‹ Précis d'anthropologieChapitre 254 sur 319 · Rev. itAnthrop., 1886, p · texte numérisé non relu

Rev. itAnthrop., 1886, p

HOVBLACQUE et 6. HERVÉ. —Anthropologie. 35

&iG PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.

leur sujet, Lagneau assigne aux Berbers les caractères suivants : crâne ovale, très développé et saillant dans la régioâ occipitale, très ample au niveau des régions pariétales, fortement déprimé dans les régions zygomato-temporales; front bas et étroit; angle facial presque droit; contour du visage ovale, régulier, quoique les pommettes soient saillantes et les joues excavées; cheveux noirs ou châtain foncé, épais, lisses, 'assez brillants, à coupe elliptique; sourcils bien fournis, assez rapprochés ; paupières supérieures grandes et hautes; yeux noirs ou bruns, vifs; cornée transparente petite et bombée; nez de longueur moyenne, déprimé à sa racine, plus ou moins large et épaté; oreilles à pavillon large; lèvres grandes; dents remarquablement blanches, verticalement plantées; menton pointu; barbe assez bien fournie en avant; teint blanc, brunâtre, terne, bronzé; taille moyenne, cou volumineux et large; corps maigre, bien proportionné ; jambes sèches, bien faites.

L'ancien, le vrai type Berber était certainement brun. On trouve toutefois dans toutes les régions qu'occupent les Berbers actuels, aussi bien chez les Chellouhs du Maroc que chez les Kabyles et les Chaouïas, chez les Béni Mzab, et même chez les Touaregs, des individus aux cheveux blonds ou roux, aux yeux clairs. On a voulu voir en eux les descendants de Germains du moyen âge (Armand, Guyot, Perier); cette opinion a été ruinée par les vieux témoignages qui constatent ce type blond dans Tantiquité. D'autres auteurs ont parlé d'une ancienne invasion orientale, mais sans donner de base à cette assertion. L'opinion généralement admise est qu'une race blonde a jadis pénétré d'Europe en Afrique par le Maroc (Faidherbe),etque cette race a importé l'usage des dolmens. G. de Mortillet a détruit la théorie du soi-disant peuple des dolmens ; certains groupes isolés de ces monuments mégalithiques ne peuvent, dit-il avec raison, s'ex-

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pliquer avec l'hypothèse que les dolmens sont l'œuvre d'un peuple spécial en migration; leur diversité montre qu'ils sont l'œuvre de peuples distincts et leur volume énorme dit assez qu'ils présentent le travail de populations sédentaires. On rencontre enfin, dans les dolmens, des ossements de races différentes les unes des autres. En somme, la question de l'origine des dolmens et celle des Berbers blonds ne peuvent être associées; il faut les séparer l'une de l'autre. La seconde, celle du peuple à cheveux blonds, n'est point résolue; on ne peut affirmer qu'une chose, c'est l'ancienneté de cette population, qui a accepté la langue des Khamites venus d'Asie* Venait-elle aussi d'Asie, venait-elle d'Europe, c'est ce que personne n'est encore en droit d'affirmer.

Les anciens Guanches des iles Canaries, que les envahisseurs européens ont en très grande partie détruits, appartenaient anx Berbers blonds; les récits des anciens explorateurs ne laissent point de doutes sur la couleur de leurs cheveux (Sabin Berthelot). Verneau distingue toutefois plusieurs types ethniques dans cette ancienne population; le vrai type guanche apparaîtrait sur les crânes provenant de TénérifTe : ils sont longs, mais la face est ramassée, peu élevée. A côté de ces crânes, il s'en trouvait qui présentaient le type sémitique. D'une série assez importante de crânes guanches anciens, Broca a tiré lés moyennes suivantes : capacité, 1493 centimètres cubes (hommes et femmes) ; indice de largeur, 75.6. D'après lui, Berbers, Guanches, Basques et anciens troglodytes dolichocéphales de l'Aquitaine, immigrés en cette région et non pas autochtones*, auraient appartenu à une seule et même race. Selon Sabin Berthelot le type s'est conservé chez les pasteurs des montagnes, chez les familles agricoles des hautes vallées, avec la figure ovale et osseuse,

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