HINDOUS. S
manesy ou Hindous proprement dits, formaient une caste sacerdotale. Dans TUindoustan, tout ce qui n'est pas musulman se prétend brahmanique. En fait, c'est dans les individus de cette caste qu'il faut chercher les traces de l'ancien type aryen immigrant, particulièrement dans le Kachmir, où il forme la société aristocratique, dans le Pendjab septentrional, à Delhi, dans la province d'Aoudh, dans la région du Doab et du Gange moyen (où le métissage est pourtant plus fréquent que dans le nord-ouest), dans certaines parties du Bengale, puis, à l'ouest, dans le Goudjerate. Les mieux conservés des Hindous dits aryens ont une figure de forme ovale et d'expression tout à fait noble, les traits lins, le front élevé, le nez saillant, le menton petit mais non fuyant, les yeux bruns, grands, expressifs, les cils longs, les sourcils fournis. La stature est moyenne. Le crâne est de forme allongée, donne un indice de 75.4 (B. Davis); d'après Mantegazza, un peu plus de 75. Autre est le type des Djats établis dans la région de l'Indus, où ils constituent la population agricole, et dans le nord du territoire de langue hindie, c'est-à-dire dans le Radjpoutana septentrional entre l'Indus et le Gange. Il est vraisemblable que les Djats sont le résultat de mélanges des immigrants aryens et de soi-disant Touraniens précédemment établis dans cette région ; on trouve également chez eux un grand nombre d'individus de peau plus ou moins foncée, appartenant à la plus ancienne couche ethnique de l'Inde. En somme, il n*y a pas un type djat caractérisé. Les Sikhs, population jadis renommée par ses mœurs guerrières, sont^ compris parmi les Djats. Les Radj^ petits établis au sud du Pendjab, à l'ouest de Delhi et d'Agra, appartiennent au groupe aryen. Ils ont la peau claire, le nez généralement busqué, les yeux grands, la barbe noire ou brune et bien fournie.
Les Brahmanes, ou Bramines actuels, sont les descendants
â54 PRÉCIS D*ANTHROPOLOGIE. '
de Tancienne caste sacerdotale. Aujourd'hui les quatre anciennes castes ont fait place à de nombreuses subdinsions. La première, celle des Brahmanes a seule conservé çà et là sa pureté, les autres sont fort mélangées. Les Radjouts, par exemple, ne représentent que théoriquement la caste des guerriers. Il y a actuellement des castes de barbiers, de potiers, de vendeurs de lait, d'huile, etc., et chacun de ces groupes a sa propre vie * ; le mariage entre castes dilîéi-entes ou non associées est prohibé. Les interdictions de toutes sortes sont nombreuses : on ne peut préparer la nourriture de telle ou telle façon; on ne peut prendre ses repas avec telles ou telles personnes ; la consommation de la viande de bœuf est une impiété scandaleuse pour tout individu pratiquant l'hindouisme. Les Brahmanes sont non seulement agriculteurs et négociants, mais souvent aussi cuisiniers et adonnés à quelque autre métier n'entraînant pas de dégradation. Généralement les autres castes ne se livrent chacune qu'à une seule profession. Les Radjpouts sont divisés en un grand nombre de clans, tiennent le pas après les Brahmanes, et embrassent pour la plupart le métier des armes sous le gouvernement anglais. Us ne se marient point dans leur propre clan. Quant aux Djats, l'organisation des castes n'a pas prévalu chez eux ; ils sont surtout agriculteurs. L'hindouisme, qui n'est que le brahmanisme dégénéré, s'étend sur toute l'Inde d'une façon plus ou moins suivie, mais il domine particulièrement à Lahore, à Delhi, dans toute la région du Gange et dans Test du Radjpoutana. Il est accessible à tous ceux qui veulent bien reconnaître l'institution des castes et se priver de la viande de bœuf. Il est professé par la plus grande partie des indigènes. Quant au territoire
1. Monter Williams, Hinduitm, p. 151. •— Perrin, Foy. dansV!nda$tan,U l, p. 292.
ÊRANIENS. 555
de langue hindoue il s'étend jusqu'au sud de Goa, de Nagpoure, de Djéipoure, de Cuttak, mais dans ce vaste domaine sont compris des îlots d'idiomes kolariens ou dravidiens.
