‹ Précis d'anthropologieChapitre 306 sur 319 · MARIAGE · texte numérisé non relu

MARIAGE

vive force, comme butin, ou achetée de sa famille : c'est une propriété dont a droit d'user et d'abuser. Cette propriété peut d'ailleurs être commune à plusieurs, et la polyandrie est pratiquée çà et là comme une coutume très avantageuse ; par exemple au Tibet, chez certains Dravidiens, à Ceylan (Yirchow), dans quelques régions de l'Indo-ChineS chez les Âléoutes, chez les Eskimaux (Bancroft), etc. Peu à peu le rapt arriva à être légalisé par une transaction à l'amiable et devint comme une cérémonie établissant le droit du capteur. De nos jours, le mariage par simulation d'enlèvement existe encore en bien des régions '. La monogamie naquit de l'égalité du nombre des femmes avec celui des hommes, et d'une constitution plus sérieuse de la famille. D'abord fictive, la monogamie devint par la suite des temps plus réelle; elle améliora sensiblement le sort de la femme, et tel fut évidemment son plus grand avantage. De la condition d'esclave, de servante, la femme est passée chez nous, à la condition de mineure; il y a progrès, mais la justice sociale est-elle satisfaite? Non certes. On peut présumer avec Letourneau que .« là où les intérêts individuels iront en se solidarisant de plus en plus, la société s'occupera moins de réglementer le mariage, et plus de former les générations nouvelles; les unions sexuelles tendront de plus en plus à être considérées comme des actes de la vie privée, que les intéressés auront la faculté de combiner à leur guise, en observant seulement quelques règles très générales consacrées par l'expérience i^. Il est de toute évidence que cette évolution marchera de pair avec celle du mode de transmission de la propriété individ'uelle.

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