‹ Précis d'anthropologieChapitre 309 sur 319 · Gtraud-TeuloD, Origine de la famUle, p · texte numérisé non relu

Gtraud-TeuloD, Origine de la famUle, p

8. £. de Laveleye, De la Propriété. — Letouraeau, op, cit., p. 4t5.

munauté agricole du Morvan. L'appropriation individuelle naquit évidemment de la culture du sol qui se fractionna peu à peU| en raison du désir d'indépendance des membres de la tribu ou de la famille : la répartition usufruitière entre les familles, après avoir été périodique, devint déûnitive^ et celle-ci fit place à son tour à une répartition entre les individus eux-mêmes. On peut dire que la propriété foncière individuelle naquit de la réaction contre Tautorité excessive des chefs de famille. Quoi qu'il en soit de cette évolution, un fait est acquis dans la pratique actuelle : c'est que le mode de propriété admis aujourd'hui dans les sociétés les plus avancées en évolution laisse place à de graves iniquités. D'une part, les écarts énormes de répartition des biens immobilisent en des mains égoïstes ou inhabiles, des capitaux considérables, et, d'autre part, faute de ressources premières, des capacités incontestables sont irrémédiablement perdues pour le développement de la civilisation. L'évolution de la propriété n'est donc point achevée; le problème consiste à assurer à tout travail sa pleine rémunération, et à consolider par mesures fiscales une richesse commune qui parera aux services publics et garantira aux impuissants, aux faibles, les facilités de la vie. Il semble que ce résultat peut être acquis pacifiquement par une réformation complète de l'héritage : suppression totale en ligne collatérale, élévation des droits de succession en ligne directe, et cela progressivement selon la quotité, au profit de la collectivité.

Le degré le plus rudimentaire d'ORGANiSATiON sociale se montre chez les Bochimans du sud de l'Afrique, chez certains Négritos, chez différents peuples américains (Botocudos, Fuégiens); c'est l'état à peu près sauvage : il n'y a ici ni castes, ni chefs réguliers, ni esclaves. Le besoin pressant de r c association pour la vie i groupe plus intimement les forces individuelles, il se forme une sorte de pacte, et la

Page 1