ANIMAUX DOMESTIQUES. U
occupation dégradante ; de là, à n'en pas douter, Tarrêt de luur civilisation. La domestication des animaux n'aurait apparu jadis dans l'Europe occidentale qu'avec l'agriculture, ce qui revient à dire à la fin des temps géologiques. G. de Mortillet indique comme patrie d'origine P Asie-Mineure, l'Arménie, le versant sud du Caucase, où seulement se trouvaient réunis, dit-il, le cheval sauvage, l'urus, l'égagre, le mouflon, le sanglier (op. cit., p. 576). Pourtant, le cheval étant très abondant dans l'Europe occidentale avant l'industrie de la pierre polie, on peut supposer qu'il a été domestiqué en occident aussi bien qu'il l'a été en Asie. Peut-être la paléo-ethnologie arrivera-t-elle à démontrer que tels et tels des progrès importés d'orient, à la fin des temps quaternaires, étaient déjà en train de se réaliser sur place, et que le nomade de la dernière époque de la pierre taillée transformait déjà par lui-même ses mœurs et son industrie : peut-être avait-il commencé à polir la pierre (comme il polissait les os), peut-être avait-il commencé à cultiver quelques végétaux, à domestiquer quelques animaux ancêtres du chien, du bœuf, de la chèvre, du mouton, du cochon actuels. L'opinion d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire est que l'orient, particulièrement l'Asie, est la patrie primitive de la plupart des animaux domestiques, et, sans exception, de tous ceux dont la domestication est la plus ancienne ^ Pour lui, notre chèvre ne descend pas d'un de nos bouquetins, notre mouton d'un mouflon européen {op. cit. y p. 200); il restitue également le bœuf à l'Asie, et regarde le cochon comme descendant d'un sanglier oriental, c du moins, ajoute-t-il, la plupart de ses races » ; notre chat serait issu du chat ganté de l'Afrique nord-orientale ou d'un chat asiatique, et le chien domestique serait, lui aussi, d'origine orientale. Sanson, de son côté, a
1. Acclimatation et domesticatitm des animaux utiles, p. 256.
voulu démontrer que la domestication de nombre d'animaux n'a eu lieu ni en même temps ni aux mêmes lieux, que certaines des espèces de l'Europe occidentale sont incontestablement venues d'orient à l'état domestique, mais que la plupart y ont acquis sur place cet état^ D'après G. de Mortillet, le chien est vraisemblablement l'animal qui a été le plus anciennement domestiqué; dans les débris de cuisine {Kjœkkenmœddings) du Danemark, on ne trouve, en fait de traces d'animaux domestiques, que les traces du chien, et il n'y en a aucun vestige dans les stations d'industrie moustérienne, solutréenne, magdalénienne*. Le renne, animal si utile, n'a pas été domestiqué à l'âge de ces stations ; on se contentait de Iç tuer à la chasse et l'on n'emportait au logis que les parties utiles; au surplus, comme l'a olabli Vogt, le renne ne peut être domestiqué sans l'aide du chien. Les restes des bovidés du temps de la pierre taillée, ne se retrouvent également que par fragments. Les nombreux chevaux de Solutré n'étaient pas davantage domestiqués (Ibid.).
Le COMMERCE a commencé par le simple échange d'objets, soit matières brutes, soit matières déjà ouvrées. Dans la vieille Europe occidentale, tandis que les instruments chelléens (amygdaloides et taillés sur les deux faces) sont en roches locales, comme le sont dans la période suivante les instruments moustériens, les instruments magdaléniens sont parfois fabriqués avec une pierre n'appartenant pas à la région où on les rencontre ; dans les gisements de cette même époque on trouve aussi des coquilles appartenant à de tout autres contrées (G. de Morlillet, op. cii.^ p. 477): faut-il en conclure à des échanges ou simplement au résultat d'une vie nomade? En tout cas, l'on ne peut douter que les