INDUSTRIE
L*art du tissage a eu des commencements fort grossiers, et quelques-uns des peuples sauvages actuels le connaissent à peine. Pigafetta rapporte que les Mariannais prenaient un morceau d'écorce, le laissaient s'amollir dans l'eau, le battaient ensuite pour l'étendre en long et en large et lui donnaient ainsi l'apparence < d'une étoffe de soie écrue, avec des fils entrelacés intérieurement comme s'il était tissé» • Peut-être est-ce de l'examen de la structure de certaines écorcesy qu'est née l'invention du tissage. Après la découverte du feu, c'est sans doute à celle de la métallurgie que la civilisation doit ses progrès les plus sûrs. L'homme se mit alors en possession d'armes bien supérieures aux haches et aux pointes de pierre, en possession d'outils qui lui permirent de mener rapidement à bonne fin des entreprises qu'il ne pouvait auparavant réaliser qu'au prix des plus durs efforts. Toute la Mélanésie, toute la Polynésie ont longtemps ignoré les métaux ; en Amérique, ^nombre de populations en sont encore aujourd'hui, ou en étaient il y a peu de temps, à l'âge de la pierre. Plus heureux, les noirs africains ont de bonne heure utilisé le fer qui se présentait à eux dans des conditions très favorables. C'est d'Egypte que le fer passa en Chaldée et en Assyrie d'une part, en Italie, d'autre part ; de là il se répandit soit sur l'Asie soit sur l'Europe {Diclionn. des Sciences anthrop.y p. 736). En tout cas, dans la vieille Europe occidentale, aux temps protohistoriques, un âge du bronze, correspondant à la seconde époque des habitations lacustres^ a précédé Tâge du fer. Mais le bronze n'est qu'un alliage, et l'âge du bronze a dû être précédé par un âge du cuivre : ce dernier âge, que certains indigènes de l'Amérique n'ont point dépassé, ne se retrouve pas dans l'Europe occidentale où le cuivre à l'état natif ne se rencontre qu'accidentellement. Ici donc le bronze, succédant immédiatement à la pierre, a dû être importé tout fait d'un pays où se trou-
vaient à la fois le cuivre et Tétain, de l'Inde d'après G. de Mortiliet^ Le même auteur attribue à Tâge du bronze en France et en Italie une assez longue durée'. Le premier travail des métaux natifs a été celui du martelage ; ce n'est que vers l'époque de la conquête européenne que les Peaux- Rouges ont fondu le cuivre. Cette évolution n'a pas eu lieu dans l'Europe occidentale où est rare le cuivre natif; lorsqu'y arriva le bronze, on le reçut avec l'art de la fusion. Il n'y a donc pas eu, pour nos contrées, une division de l'âge du bronze en deux époques, martelage et fusion'.
Encore inconnue à bien des peuples, aux Australiens, à quelques Mélanésiens, à certains noirs de l'Inde, à différentes populations plus ou moins sauvages de l'Amérique méridionale, du sud de l'Afrique, rÂGRicuLT0RE se développa dans l'Europe occidentale à l'époque de l'industrie de la pierre polie. L'homme des derniers temps géologiques (industrie magdalénienne) vivait de chasse, de pèche, de fruits sauvages, était un vrai nomade ; au temps de l'industrie de la pierre polie on avait sans nul doute plusieurs variétés de blé et d'orge, le lin. De nos jours, des peuples peu élevés en civilisation ne possèdent qu'une agriculture rudimentaire, mais d'autres peuples qui n'occupent pas un degré bien supérieur cultivent volontiers le sol : nous pouvons citer quantité de noirs africains, dont l'outillage agricole est pourtant des plus primitifs; le travail des champs est parfois collectif chez ces derniers, et tout le village y procède en commun*. Ailleurs il est le lot des esclaves ou des femmes. D'autres peuples, pasteurs et nomades, par exemple les Arabes et certains Berbers, ont toujours regardé l'agriculture comme une