Les Tsiganes ou Roms, improprement appelés Bohémiens, sont des Hindous émigrés. Un grand nombre d'entre eux ont conservé le beau type de leur race : figure ovale, yeux noirs, nez saillant, cheveux noirs bouclés, traits particulièrement lins. Le crâne est allongé, donne un indice moyen de 77 (Kopemicki a trouvé un indice de 80 sur cinq femmes). La taille est moyenne. On sait peu de chose des Tsiganes d'Asie; quant à ceux d'Europe, Miklosich a déterminé, en se fondant sur l'état de leur lexique, l'itinéraire de leurs migrations : Grèce, Roumanie, Hongrie, Bohème et Moravie, Allemagne, Pologne et Lithuanie, etc., pour finir par l'Espagne. Le fonds de leur langue, grammaire et lexique, est absolument hindou.
Au nord-ouest de l'Inde, au nord du Kachmir, sont les Dardons^ Dardas ou Dardis. Ceux qui appartiennent à la couche supérieure de la population ont le teint clair, le nez busqué, la barbe fournie; ce sont des Hindous montagnards (Ujfalvy, Girard de Rialle). C'est un peuple de mœurs douces et indépendantes, pratiquant l'islamisme, sauf ceux duLadak qui sont bouddhistes comme leurs voisins du Tibet. Ils connaissent la distinction des castes. On signale l'étrange aversion des Dardons pour l'espèce bovine. Les Dardons d'origine aryenne se sont, en tout cas, implantés sur une ancienne population tibétaine ou altalque dont les descendants sont loin d'avoir disparu (Drcw, Cust).
A l'ouest des Dardons sont les Kafirs SyapocheSj qui se rapprochent beaucoup des précédents. Ils sont blancs de teint, ont le système pileux développé, la tête allongée, le nez arqué, mince (Ujfalvy), appartiennent au type aryen (Mac Nair). Ils vivent par petites tribus, n'ont point de nom générique, sont sociables, aiment la chasse et la guerre,
55G PRÉCIS D*AMTBROPOLOGie.
laissent aux femmes les soins de la terre, s'habillent principalement avec des peaux de chèvres, repoussent énergiquement Tislamisme (le meurtre d'un musulman est considéré comme un véritable exploit), sont en hostilités continuelles avec leurs voisins les Afghans. Leurs femmes passent pour les plus belles de l'Asie centrale (Tanner), se parent de nombreuses et massives chaînes d'argent. Le laitage joue un rôle important dans leur alimentation ; ils ont le poisson en horreur. La langue des KaQrs, comme celle des Dardons, se rattache aux langues de Tlnde septentrionale (Cust). D'après Trumpp, les Dardons et les Kafîrs seraient des Aryens demeurés en arrière de leurs frères immigrant dans l'Inde.
De ce qui précède on peut conclure à un type hindou élevé ainsi caractérisé : taille moyenne, parfois supérieure à la moyenne, carnation blanche, cheveux noirs doux et ondulés, barbe fournie, yeux noirs et grands, nez saillant et mince, menton petit, traits généralement fins, tète allongée.
Si nous passons aux peuples éraniens, nous trouvons au nord-est de leur domaine, en contact avec les Kafîrs, les Tadjiks, De tous les peuples éraniens ce sont ceux qui ont l'extension géographique la plus considérable. Au nord ils ont pour voisins les Turcomans, à l'ouest les Kourdes et les LourSy au sud ils touchent au golfe Persique. Hamadan, à l'ouest, est en territoire tadjik. Ce nom est inusité, dit Khanikoff*, à l'occident de la Perse ; il ne commence à être employé que dans le Khorassan oriental, dans le Séistan. Si on l'étend aux Éraniens de Yezd, d'Ispahan, de Téhéran et même d'Hamadan, c'est d'une façon toute conventionnelle. Les Tadjiks de l'ouest ont plus particulièrement le nom de Farsis, de Persans. Quoi qu'il en soit de cette question de nom, l'important est de remarquer que le type tadjik se rap-