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J. WnsoUf Les Basques et le pays basque

rapport de la langue (i'escuara ne se raltache en effet 4 aucune autre famille linguistique), il est de toute évidence que Fensemble et la corrélation de ces faits désignent les Basques espagnols comme descendants des anciens Ibères. Humboldt a conclu sans preuve décisive à la parenté de la langue ibérienne et de I'escuara. mais on ne saurait douter que cette parenté ne soit un jour établie.

Ce n'est évidemment pas chez les Basques de France qu'il faut chercher le typeibérien le mieux conservé. Le Labourd, la Basse Navarre, la Soûle ont été le passage et le lieu de rencontre de différents éléments ethniques. De fait, les Basques français sont pour la plupart fortement mélangés de sang celtique. C'est àBrocaque Ton doit l'a détermination exacte du véritable crâne basque. Ce crâne est assez allongé : indice de 77.6 (sous-dolichocéphalie) ; cette moyenne n'est troublée que par un très petit nombre de crânes ayant moins de 75 ou plus de 81 : en d'autres termes, elle est homogène. L'allongement tient à l'importance de la partie postérieure, et la dolichocéphalie des Basques est occipitale : la partie antérieure n'est pas considérable. Le diamètre frontal minimum, pris aux deux points delà crête temporale les plus rapprochés l'un de l'autre, est de 98 millimètres, soit un peu plus faible que dans la race celtique. La capacité est moindre que celle du crâne celtique : hommes 1574 centimètres cubes, femmes 1356. L'indice orbitaire est plus faible: 83.9. L'indice nasal également :44.7. Le teint est brun, les cheveux sont d'un châtain foncé, les yeux sont plus souvent bruns que clairs. Les dents sontfréquemment mauvaises. La face forme un ovale prononcé. La taille est moyenne et bien prise ; la poitrine des femmes est développée.

Les auteurs anciens parlent de l'établissement des Ibères en Sardaigne. En fait, une partie au moins de la population sarde actuelle se range ici aisément. Deux séries importantes

de crânes' ont donné les mensurations suivantes : capacité (hommes et femmes non séparés), 1446 centimètres cubes; indice cépbalique, 74.2 et 72.1; indice nasal, 47.2; indice orbitaire, 86.5. Un groupe de quatre-vingt-dix-huit Sardes vivants donne un indice céphalique de 74.6. Les cheveux sont noirs presque toujours, parfois bruns. Les yeux sont généralement foncés, très exceptionnellement clairs. Le visage est ovale, les pommettes sont peu saillantes. Taille moyenne de quatre-vingt-six hommes, 1»,64; de douze femmes, 1",50. En somme, la concordance est grande sous tous rapports avec les précédents. Elle n'est pas moins significative avec les Corses. Les plus anciens habitants de la Corse, que les auteurs de l'antiquilé déclarent avoir été des Ibères, ont eu à subir, dans le cours de l'histoire, les invasions de Sémites (Phéniciens, Carthaginois), de Berbers, de Grecs, d'Italiens, de Vandales, de Goths, etc. Pourtant, une série de crânes d'Avapezza, rapprochée des crânes basques et des crânes sardes, fournit une coïncidence remarquable : capacité, 1552 centimètres cubes pour les femmes, 1367 pour les femmes; indice céphalique, 75.3; indice orbitaire, 88.6. Outre la Corse et la Sardaigne, les Ibères auraient encore occupé la Sicile en tant que premiers habitants; cela d'après Strabon. Les Siciliens actuels, d'après Sergi, sont dolichocéphales dans la proportion de près des sept dixièmes*. Sur le littoral de la Gaule méditerranéenne, les Ibères s'avançaient des Pyrénées au Rhône, où ils étaient en lutte avec les Ligures dont nous parlerons plus loin. Les Catalans français seraient des descendants très métissés d'anciens Ibères; ils ont la taille moyenne, les cheveux foncés, le visage ovale. Au sud-ouest du domaine ibérien, les anciens Guanches des

1. Gillebert-Dhercourt, BulL de la Soc. cTAnthrop., 188i, p. 465. Rapport 9ur VAnihrop, et VEthnol. des populations sardes, p. 2.

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