Broca, op. cit., p
loppement énorme desorbites^ Ce caractère rentre, d'autre pari, dans la catégorie de ceux qui établissent un passage de rhomme au singe, comme nous le montrera la platyrrhinie marquée des races inférieures.
La forme de Fouverture nasale mérite de nous arrêter un instant. Le bord inférieur du pourtour des narines osseuses présente, chez l'homme, de chaque côté du point spinal, une échancrure à concavité supérieure. Chez rEuropéen,ce bord est une arête mince, simple, tranchante et saillante, qui dépasse en général le plancher des fosses nasales, et les deux échancrures latérales sont réunies sur la ligne médiane par la saillie de Tépine nasale, d'où la forme en cœur de carte à jouer dé Torifice. Tout & fait mousse chez l'anthropoïde et arrondi d'avant en arrière, ce bord se continue d'une fosse nasale à l'autre par une large gouttière transversale; en raison de l'absence ou de l'extrême réduction de l'épine nasale, il n'est plus interrompu en son milieu, et les deux échancrures latérales n'en font plus qu'une seule. L'absence de démarcation précise entre le plancher des fosses nasales et la région alvéolo-sous-nasale donne naissance à ce que Gratiolet appelait Vatriumj large espace légèrement concave, situé au-dessous et en avant des narines, et qui est comme la continuation extérieure des cavités nasales. Sur le squelette, cette conformation se traduit par l'existence d'une double gouttière verticale, qui prolonge sur la face antérieure du maxillaire le plancher des fosses nasales et que limite en dehors la saillie de l'alvéole canine. Topinard a décrit chez l'homme toutes les dispositions intermédiaires entre la conformation typique de l'Européen et la conforma* tion simienne ; les degrés les plus accentués se sont rencontrés, sinon exclusivement, du moins plus fréquemment, dans
f . Bev. d^ Anthropologie y 1872, p. i.
les races placées le plus bas dans la série (Tasmanieas, Ausliens, Néo-Calédoniens).
Nous avons mentionné l'épine nasale antérieure. A la suite de Carus, Alix* et Pininer-Bey ont voulu faire de ce petit délai! anatomique une caractéristique de l'homme. Hamy* n*a pas eu de peine à établir que c'est là une double erreur, puisque, d'une part, ce caractère n'est pas constant chez l'homme et peut manquer chez quelques sujets de races inférieures, et que, d'autre part, il existe, au moins à l'état de vestige, chez quelques anthropoïdes. Une épine nasale rudimentaire a été rencontrée, en effet, chez certains individus des genres orang (Bischoff) et chimpanzé (Bischoff, Hamy), chez le Troglodytes Aubryi (Gratiolet), plus rarement chez le gorille (Hamy). Quelques singes pithéciens et cébiens (cynocéphales, stentors, atèies) ont également présenté les rudiments d'un tubercule médian, et on l'a même observé plus bas encore parmi les Primates. La valeur de l'épine nasale est donc tout au plus celle d'un caractère spécifique. Les types humains prognathes montrent ici, comme par la conformation générale de Torifice nasal que l'épine contribue à circonscrire, la transition vers le singe. A la crête inférieure tranchante du blanc, correspond un prolongement spinal unique et saillant qui en occupe le milieu. A mesure que la face se projette et que s'atténue la crête en question pour faire place à un bord en pente douce, l'épine nasale réduite de volume se trouve rejetée en apparence vers la profondeur des cavités olfactives, comme elle l'est chez l'anthropoïde quand elle existe. En même temps, toujours comme chez le singe, cette saillie se dédouble en deux pointes ou épines divergentes, le bord inférieur des narines devenant ainsi curviligne à une seule échancrure.