‹ Précis d'anthropologieChapitre 25 sur 319 · ANGLE OCCIPITAL DE DAUBENTON · texte numérisé non relu

ANGLE OCCIPITAL DE DAUBENTON

1 Hotteotot 19«

Maximiim de 200 crânes de Nègres africain s et océaniens 17»

1 jeune chimpanzé 5**

1 jeune chimpanzé 14*

1 chimpanzé femelle adulte. 16«,5

1 jeune gorille 16*

i jeune orang 17*

1 jeune orang 23*

Plusieurs gorilles, chimpanzés et orangs des

deux sexes 26*-30*

1 chimpanzé femelle 31*

1 gorille m&le 3!<>

1 orang mâle 40*

GibhoDs 18<»-39«

Semnopithèques 15^24*

Guenons 21*-25*

Cynocéphales 16*-28*

La distance entre Thômme et les singes, sous ce rapport, est donc assez faible pour pouvoir être franchie, non seulement par les jeunes singes, mais encore par les singes adultes, et, dès lors, il n'est plus possible de faire figurer Tangle de Daubenton au nombre des caractères qui différencient absolument Thomme des animaux. Il est clair aussi que la direction du trou occipital ne saurait être un critérium parfaitement rigoureux de Tattitude plus ou moins bipède ou quadrupède, car le Hottentot dont l'angle atteignait 19* était certainement un bipède plus parfait que le chimpanzé chez lequel il descendait à 16^ Mais, sur les moyennes, la différence reste notable, la plus forte moyenne normale de T homme ne dépassant pas 9^SA (Nubiens), et celle des chimpanzés adidtes s'élevant à SG^'â. Les microcéphales font transition avec WBl. L'angle de Daubenton, qui a réalisé en craniologie un très grand progrès, est donc, somme toute, un caractère à conserver.

Le second angle occipital ou angle occipital de Broca^ YON (Qg. 2), à sommet à Topisthion, à côtés représentés par le plan du trou occipital YY' et par la ligne opisthio-nasale NON', a sur le précédent l'avantage d'être toujours positif (ouvert

46 PRSCIS IKAIITUOPOLOCIE.

en bas), en même temps qu'il est plus correct anatomiquement, les côtés s'en plaçant l'un et l'autre dans le plan médian. Dépassant en général l'angle de Daubenlon de 11* à 13°, il donne, sur les moyennes, des résultats de même sens.

Fi(. I. - s

c'est-Â dire qu'il change assez brusquement en passant de l'homme aux Anthropoïdes.

AIGLE OCCiriTAL D

35 sdriai humaiDei. lO'.d-iO'.i 5 gorille* U>,6

4 chimpaoïéi 35-,5 9 gibbon». 40*.$

8 orHDgs 15>,1 13 pith«ciena 33*,3-3S',3

Touterois, un caractère qui ferait croire que les Pithéciens sont plus bipèdes que les Anthropoïdes est évidemment infidèle. Aussi Broca, aux deux mesures précédentes en a-t-il substitué une troisième, dans laquelle, le sommet de l'angle étant transporté au basion (B, lig. 3), la ligne fixe des angles occipitaux est remplacée par la ligne naso-basilaire d'Aeby, BN, tendue du basion à la racine du nez. Cette ligne représente la direction générale de la base du crâne en avant du trou occipital. L'angle YBN, compris entre la ligne nasobasilaire et la ligne du irou occipital YDY', est l'angle basi-

PARALULE de L'HOMHB et des singes. 47

laire de Broca. 11 mesure indirectement Tangle NBO que fait la base du crâne avec le plan du trou occipital (le degré de flexion que subît le crâne, au niveau de son articulation avec la colonne), angle dont il est le supplément et en sens inverse duquel il varie.

Chez l'homme, où il peut, par une exception pathoIogi<]u(s eitrëmement rare, descendre jusqu'à zéro, l'angle basilaire est rarement inférieur à 10° et plus rarement encore supérieur à 30*. Chez les singes, il est presque toujours compris

Fig, 3. - Angle b»ll>>f(.

entre 40* et 60*. Chez les vrais quadrupèdes enfm, il s'ouvre au delà de 60*, et peut même atteindre l'angle droit. Dans la comparaison de l'homme et des singes, l'angle basilaire augmente donc un peu la distance comprise entre les deux groupes d'après l'angle de Daubenton, de sorte que les plus grands écarts individuels ne donnent plus qu'un entre-croisement de un degré, au lieu de quatre degrés (un Nègre 37'; une femelle d'oraog et une femelle de chimpanzé 36'). AjouloDs que sur lâOO crânes humains examinés par Broca, un seul atteignait la limite inférieure de l'angle basilaire des singes, tandis que dix atteignaient ou dépassaient 15°, limite inférieure de l'angle de Daubenton chez ces animaux. Les

48 PHKCIS D'ANTHROPOLOGIE.

chiffres de l'aDgle basilaire sont donc plus satisfaisanla que ceux de l'angle de Daubenton, au point de vue de la caraclérisalion du crâne humain. 11 est évident néanmoins qu'ils n'expriment pas correctement la direction du trou occipital et l'attitude de la tète, puisqu'ils feraient croire que certains singes sont aussi bipèdes que certains hommes.

