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Voijagex aux îles du Grand Océan, l. II, ch. IV

2. Unit. SI. Evploring Expédition dtthng the Years 1838-4:2, t. VI.

à compléter. D'après Ilale, le départ de la migration, aussi haut qu'on la puisse saisir, aurait eu lieu de la région ayant au nord les Pelew, à l'ouest Mindanao, au sud la Nouvelle- Guinée, soit le sud-ouest de la Hicronésie. De là on aurait gagné la Polynésie occidentale (Tonga), puis orientale (les Marquises); des Marquises on se serait dirigé sur les Sandwich au nord. C'est de Tonga qu'on serait parti pour la Nouvelle-Zélande. A. de Quatrefages estime que pour un peuple familiarisé avec la mer, cette navigation de l'ouest à Test n'a rien que de facile, et que la dissémination des Polynésiens dans celle direction a eu lieu tantôt volontahrement, tantôt involontairement. Les traditions des Maoris rappellent une origine septentrionale, l'arrivée d'une c Havaïki » loinlaine. Celle Havaïki légendaire, dont le nom se retrouve plus ou moins bien conservé dans les traditions de nombreux archipels, aurait fait partie des lies Samoa, et il faudrait y reconnaître l'ile Savaï. Les traditions des archipels Samoa el Tonga indiquent une origine occidentale, une mère-patrie appelée c Bourotou > : il faudrait y voir l'Ile actuelle de Bourou, à l'ouest de Céram, à l'est de Célèbes. Les Polynésiens, d'après l'opinion de Haie, seraient ainsi venus de la région des Indonésiens, leurs frères, en naviguant le long de la fron-> tiére septentrionale, puis orientale, des Papous et des Mélanésiens. Ce grand mouvement ne serait, d'ailleurs, pas fort ancien et ne remonterait pas au delà des temps historiques; mais ici se présente une difficulté considérable (abstraction faile de la faiblesse des arguments tirés de vagues tradi* lions): d'où provenaient, avant de se trouver en Maiaisie, les Indonésiens elles Polynésiens? Leur grande taille, les indices céphaliques de largeur et de hauleur, le nez, l'œil, bien d'autres caractères encore empêchent de les rattacher aux brachycéphales que l'on range sous le nom de roongoliqucs. L'opinion de Rienzi est qu'il faut diw^hcr à Bornéo, dans

la région des Dayaks indonésiens, le berceau des Polynésiens. Ceux-ci, dit-il, ont tiré leurs idées, leurs mœurs, leur langue d'un État central, du sein d'un peuple puissant et navigateur : < Cet État central, ce foyer, c'est Tfle Kalémantan, ou Bornéo, et les Dayas-Bouguis sont ce peuple. Quelques hommes parmi ces hommes naturellement navigateurs auront quitté leur antique patrie, et auront porté le surcroit de leur population en suivant la mer qui est entre Tile Kalémantan et Maïndanao, et par cette voie auront pénétré dans le grand archipel des Carolines, d'où ils se seront établis successivement dans d'autres îles, à mesure que les polypes et les volcans auront placé de nouvelles terres sur l'Océan i {Océanie, t. !•', p. 356). Rienzi invoque ensuite les traits communs aux Dayaks et aux Polynésiens, ce qui est fort exact, mais ce qui ne prouve en aucune façon que Bornéo ait été le point de départ central. Une autre opinion, très diiïérente des précédentes, regarde le pays des Maoris, la Nouvelle-Zélande, comme le point de dissémination de tous les Polynésiens. Cette opinion est celle de LessonS D'après les traditions, la Nouvelle-Zélande aurait été le point de départ des Polynésiens actuels, favorisés par les vents d'ouest qui sont les plus fréquents. Les indigènes de Tile nord venaient eux-mêmes d'Havaîki, montés sur des canots, se dirigeant de l'ouest à l'est et n'ayant à franchir qu'une dislance relativement peu considérable. Havaïki devrait être cherchée dans l'Ile néo-zélandaise du milieu (Kavaii) dont les habitants auraient probablement été autochtones, leur origine ne pouvant être rapportée à quelque autre terre : par leur faune, par leur flore spéciales, les îles de la Nouvelle- Zélande auraient été, en somme, un centre d'apparition;

i . Les Polynésien» ; leuronginCy leurs migrations, leur langage, par A. Lessofl et Lud. Martinet. — Cf. L'Homme, t. II, p. 3%.

