‹ Précis d'anthropologieChapitre 308 sur 319 · PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉ

manienne avait son territoire de chasse, elle ignorait toute propriété individuelle (Bonwick). Dans une grande partie de TÂfrique nigritique la propriété territoriale individuelle est encore inconnue aujourd'hui : c'est le groupe, c'est la collectivité, qui est propriétaire du territoire; peu importe que le sol soit travaillé en commun ou que les différentes parties en soient conGées à l'exploitation individuelle. Chaque année, en effet, dans certains pays nigritiques, les chefs répartissent le sol cultivable entre les familles, selon le nombre de leurs membres. Le chef représente ici tout le groupe, agit au nom de l'ensemble du groupe. En Polynésie, la propriété de la tribu, de la famille, n'a point cédé partout à la propriété individuelle ; de même chez les Indonésiens, de même en Malaisie, à Java par exemples où le territoire communal est souvent inaliénable; de même chez bien des peuples altaîques et hindous*. En Amérique, la propriété commune se retrouve partout chez les indigènes; les territoires de chasse des Peaux-Rouges sont biens indivis, et le misérable Fuégien de l'extrême sud en est même à ignorer la propriété foncière. L'ancienne civilisation péruvienne était communiste et autoritaire. La propriété était presque partout à l'état collectif en Europe, avant la grande extension des Romains: en bien des contrées, les terres cultivables étaient soumises périodiquement à une répartition nouvelle' et les individus possédaient sur le sol un simple droit d'usage. Toutes traces de ce mode de propriété n'ont point disparu de l'Europe contemporaine : E. de Laveleye en cite de curieux exemples {op. cit., p. 224, 245, 316, etc.); la propriété des communes slaves est un des faits actuels les plus signiGcatifs. En France, il y a fort peu de temps qu'a été dissoute la dernière com-

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