Ce résultat paradoxal provient de ce que la ligne nasobasilaire n'est pas assez fixe pour déterminer l'obliquité des autres lignes crâniennes. Pour apprécier exactement l'atti-

Fi|. t. — Angla orbito-occlpiul.

lude de la tête, il faut chercher la direction qu'affecte la ligne du trou occipital par rapport à l'horizon, dans la station naturelle. Broca ayant établi que le vrai plan horizonlal de la tële, aussi bien chez les mammifères que chez l'homme, est celui que déterminent les deux axes visuels, lorsque l'animal au repos regarde l'horizon', c'est au plan biorbitaire qu'il a, en conséquence, rapporté la direction du trou occipital. Il en résulte un angle dit orbito-occipital, ou orbito-basilaire*. Cet angle (YY'H, fig. 5) est constamment positif (ouvert en avant et ayant le sommet dirigé en arrière)

1. Bull, de ta Soc. d'Anthropologie, 1873, p. iS, Ui. ï. Broca, Btttt. de la Sce. d'Anlkrop., 1877, p. 335; Rev. d'Anthrop., I87i, p. 305.

PARtUtLE DE L-HOHllIi ET DES SINCGS. 49

chez tous les animaux autres que l'homme. Chez ce dernier, au contraire, i partir de l'âge d'un an, il est presque constamment négalir{le sommet dirigé en avant, fig.4). Lorsque, par exception, il devient positïr, comme chez quelques individus des races inférieures, il ne dépasse pas + 5°, restant ainsi à 17* au-dessous du minimum de + 22" observé chez les Anthropoides. Si, au lieu des cas individuels, on considère les moyennes, on voit que l'angle orbtto-occipilal est négalifdans toutes les races humaines, la plus faihle moyenne

Pi(. 5. — Anfla orbIto-occl|>ilil ((orllls tami^lle).

ethnique étant séparée de la plus faible moyenne des anthropoïdes par une distance de près de 36*, qui est double de la distance comprise entre la plus forte et la plus faible moyenne humaine. Le tableau suivant exprime ces résultats, qui fournissent, en définitive, h la craniologie comparée des Primates un caractère hautement différentiel et nettement hiérarchique, encore qu'il soit affaibli par l'existence d'un terme de Iransition présenté par le fœtus humain.

ANGLE ORBITO-OCCIPIT&L (BHOCA)

S orangi + i'>'fii Maximum normal de

10 SQriUei + WSl l'homme (Né-

Sfibboat + 3T,71 grauej + 5',0

■ofELACUDEet e. HERVÉ. — ipthropDlogit. 4

50 PRftClS D*iNTHROPOLOOie.

5 ehimpuiës + 32*,73 17 fotiu hamain -¥ ^A

Minimum des An- Moyenne maxiina de

thropoïdes (go- l'homme (Eski-

rille) + M»,0 manx) — 3«,0

Caractères morphologiques du crâne. — Le crâne humain se caractérise par une Forme spéciale, qui, malgré la grande diversité que lui impriment et la race et Tindividualité, est assez particulière pour pouvoir être reconnue du premier coup d'oeil, et distinguée parmi les formes crâniennes animales qui s'en rapprochent le plus. Mieux qu'une description générale impossible à donner ici, l'analyse comparative des différents caractères va nous permettre d'indiquer les trails principaux qui la constituent.

Tandis que chez l'animal le crâne fuit en arrière, et avec lui le frontal, pour laisser la face se projeter en avant sous forme de museau, chez l'homme la boite crânienne, surmontant presque immédiatement la face, s'élève plus ou moins verticalement au-dessus des arcades sourcilières pour former le front, qui prend ainsi une part importante à la constitution du visage. Le gorille est totalement dépourvu de front, et n'est, à ce point de vue, comme l'a dit Gratiolet S qu'un cynocéphale des mieux caractérisés. Chez Torang, il y a également absence presque complète de cette région. Mais déjà chez le chimpanzé un front se dessine, qui, pour être moindre que celui de l'homme, est cependant réel. En suivant le profil crânien de cet Anthropoïde, on constate une certaine courbure frontale dont toute la face suit la direction, ce qui tend à diminuer le prognathisme. Chez le gorille, au contraire, la ligne du prognathisme est régulièrement continue du sommet du frontal à l'extrémité libre des incisives, et elle n'est qu'interrompue, mais non déviée, par l'excessive saillie des arcades sourcilières. Le crâne du chimpanzé est

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