elles auraient fait partie d'un massif continental (du 34* au 54' degré de latitude australe), dont il ne resterait que deux grandes iles, une île moyenne, quelques ilôts. On a objecté contre cette opinion que si la Nouvelle-Zélande avait pu peupler les lies océaniennes, rien n'eût empêché qu'elle eût également peuplé l'Australie ^ D'après d'autres auteurs (Quiros, Buache, Dalrymple, Forster), les groupes polynésiens seraient les témoins d'un continent disparu : les Polynésiens, dit Dumont-d'Urville, seraient des débris échappés à quelque révolution du globe, et ce continent disparu aurait été peuplé par des Asiatiques. Nous ne pouvons admettre comme prouvée l'origine asiatique des Polynésiens, car nous ne voyons pas bien à quelle race asiatique il est possible de les rattacher ; quant à la disparition d'anciennes terrés dans le vaste espace du grand Pacifique, il se peut que cette supposition soit exacte, mais il y aurait lieu de s'entendre sur l'emplacement même de ces terres, qui auraient pu, évidemment, être un des centres de l'apparition de l'homme. Les auteurs qui regardent les archipels polynésiens comme étant les témoins d'une région submergée font valoir à l'appui de cette opinion le fait que les lies dont il s'agit sont toutes situées le long d'une même ligne est-ouest, dominant une chaîne sous-marine qui s'étend jusqu'au continent américain; le fait que la population et les dialectes des lies appartenant à cette grande chaîne sous-marine sont plus purs et moins mélangés que ceux du reste de la Polynésie ; le fait, enfin, de l'éloignement des continents asiatique et américain et surtout la direction habituelle dès vents régnants '. Mais on objecte, d'autre part, la nature éruptive de ces îles, et surtout le fait extrêmement grave de la grande pauvreté de

1. Cf. BuUet, de la Soc, d*Anthrop.y 1860, p. 214. î. LHomme, t. II, p. 272.

leur flore et de leur faune. Si les mammifères antres que l'homme y ont été importés, il faut bien, dit-on, que celui-ci soit également d'origine étrangère. Ne resterait-il alors à chercher l'origine des Polynésiens que dans le pays de leurs frères les Indonésietfs, à l'ouest de la Papouasie? Quoi qu'il en soit de cette supposition, il ne faut pas nier la possibilité, la vraisemblance même, d'apports ethniques divei*s dans les archipels dont il s'agit. Les Polynésiens et leurs frères les Indonésiens ne sont ni des Malais, ni des Américains; mais ils ont pu subir une influence orientale et une influence occidentale. Eux-mêmes, d'autre part, selon la juste observation de A. de Quatrefages, ont fait sentir leur influence au nord-ouest, sur la population japonaise actuelle.

g 19. — Les Américains.

Le crâne de l'homme fossile américain a, selon quelque probabilité, été mis au jour. Cet homme était contemporain d'animaux qui aujourd'hui ont disparu ; pour arme, pour outil, il avait la pierre taillée K Les recherches du Danois Lund, au Brésil, ont peut-être établi l'existence de cet homme fossile au crâne long et étroit, à glabelle saillante, à os malaires projetés*. D'après Ten Kate, les quatorze crânes de Lagoa Santa ont un indice de largeur de 73.6, un indice nasal de 51.9. Non seulement au Brésil, mais aussi à la Plata, dans l'Amérique centrale également, de même dans celle du nord, l'homme contemporain de la faune quaternaire a laissé des traces incontestables de son industrie toute primitive. L'évolution qui se produisit en Europe se pro-

1. Abbott, Primitive Indusiry. — Peahody Muséum, Rapports. — Ameghina, Hevue (TAnthrop., iS19, p. 238; 1880, p. i.

i. A. de Quatrefages, Congrès anthropohgigue de Moscou^ 1879. — LâUien, Cinquième Congrès des Amèricanistes, p. 46.

duisit aussi en Amérique S mais ici, faute de documeniSy nous la suivons beaucoup plus dirficilement. D'où venaient les éléments brachycéphales qui pénétrèrent plus ou moins Tancienne race à crâne allongé, c'est ce que Ton ne peut encore dire avec toute certitude. Peschel, qui tient pour une espèce humaine unique et pour un centre unique d'apparition de l'humanité, partant de ce que ce centre n'a pu être le nouveau monde, en conclut que les ancêtres des Américains sont venus de l'ancien continent. Cette migration n'a pu avoir lieu au moyen d'une longue navigation ; elle a pris la voie de Behring'. Peschel invoque les caractères al taîques attribués au type américain par nombre d'auteurs (Morton, Burton, Tchudi). D'après Humboldt, d'ailleurs, la civilisation de l'Amérique centrale révélerait une origine asiatique. Pickering distingue deux races : l'une, d'origine altaïque, aurait peuplé tout le continent à l'exception du territoire de TOrégon, de la Californie, des Antilles, de Panama, et du littoral des golfes de Darien et de Venezuela; l'autre, d'origine malaie, aurait occupé les régions susdites. Cette dernière serait la moins anciennement immigrée. Fr. MûUer fait remarquer combien il est invraisemblable qu'une race moins cultivée ait pu venir s'établir au milieu de peuples civilisés coQime l'étaient ceux de l'Amérique centrale, et s'y soit maintenue avec son type. Le même auteur ajoute que la supposition de deux races asiatiques ne saurait suffire à expliquer la diversité qui existe entre les différents peuples américains ; il voit dans les indigènes américains une seule et même race, isolée des autres sous tous rapports, et dont les variétés ont pris naissance en Amérique même '• En ce qui concerne l'origine de la civilisation des Peaux-Rouges

i. Hamy, Rev. d*Anthrop.y 1878, p. 65. — Ameghino, Ibid,, 1879, p. 211.

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