H. Thulté, La femme (Biblioth. anthropologique
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pasteur, s'occupe lui-même des soins du bétail, mais laisse aux femmes tous autres travaux considérés comme indignes de lui, la culture du sol, la construction du logis. Chez les Polynésiens, plus élevés en civilisation, la femme a encore, le plus souvent, une situation fort inférieure à celle deFliomme; dans quelques îles pourtant (par exemple à Tarchipel des Amis), son sort était loin d'êlre malheureux (West ; Rienzi, 1. 111, p. 60). Chez tous les Américains sauvages, au nord comme au sud, le sort de la femme est celui de la femme noire. La femme du Botocudo est une bête de somme qui n'a qu'à suivre son époux, le dos accablé de tout ce que celui-ci y entasse; le campement choisi, elle ne dépose son fardeau que pour construire la hutte de branchages et entretenir le feu. La compagne du Fuégien est la plus malheureuse des esclaves, et en temps de disette est sacrifiée, de préférence aux chiens que Ton considère comme ayant plus de valeur. Les peuples pasteurs de TAsie centrale laissent également aux femmes tous les gros et durs travaux. En Chine, la femme est universellement mésestimée ; on néglige son instruction, elle est mineure toute sa vie, comme elle l'est dans rinde. Les Sémites la regardent comme un être essentiellement inférieur; c'est la doctrine du christianisme et de Tislamisme; c'est malheureusement aussi, en un trop grand nombre de circonstances, la doctrine des couches les plus élevées de l'humanité, et cette doctrine est sanctionnée par les lois. L'évolution du mariage n'a nulle part été mieux présentée que dans la Sociologie de Letoumeau (p. 375). Dans les hordes primitives rien ne mérite le nom de mariage; le hasard, la loi du plus fort, régissent les accouplements. L'homme le plus vigoureux, s'adjugeant les femmes de son choix, met fin à la promiscuités La femme est prise de
1. Sur le mariage communal, Arch, f. Anthrop,yX, XI, p. 217. — Joum. o the anthr. Instit., 1884, p. 151.