveux flottants et bouclés autour de la tète. Les hommes étaient entièrement nus, les femmes portaient deux espèces de franges d'environ dix pouces de hauteur et larges de sept, l'une par devant, l'autre par derrière. Le corps était frotté d'huile et tatoué. La cloison du nez était percée et garnie d'une fleur, les dents noircies, les poils de la face épilés. D'après Miklucho-Maklay, la taille des homme varie de l'^ySâ à l^^yTâ : les hautes statures révèlent évidemment la race indonésienne ou polynésienne; chez les femmes, la variation va de 1°',45 à i'^ybd. La couleur de la peau est parfois assez foncée, parfois teinte de buis, plus claire chez les femmes. L'indice céphalique varie de 71.4 à 83.5; le métissage est indéniable. Les cheveux tantôt droits, tantôt frisés, tantôt presque crépus, fournissent le même renseignement.

Plus à l'est, aux Carolines, le teint varie du jaune brun à l'olivâtre (Gaymard), est rarement plus foncé que celui des Européens bruns (Gulick), olivâtre peu foncé (P. Lesson); les cheveux sont noirs et lisses, la barbe est peu fournie, le nez bien dessiné, quelquefois large à sa base, la bouche grande. La taille est au-dessus de la moyenne et Ton rencontre un certain nombre de hautes statures ; le corps est bien musclé. D'après Miklucho-Maklay l'indice céphalique

MICROKÉSIENS. 483

varie de 7â.7 à 84.3 : on ne peut conclure à un indice moyen

et le mélange des races est évident, comme aux Pelew. Les

cheveux crépus ne sont pas rares. Les variations de couleur

de la peau sont les mêmes que dans les lies précédentes.

P. Lesson signale très nettement la différence des types à

OualanS Les Carolins connaissent le tatouage, pratiquent

le tabou, sont de bons navigateurs. A Gouap (Eap, Yap),

Dumont-d'Urville représente les indigènes comme bien faits

et d'un teint c fort clair ». Aux îles Monteverde, le teint est

olivâtre; la taille moyenne des hommes serait de l'^yS?. Aux

lies de Loukounor, la taille est également élevée (Lûtke).

Mertens dépeint les Carolins comme plus grands que les

Malais, avec lesquels ils n*ont rien de commun; comme ayant

les cheveux épais et d'un châtain noir, le front élevé, le nez

prononcé mais large, les lèvres épaisses, la bouche assez

grande, les pommettes saillantes, le menton proéminent;

d'une agréable physionomie et d'un heureux caractère, doux

el modérés.

Les indigènes des îles Gilbert ont les cheveux noirs et lisses , quelquefois bouclés; parfois le nez est busqué. La peau varie d'un brun olivâtre à un brun rougeâtre (Finsch), est très foncée, dit Dumont-d'Urville. La taille est assez variable; un certain nombre d'indigènes sont grands (Paulding). la barbe est assez fournie. Pour l'ordinaire, les hommes voatnus; les femmes ont une ceinture frangée descendant aux genoux. Le tatouage est i peu près général. Le fond de Talimentation est végétal: fruits dupandanus, cocos, etc. Ce sont d'adroits pêcheurs ; ils fabriquent de bonnes embarcations et sont assez aptes au négoce.

Page 1